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    À Manille, Trump affiche sa complicité avec Duterte

    Le sujet des droits de la personne bafoués dans le régime semble avoir été écarté

    14 novembre 2017 | Actualités internationales
    Karl Malakunas - Agence France-Presse à Manille
    Jérôme Cartillier - Agence France-Presse
    À Manille, les deux chefs d’État, sont apparus chaleureux et complices, une rupture avec la relation entre le président philippin et le prédécesseur de Trump, Barack Obama, qui avait annulé une rencontre après une insulte du dirigeant asiatique.
    Photo: Noel Celis Agence France-Presse À Manille, les deux chefs d’État, sont apparus chaleureux et complices, une rupture avec la relation entre le président philippin et le prédécesseur de Trump, Barack Obama, qui avait annulé une rencontre après une insulte du dirigeant asiatique.

    Donald Trump a mis en scène lundi à Manille sa bonne entente avec Rodrigo Duterte, dirigeant controversé en raison de la guerre sanglante qu’il mène contre le trafic de stupéfiants.

     

    Assis côte à côte, le président américain et son homologue philippin, âgés respectivement de 71 et 72 ans, sont apparus très décontractés, plaisantant au début de leur premier tête-à-tête.

     

    Mais ils ont aussi été avares de déclarations devant les journalistes, ignorant en particulier les questions sur les droits de la personne.

     

    La « guerre contre la drogue » menée avec des méthodes expéditives par le président philippin vaut à Manille un feu nourri de critiques sur la scène internationale.

     

    « Nous avons de très bonnes relations », a souligné M. Trump, lors de cette rencontre en marge d’un sommet des pays d’Asie du Sud-est, avant de livrer ses impressions sur la météo. « Aux Philippines, le temps finit toujours par tourner au beau… »

     

    Questionné sur la question des droits de la personne, M. Trump, qui achève aux Philippines une tournée marathon qui l’a mené dans cinq pays d’Asie, est resté muet.

     

    « Ce n’est pas une conférence de presse, c’est une rencontre bilatérale », a coupé court M. Duterte, assis à ses côtés, sans cravate, avant que les journalistes ne quittent la pièce.

     

    Peu après la rencontre, Harry Roque, porte-parole de l’homme fort de Manille, a assuré que « la question des droits de la personne n’avait pas été soulevée » au cours de cet entretien de 40 minutes.

     

    De son côté, Sarah Sanders, porte-parole de l’exécutif américain, a assuré que le sujet avait été « brièvement » évoqué.

     

    Les relations entre Manille et Washington, deux alliés tenus par un accord de défense, ont connu de fortes turbulences après l’arrivée au pouvoir en 2016 du populiste avocat philippin.

     

    Il y a un an, lors du sommet de l’ANASE (Association des nations d’Asie du Sud-Est) qui avait lieu au Laos, Barack Obama avait annulé son tête-à-tête avec le président philippin, après avoir été traité de « fils de pute » par celui-ci.

     

    La ligne dure

     

    M. Duterte, qui reste très populaire aux Philippines et revendique haut et fort son style à part, a raconté il y a quelques jours comment, à 16 ans, il avait poignardé quelqu’un à mort lors d’une bagarre.

     

    Son entourage suggère régulièrement de ne pas le prendre au pied de la lettre, assurant qu’il est adepte de « l’hyperbole ».

     

    Pour les Philippines, comme pour d’autres pays accusés de violation des droits fondamentaux, le gouvernement Trump assure de son côté qu’il ne reste pas inactif mais qu’il préfère la discrétion aux dénonciations publiques.

     

    « À quoi cela sert-il de s’époumoner sur ces sujets ? » avait demandé H.R. McMaster, conseiller à la sécurité nationale de M. Trump, avant son départ en Asie.

     

    « Rodrigo, je veux vous remercier pour votre extraordinaire hospitalité », a lancé M. Trump un peu plus tard lors d’une table ronde pour mieux souligner sa proximité avec son hôte et marquer le contraste avec son prédécesseur démocrate.

     

    Élu sur la promesse d’éradiquer le trafic de drogue, M. Duterte a lancé une campagne dénoncée avec force par les organisations de défense des droits de la personne qui l’accusent d’orchestrer des meurtres extrajudiciaires en masse, perpétrés par des policiers corrompus et des miliciens.

     

    Depuis l’arrivée au pouvoir de Duterte voici 16 mois, la police a annoncé avoir abattu 3967 personnes. Des inconnus ont tué 2290 suspects dans des affaires de drogue. Des milliers d’autres personnes ont été abattues dans des circonstances non élucidées, selon les chiffres de la police.













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