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L'Iran annonce la reprise de l'enrichissement de l'uranium

Téhéran — L'Iran a repris le travail dans un secteur clé du cycle d'enrichissement du carburant nucléaire, a indiqué un responsable iranien hier, malgré l'accord avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) par lequel Téhéran s'était engagé à suspendre cette activité.

«La phase expérimentale du processus d'enrichissement dans les infrastructures d'Ispahan a débuté et avant la fin de cette phase, dans les vingt prochains jours, la production expérimentale de cette infrastructure commencera», a déclaré ce responsable du dossier nucléaire iranien, Gholam Reza Aghazadeh, à la télévision d'État. «L'usine de traitement de l'uranium d'Ispahan produira de la matière première pour le cycle d'enrichissement», a-t-il ajouté.

L'usine d'Ispahan fait partie des infrastructures de conversion de l'uranium, qui le raffinent pour produire des matières pouvant servir à la production d'uranium enrichi. L'Iran avait passé en 2003 un accord avec l'AIEA, sous l'égide de la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne, dans lequel il s'engageait à suspendre l'enrichissement d'uranium et toutes les activités qui lui sont liées. Soupçonné par les inspecteurs de l'ONU de cacher sous ses activités d'enrichissement un programme de développement d'armes nucléaires et sous la pression internationale, l'Iran avait néanmoins revendiqué son droit à produire du carburant nucléaire à des fins civiles, conformément au Traité de non-prolifération (TNP).

M. Aghazadeh a déclaré que «la suspension volontaire de l'enrichissement de l'uranium en Iran a démontré sa volonté de gagner la confiance de l'AIEA et, en vertu des ordres édictés par le secrétariat du Conseil suprême de la sécurité nationale, l'Organisation de l'énergie atomique iranienne va suspendre dans ce domaine la construction de ces infrastructures», sans donner plus de précisions. La télévision d'État a cependant commenté ces déclarations en disant que le centre de technologie nucléaire d'Ispahan, situé près du centre de cette ville historique, ne faisait «pas partie de l'accord avec l'AIEA».

Le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien est dirigé par Hassan Rohani, chargé des discussions avec l'AIEA et qui a négocié l'accord de 2003 avec les trois États européens.

M. Aghazadeh, qui est aussi l'un des vice-présidents de la République islamique, a confirmé que le directeur de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, se rendrait en Iran le 6 avril pour des entretiens «avec des responsables de haut rang».
 
 
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