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    Éditorial

    Corée du Nord: la loi des missiles

    Nouvelle séance d’empoignade nucléo-rhétorique entre Donald Trump et Kim Jong-un. Le tir de missile effectué mardi par Pyongyang vient reconfirmer que les capacités nucléaires et balistiques nord-coréennes ne cessent d’être perfectionnées. Il n’entre malheureusement pas dans la tête du président américain qu’il aurait intérêt à faire avec et qu’il est maintenant trop tard pour exiger avant toute chose la dénucléarisation militaire de la Corée du Nord.

     

    Le missile intercontinental — le Hwasong-15 — aurait atteint une altitude record de plus 4400 km avant de s’abîmer en mer du Japon à 950 km du site de lancement. Des experts ont évalué sa portée potentielle à 13 000 km, soit près du tiers de la circonférence de la Terre. Par comparaison, la portée du missile balistique conçu par les États-Unis (le Minuteman) est de 9600 km. Le dictateur nord-coréen ne fait pas que de l’esbroufe en affirmant que son nouveau missile serait capable de frapper n’importe où aux États-Unis. Et donc aussi au Canada, il va sans dire.

     

    C’est ainsi que Pyongyang ajoute une corde à l’arc de son dispositif dissuasif. Et qu’en dit M. Trump : « Je vais m’en occuper. » Ce qui n’est pas de nature à inspirer confiance. S’en occuper comment ? En promettant l’adoption, dans l’immédiat, d’un énième train de « sanctions importantes », alors que, pour plusieurs raisons dont l’ambivalence chinoise n’est pas la moindre, les mesures punitives appliquées depuis dix ans n’ont pas réussi à faire plier la Corée du Nord.

     

    Ce nouvel épisode aurait pu être évité si Washington n’avait pas décidé, il y a dix jours, de réinscrire la Corée du Nord sur la liste noire des « États soutenant le terrorisme ». Mais cela n’aurait pas ralenti, comme on peut le constater, la démentielle fuite en avant nucléaire du régime nord-coréen. Fuite en avant d’autant plus démentielle qu’elle se fait sur le dos d’un peuple exsangue. Kim Jong-un fait, lui, le pari que les États-Unis vont finir, à force de provocations, par accepter de s’engager dans un processus de normalisation, fondé sur la reconnaissance du statut nucléaire nord-coréen.

     

    D’où impasse. Les risques d’une déflagration nucléaire s’en trouvent-ils accrus ? À l’évidence. Il n’est pas interdit, en tout cas, de penser que Washington décidera de déclencher contre la Corée du Nord des frappes traditionnelles ciblées. Dans ce contexte, la conférence internationale sur la Corée du Nord — aux contours pour l’heure imprécis — dont le Canada et les États-Unis ont annoncé l’organisation mardi soir pour tenter de désamorcer le conflit est une initiative certes utile. Reste que pour sortir de la crise actuelle, il faudra que soient faits des efforts diplomatiques autrement plus grands que ceux qui ont été déployés jusqu’à maintenant.













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