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    Séoul répond au geste d’ouverture de Pyongyang

    3 janvier 2018 | Actualités internationales
    Hwang Sunghee - Agence France-Presse respectivement à Séoul et à Washington
    Karim Lebhour - Agence France-Presse
    Le ministre sud-coréen de l’Unification, Cho Myoung-gyon
    Photo: Jung Yeon-Je Agence France-Presse Le ministre sud-coréen de l’Unification, Cho Myoung-gyon

    Séoul a proposé mardi de tenir des discussions à haut niveau avec Pyongyang le 9 janvier, saisissant la main tendue par Kim Jong-un, qui a appelé à des relations meilleures et évoqué une participation aux Jeux olympiques d’hiver en Corée du Sud.

     

    Le dirigeant nord-coréen s’est servi de son discours à la nation du Nouvel An pour répéter que son pays était un État nucléaire à part entière, avertissant qu’il avait en permanence à sa portée le « bouton » atomique.

     

    Le ministre sud-coréen de l’Unification, Cho Myoung-gyon, a expliqué que Séoul « réitérait » sa disponibilité pour des discussions avec le Nord « à tout moment, dans n’importe quel lieu et sous n’importe quelle forme ».

     

    « Le gouvernement propose des entretiens à haut niveau avec la Corée du Nord le 9 janvier dans la maison de la paix de Panmunjom », village frontalier où fut signé le cessez-le-feu de la guerre de Corée (1950-1953), a-t-il dit.

     

    « Nous espérons que le Sud et le Nord pourront s’asseoir face à face pour discuter de questions d’intérêt mutuel pour l’amélioration des relations intercoréennes ».

     

    Le président américain, Donald Trump, a estimé mardi que la réaction de Pyongyang était la conséquence des sanctions adoptées par la communauté internationale.

     

    « Les sanctions et les “autres” pressions commencent à avoir un gros impact sur la Corée du Nord », a-t-il lancé sur Twitter. « L’homme-fusée veut maintenant parler à la Corée du Sud pour la première fois », a-t-il ajouté en utilisant un surnom dont il affuble régulièrement Kim Jong-un.

     

    Le Nord et Sud sont séparés par la Zone démilitarisée (DMZ), l’une des frontières les plus fortement armées du monde. Les derniers pourparlers bilatéraux, un échec, remontent à décembre 2015 et avaient mis face à face l’ancien conseiller sud-coréen à la sécurité nationale, Kim Kwan-jin, et son homologue nord-coréen, Hwang Pyong-so.

     

    « Le fait même d’une rencontre est significatif, car cela témoigne d’une volonté d’amélioration de la part des deux parties », a souligné Koh Yu-hwan, professeur à l’Université Dongguk.

     

    Mais une fois à la table des discussions, Pyongyang pourrait mettre Séoul en difficulté en exigeant des concessions inacceptables, comme la fin des exercices militaires conjoints entre les États-Unis et la Corée du Sud, poursuit-il.

     

    « Le Nord tente de relancer ses relations [avec Séoul] en qualité d’État nucléaire. Le dilemme pour le Sud, c’est de savoir s’il peut l’accepter. »

     

    Le président sud-coréen, Moon Jae-in, qui a toujours été partisan du dialogue, a salué l’offre de son homologue comme l’occasion de réamorcer le dialogue.

     

    Il a toutefois souligné que l’amélioration des relations devait s’accompagner de mesures en vue de la dénucléarisation.

     

    Ces derniers mois, le Nord a semé l’inquiétude en multipliant les tirs de missiles et en menant son sixième essai nucléaire, le plus puissant à ce jour.

     

    Pyongyang soutient avoir besoin d’armes nucléaires pour se protéger de l’hostilité de Washington alors que MM. Kim et Trump échangent insultes et menaces. La Corée du Nord cherche à mettre au point une tête nucléaire capable de frapper le territoire continental américain. Elle a essuyé de multiples trains de sanctions de l’ONU.

     

    Les commentaires de M. Kim sont la première indication de la volonté du Nord de participer aux jeux d’hiver, qui se tiennent du 9 au 25 février.

     

    Il s’agit, a dit son homologue sud-coréen, d’une « réponse positive à notre proposition de faire en sorte que les Jeux olympiques de Pyeongchang soient une occasion révolutionnaire pour la paix ».

     

    Deux athlètes nord-coréens, le couple de patineurs Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik, sont qualifiés, mais le Comité olympique nord-coréen a raté la date limite du 30 octobre pour confirmer leur participation auprès de l’Union internationale de patinage.

     

    Ces sportifs pourraient néanmoins concourir à l’invitation du Comité international olympique.

     

    Pékin, le principal allié de Pyongyang, a salué ces développements. La Chine souhaite que « les deux parties profitent de cette occasion de faire des efforts concrets pour améliorer leurs relations […] et de parvenir à la dénucléarisation de la péninsule », selon le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang.

     

    Washington a prié Pékin d’en faire davantage pour refréner les ardeurs militaires de son voisin. Si la Chine a apporté son soutien aux résolutions de l’ONU sanctionnant Pyongyang, elle prône un double moratoire, sur le programme d’armement nord-coréen et les exercices militaires américano-sud-coréens. Washington rejette cette idée.


    Pour Washington, un dialogue Séoul-Pyongyang serait un « rafistolage » Nations unies — L’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, a rejeté la perspective de négociations entre la Corée du Nord et la Corée du Sud comme un simple « rafistolage », avertissant que Washington n’acceptera jamais une Corée du Nord dotée de l’arme nucléaire. Commentant l’offre de Séoul d’entretiens de haut niveau avec Pyongyang, Nikki Haley a déclaré que les États-Unis ne « prendront aucun entretien au sérieux s’il ne porte pas sur l’interdiction de toutes les armes nucléaires en Corée du Nord. » « Nous considérons ce régime comme très dangereux. Nous ne pensons pas avoir besoin d’un rafistolage. »












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