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    La Catalogne au ralenti sous la pression indépendantiste

    Le sort de l’ex-président catalan réfugié à Bruxelles provoque des remous en Belgique

    9 novembre 2017 | Actualités internationales
    Anne-Laure Mondesert - Agence France-Presse à Barcelone
    Alfons Luna - Agence France-Presse
    Des manifestants séparatistes se sont donné rendez-vous mercredi devant le palais de la Généralité, siège de l’exécutif catalan destitué.
    Photo: Lluis Gene Agence France-Presse Des manifestants séparatistes se sont donné rendez-vous mercredi devant le palais de la Généralité, siège de l’exécutif catalan destitué.

    Des milliers de passagers et des centaines de camions, en particulier en partance vers la France, étaient bloqués mercredi soir en Catalogne par des piquets de grève indépendantistes, déclenchés afin de protester contre l’incarcération de dirigeants séparatistes.

    Commerces et entreprises n’ont en revanche pas été affectés par cet appel à la grève.

    Pendant ce temps, la présence à Bruxelles depuis dix jours du président catalan destitué par Madrid, Carles Puigdemont, a encore provoqué des remous, mettant dans l’embarras le gouvernement de Charles Michel.

    En Catalogne, dès le petit matin, les indépendantistes répondant à l’appel à la grève d’une confédération syndicale et d’associations séparatistes ont bloqué des routes, des gares, des sites touristiques aux cris de « Liberté ! Liberté ! ».

    Grand axe bloqué

    Les manifestants ont notamment bloqué le grand axe reliant la Catalogne à la France, l’autoroute AP-7, par où transite une grande partie des exportations espagnoles vers l’Europe — près de 9000 camions par jour.

    Les files d’attente se sont étendues sur six kilomètres sur l’AP-7, dans la province de Gérone, au nord de Barcelone.

    Les blocages par endroits bon enfant — certains installant même des tables pour jouer aux échecs — ont aussi provoqué des tensions entre usagers et grévistes.

    Les perturbations ont particulièrement touché les trains à grande vitesse reliant Barcelone à la France, huit par jour, soit des milliers de personnes, interrompant la circulation vers Marseille, Lyon, Paris, selon la compagnie ferroviaire Renfe.

    Au total, 150 000 passagers, dont 10 000 de trains à grande vitesse, ont été affectés par des annulations ou retards.

    La crise se situe en Espagne et pas en Belgique
    Le premier ministre belge, Charles Michel

    À Barcelone, la basilique Sagrada Familia, devant laquelle des dizaines de grévistes campaient à la mi-journée, a été fermée pendant plusieurs heures.

    Mais à la différence de la grève générale du 3 octobre, la majorité des commerces et entreprises de Barcelone et sa région ont fonctionné normalement. Les deux principaux syndicats espagnols, CCOO et UGT, n’avaient cette fois pas appelé à la grève.

    Le ministère de l’Intérieur a qualifié la participation de « minimale », sauf dans le milieu de l’enseignement, où elle était suivie par environ 30 % des enseignants.

    Déclaration d’indépendance annulée

    À Madrid, sur le front judiciaire, la Cour constitutionnelle a annulé la déclaration unilatérale d’indépendance votée le 27 octobre par le Parlement catalan.

    Après cette déclaration, le gouvernement avait mis la région sous tutelle, dissous le Parlement et destitué l’exécutif régional, convoquant des élections régionales le 21 décembre.

    Carles Puigdemont, poursuivi par la justice espagnole pour rébellion et sédition, a quitté le pays pour la Belgique, où la justice examine un mandat d’arrêt européen à la demande de l’Espagne.

    Quatre membres de son gouvernement destitué l’ont accompagné dans son exil belge, huit autres ont choisi de répondre à une convocation judiciaire et ont été placés en détention provisoire après leur inculpation.

    Les grévistes réclament leur libération, estimant que ce sont des « prisonniers politiques ».

    En Belgique, le sort de Carles Puigdemont a aussi suscité des débats et l’embarras du gouvernement de Charles Michel, comptant des nationalistes flamands sensibles aux arguments des indépendantistes catalans.

    « La crise se situe en Espagne et pas en Belgique », a répondu le premier ministre aux députés.

    Il a cependant réaffirmé que le gouvernement espagnol était son seul interlocuteur. Mariano Rajoy l’en a publiquement remercié sur Twitter, assurant partager avec lui le « respect pour l’État de droit et donc pour l’indépendance des juges belges et espagnols ».

    Lors des dernières élections régionales en 2015, les partis indépendantistes avaient obtenu 47,8 % des suffrages et 72 sièges sur 135 au Parlement régional.

    Dans une interview à la télévision publique flamande VRT diffusée dans la soirée, Carles Puigdemont s’est à nouveau dit disposé à diriger « un grand rassemblement de différentes sensibilités » indépendantistes, estimant qu’il « y avait d’autres solutions » à la liste commune rejetée par ses anciens alliés de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC).













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