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    Les rescapés forcés de dormir dehors après le séisme en Iran

    Des dizaines de milliers de personnes jetées sur le pavé

    14 novembre 2017 | Actualités internationales
    Siavosh Ghazi - Agence France-Presse à Téhéran, en Irak
    Shwan Mohammad - Agence France-Presse
    Devant des bâtiments fragilisés par le tremblement de terre, des rescapés tentent de se réchauffer autour d’un feu pour combattre la fraîcheur de la nuit à Sar-e Pol-e Zahab, la ville la plus touchée par le sinistre, avec 280 morts.
    Photo: Pouria Pakizeh Agence France-Presse Devant des bâtiments fragilisés par le tremblement de terre, des rescapés tentent de se réchauffer autour d’un feu pour combattre la fraîcheur de la nuit à Sar-e Pol-e Zahab, la ville la plus touchée par le sinistre, avec 280 morts.

    Les secours iraniens s’activaient lundi en fin d’après-midi pour trouver d’éventuels survivants du tremblement de terre qui a frappé dimanche soir l’ouest de l’Iran et plusieurs régions irakiennes, faisant au moins 421 morts et des milliers de blessés.

     

    À l’approche du crépuscule, les autorités faisaient face au défi d’abriter et de nourrir des dizaines de milliers de personnes contraintes de coucher dehors, dans la fraîcheur, pour une deuxième nuit d’affilée.

     

    Selon les autorités iraniennes, les opérations de sauvetage sont pratiquement achevées. Le gouvernement a décrété une journée de deuil national mardi.

     

    L’essentiel des victimes de la catastrophe était dénombré en Iran, où le bilan — toujours provisoire — s’élevait vers 19 h GMT à 413 morts et près de 7370 blessés, tous recensés dans la province de Kermanshah, limitrophe de l’Irak.

     

    Si le séisme a été fortement ressenti à Bagdad et dans de nombreuses provinces d’Irak, le bilan officiel du drame était de 8 morts et de 336 blessés dans ce pays.

     

    « Les besoins immédiats des gens, c’est d’abord des tentes, de l’eau et de la nourriture », a déclaré à la télévision d’État iranienne le général Mohammad Ali Jafari, chef des Gardiens de la révolution, l’armée d’élite de la République islamique, lors d’une visite dans les zones sinistrées.

     

    « Les immeubles construits récemment […] ont bien tenu, mais les anciennes maisons en terre ont été totalement détruites », a-t-il dit, ajoutant espérer que les opérations de déblaiement soient terminées avant la nuit.

     

    L’AFP, comme d’autres médias étrangers, n’a pas reçu l’autorisation de se rendre sur les lieux de la catastrophe lundi.

    On n’avait pas vu ça ici depuis un siècle au moins.
    Un responsable local de Darbandikhan, la localité la plus touchée du côté irakien

    Les vidéos ou photos diffusées par les médias iraniens montrent plusieurs ensembles d’immeubles d’habitation de construction récente ayant plutôt bien résisté. En revanche, les maisons basses ont subi d’importants dégâts.

     

    L’épicentre du tremblement de terre, de magnitude 7,3, a été localisé tout près de la frontière irakienne, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Sar-e Pol-e Zahab, la ville la plus touchée par le sinistre, avec 280 morts.

     

    Selon plusieurs médias iraniens, une femme et un nourrisson ont été sortis vivants lundi matin des décombres dans cette ville de 85 000 habitants.

     

    Selon des responsables locaux, l’hôpital et la moitié des écoles du comté ont été endommagés.

     

    Dans le comté voisin de Dalahoo, nombre de villages ont été détruits à 100 %, selon le préfet local cité par l’agence de presse Tasnim.

     

    Glissements de terrain

    Photo: Shwan Mohammed Agence France-Presse

    En visite dans les zones sinistrées, le ministre de l’Intérieur, Abdolreza Rahmani-Fazli, a néanmoins été interpellé par une habitante affirmant que les riverains n’avaient « pas d’eau », selon une vidéo de l’agence de presse Fars.

     

    En fin d’après-midi, les autorités locales ont indiqué que toutes les routes fermées plus tôt à cause de glissements de terrain avaient été rouvertes dans la province de Kermanshah, mais l’électricité n’avait toujours pas été rétablie à Sar-e Pol-e Zahab, selon la télévision d’État.

     

    Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a ordonné au gouvernement et aux forces armées de mobiliser « tous leurs moyens » pour aider la population.

     

    Selon plusieurs médias, des centaines d’ambulances et des dizaines d’hélicoptères de l’armée ont participé aux opérations de secours.

     

    Deux cents blessés ont été évacués vers Téhéran par avion pour y être hospitalisés.

     

    À Darbandikhan, localité la plus touchée du côté irakien, les autorités ont appelé les habitants de la zone sud de la ville à quitter les environs, redoutant qu’un barrage ait été touché.

     

    « On n’avait pas vu ça ici depuis un siècle au moins », a affirmé un responsable local.

     

    Selon l’Institut de géophysique de l’Université de Téhéran, le séisme a été suivi par plus de 150 secousses, dont une vingtaine d’une magnitude supérieure à 4, avec un maximum de 4,7 sur l’échelle de Richter.

     

    L’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Russie la Syrie et l’ONU ont présenté leurs condoléances. Berlin et les Nations unies ont proposé leur aide en cas de besoin.

     

    Les écoles sont restées fermées lundi dans plusieurs provinces iraniennes frontalières de l’Irak. Dans celle de Kermanshah, où trois jours de deuil ont été décrétés, elles devaient encore l’être mardi.

     

    Cité par l’agence Isna, un responsable des affaires culturelles de la province de Kermanshah a indiqué que cinq monuments historiques de la province avaient subi des dégâts mineurs.













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