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    Riyad espère qu'Israël frappera le Liban, dit le Hezbollah

    11 novembre 2017 | Rouba el-Husseini - Agence France-Presse à Beyrouth | Actualités internationales
    Une foule était réunie à Beyrouth pour écouter la diffusion de l’allocution du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah.
    Photo: Anwar Amro Agence France-Presse Une foule était réunie à Beyrouth pour écouter la diffusion de l’allocution du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

    Le chef du Hezbollah a accusé vendredi l’Arabie saoudite de « détenir » le premier ministre libanais démissionnaire et d’avoir demandé à Israël, l’ennemi juré du mouvement chiite, de frapper le Liban.

     

    La démission-choc de Saad Hariri, annoncée le 4 novembre à Riyad, a pris de court la classe politique au Liban, où l’on s’interroge sur la liberté de mouvement du chef du gouvernement.

     

    Le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, a mis en garde vendredi « toute partie, à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, qui utiliserait le Liban comme théâtre de conflits par procuration ». Le secrétaire général de l’ONU a quant à lui fait part de sa « grande inquiétude ».

     

    Car l’affaire a très rapidement été perçue comme un nouveau bras de fer entre l’Arabie saoudite sunnite, important soutien de M. Hariri, et l’Iran chiite, grand allié du Hezbollah.

     

    Les deux poids lourds du Moyen-Orient s’affrontent déjà sur plusieurs dossiers régionaux, notamment les guerres au Yémen et en Syrie.

     

    Le président libanais, Michel Aoun, n’a toujours pas accepté la démission de M. Hariri, assurant qu’il attendait de le rencontrer pour en discuter avec lui.

     

    Mais le retour au Liban du premier ministre se fait toujours attendre.

     

    La France, par la voix d’un porte-parole de son ministère des Affaires étrangères, a souhaité que Saad Hariri « dispose de toute sa liberté de mouvement et soit pleinement en mesure de jouer le rôle essentiel qui est le sien au Liban ».

     

    Démission forcée

     

    M. Hariri « est détenu en Arabie saoudite, on lui interdit jusqu’à ce moment de rentrer au Liban », a lancé vendredi le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, lors d’une allocution télévisée.

     

    « Il est assigné à résidence », a-t-il assuré, réclamant à Riyad de le « libérer ».

     

    Le chef du mouvement chiite libanais a une nouvelle fois affirmé que M. Hariri, qui a aussi la nationalité saoudienne, avait été « obligé » par les Saoudiens de présenter sa démission et de « lire un texte écrit par eux ».

     

    En annonçant sa démission surprise dans un discours diffusé par la chaîne à capitaux saoudiens Al-Arabiya, M. Hariri avait dénoncé la « mainmise » de l’Iran et du Hezbollah, membre de son gouvernement, sur les affaires intérieures du Liban.

     

    L’annonce du premier ministre fait craindre que le Liban, pays aux équilibres communautaires fragiles, ne plonge dans de nouvelles violences.

     

    Le pays a notamment été déchiré par une guerre civile entre 1975 et 1990 et par un conflit entre le Hezbollah et le voisin israélien en 2006.

     

    Dans son allocution, Hassan Nasrallah a par ailleurs nommément accusé Riyad d’avoir demandé à Israël d’effectuer une opération militaire contre le Liban. « Ce qu’il y a de plus dangereux, c’est inciter Israël à frapper le Liban », a-t-il dit.

     

    Le Hezbollah, seul mouvement à ne pas avoir déposé les armes après la guerre civile libanaise, est accusé par ses détracteurs d’avoir la haute main sur les affaires de l’État libanais, et son arsenal est l’une des principales pommes de discorde dans le pays.

     

    Appels au calme

     

    Vendredi, le président Aoun a lui aussi exprimé son « inquiétude » quant au sort de M. Hariri, assurant lors d’une rencontre avec le chargé d’affaires saoudien à Beyrouth que la manière dont s’est produite sa démission était « inacceptable ».

     

    Depuis plusieurs jours, Michel Aoun multiplie les contacts diplomatiques pour trouver une issue à la crise.

     

    Des chancelleries occidentales ont lancé des appels au calme, craignant que la situation ne dégénère au Liban.

     

    Pour Paris, « la situation libanaise est le sujet le plus préoccupant du moment », a souligné le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

     

    De son côté, le chef de l’ONU, António Guterres, a assuré multiplier les « contacts » pour éviter une « escalade aux conséquences tragiques ».

     

    Le ministre libanais de l’Intérieur, Nohad Machnouk, a par ailleurs annoncé vendredi qu’un ressortissant saoudien avait été enlevé au Liban, précisant qu’il s’agissait d’une « affaire personnelle, qui n’a aucun lien, ni de près ni de loin, avec la politique ».

     

    La veille, l’Arabie saoudite avait appelé ses ressortissants à quitter le Liban « le plus vite possible » ou à ne pas s’y rendre.


    Yémen : l’OMS inquiète de ne pas pouvoir endiguer le choléra Genève — La lutte contre le choléra au Yémen risque de subir un « sérieux revers » si le blocus saoudien du pays se poursuit, a estimé vendredi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

    « Nous avons fait des progrès [dans le traitement de l’épidémie] mais nous allons subir un sérieux revers si nous n’avons pas un accès total à toutes les zones touchées », a expliqué une porte-parole de l’OMS, Fadela Chaïb. Entre le 27 avril et le 8 novembre 2017, l’OMS a enregistré 913 741 cas suspects de choléra et 2196 décès liés à cette maladie, même si le nombre de cas est en diminution depuis plusieurs semaines. En téléconférence, la responsable de l’Unicef au Yémen, Meritxell Relano, a de son côté indiqué que les réserves d’essence dans le pays, si le blocus se poursuit, « ne vont durer que jusqu’à la fin novembre, et nous avons besoin de l’essence pour maintenir ouverts les centres de soins et le système d’approvisionnement en eau ». En soirée, la coalition militaire dirigée par Riyad a mené deux raids aériens contre le ministère de la Défense à Sanaa, capitale du Yémen, ont rapporté des témoins.












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