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    La Syrie est «totalement libérée» du groupe EI, selon Moscou

    8 décembre 2017 | Anais Llobet - Agence France-Presse à Moscou | Actualités internationales
    La Russie avait déjà annoncé le 21 novembre la fin de la «phase active de l'opération militaire» en Syrie.
    Photo: Dominique Derda / France 2 / Agence France-Presse La Russie avait déjà annoncé le 21 novembre la fin de la «phase active de l'opération militaire» en Syrie.

    La Russie a annoncé jeudi la « libération totale » du territoire syrien de l’emprise du groupe État islamique (EI), alors que l’organisation djihadiste contrôle toujours plusieurs poches dans le pays.

     

    « La mission de l’armée russe, qui consistait à défaire le groupe terroriste armé État islamique, est accomplie », a indiqué le ministère russe de la Défense au cours d’un point de presse à Moscou, en affirmant qu’aujourd’hui « il n’y a aucune localité ni région de Syrie contrôlée » par le groupe EI.

     

    Les forces soutenues par la Russie, principale alliée du régime de Damas, combattaient les djihadistes sur la rive occidentale du fleuve Euphrate, qui coupe en diagonale la province de Deir Ezzor (est), tandis que les forces soutenues par les États-Unis luttaient contre le groupe EI sur la rive orientale.

     

    La Syrie « est totalement libérée des combattants de cette organisation terroriste », a assuré le général Sergueï Roudskoï, membre de l’état-major russe.

     

    Selon lui, des frappes aériennes russes « sans précédent » ont été menées ces derniers jours dans la région de Boukamal, située sur le fleuve Euphrate près de la frontière avec l’Irak, avec plus de 100 sorties aériennes et 250 frappes quotidiennes.

     

    Les forces spéciales russes, qui ont guidé les frappes aériennes, ont aidé à « détruire les plus odieux dirigeants des groupes de combattants derrière les lignes ennemies », a déclaré le général Roudskoï.

     

    « Des bandes de saboteurs du groupe EI » sont encore susceptibles d’opérer mais seront combattues par les troupes syriennes, a-t-il ajouté.

     

    Tempérant l’annonce russe, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a rappelé jeudi que le groupe EI tenait encore quelques poches sur le territoire syrien.

     

    « Sa présence la plus importante est sur la rive orientale de l’Euphrate, où le groupe détient encore 8 % de la province de Deir Ezzor », a affirmé à l’AFP son directeur, Rami Abdel Rahmane.

     

    Le groupe EI est également encore présent dans le nord-est de la province de Hama et de Homs (centre) ainsi que dans le quartier palestinien de Yarmouk à Damas, tandis qu’un groupe allié tient des positions dans le sud de la Syrie.

     

    Mais selon l’OSDH, le groupe EI n’a plus « de présence sur la rive occidentale du fleuve ». « Les forces pro-régime tiennent la moitié ouest de la province, allant de Maadane [nord-ouest] jusqu’à la frontière irakienne », a-t-il précisé.

     

    Mercredi soir, l’agence de presse officielle Sana avait déjà indiqué que les troupes gouvernementales et leurs alliés avaient pris une vingtaine de localités et villages dans cette zone. Ces offensives ont été soutenues par des frappes aériennes russes.

     

    Sur le terrain diplomatique, alors que le 8e cycle de pourparlers intersyriens se poursuit à Genève jusqu’au 14 décembre, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a mis en garde contre toute annonce hâtive de victoire sur le groupe EI.

     

    « Gagner sur le terrain contre Daech, c’est une chose. Défaire Daech, et en conséquence l’empêcher de renaître sous un autre nom et avec d’autres personnes, exige un processus politique crédible et global, une Constitution, des élections parlementaires et présidentielle sous l’égide de l’ONU », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

     

    Si la délégation du régime syrien, qui avait marqué le début des négociations par son absence, se dit prête à accepter des élections sous la supervision de l’ONU, elle refuse catégoriquement de discuter du sort de Bachar al-Assad.

     

    Lors d’une rencontre jeudi en marge d’une réunion de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à Vienne avec le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a réitéré le droit des Syriens à disposer de leur avenir politique.

     

    De son côté, l’armée russe, par la voix du général Roudskoï, a affirmé vouloir désormais « concentrer ses efforts pour apporter de l’aide au peuple syrien afin de reconstruire la paix ».

     

    La Russie avait déjà annoncé le 21 novembre la fin de la « phase active de l’opération militaire » en Syrie.

     

    Lancée en 2015, l’intervention militaire russe a changé la donne en permettant notamment à l’armée syrienne de ravir au groupe EI la cité antique de Palmyre et de chasser les rebelles de leur bastion d’Alep (nord).













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