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    Le Nobel de la paix à l’ICAN pour conjurer la menace nucléaire

    7 octobre 2017 |Pierre-Henry Deshayes - Agence France-Presse | Actualités internationales
    Déguisés avec des masques de Donald Trump et de Kim Jong-un, des militants de l’ICAN ont manifesté contre le conflit entre les États-Unis et la Corée du Nord, en septembre dernier, devant l’ambassade américaine à Berlin.
    Photo: Britta Pedersen Associated Press Déguisés avec des masques de Donald Trump et de Kim Jong-un, des militants de l’ICAN ont manifesté contre le conflit entre les États-Unis et la Corée du Nord, en septembre dernier, devant l’ambassade américaine à Berlin.

    Le prix Nobel de la paix a récompensé vendredi la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), qui voit dans la présidence de Donald Trump une preuve de la dangerosité de l’arme atomique.

     

    Le comité Nobel norvégien a choisi de mettre la lutte contre ces armes de destruction massive à l’honneur au moment où le président américain menace de remettre en cause l’accord sur le nucléaire iranien et échange des propos belliqueux avec Kim Jong-un sur le programme nucléaire nord-coréen.

     

    « L’élection du président Donald Trump a mis beaucoup de gens très mal à l’aise, à l’idée qu’il peut, à lui seul, autoriser l’utilisation des armes nucléaires », a fait valoir la directrice de l’ICAN, Beatrice Fihn, déplorant que le nouvel occupant de la Maison-Blanche « n’écoute pas » toujours les experts.

     

    Soixante-douze ans après Hiroshima et Nagasaki, l’ICAN, coalition regroupant des centaines d’ONG, s’est vu attribuer la prestigieuse récompense pour avoir contribué à l’adoption cette année d’un traité historique d’interdiction de l’arme atomique.

     

    « Nous vivons dans un monde où le risque que les armes nucléaires soient utilisées est plus élevé qu’il ne l’a été depuis longtemps », a souligné la présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen, qui s’est inquiétée du risque de prolifération « comme le montre la Corée du Nord ».

     

    Traité adopté à l’ONU

     

    Le 7 juillet à l’ONU, 122 pays ont adopté un traité qui pose pour la première fois le principe de l’interdiction de mettre au point, de stocker ou de menacer d’utiliser l’arme atomique.

     

    Sa portée reste essentiellement symbolique, car les puissances nucléaires ont toutes refusé d’y adhérer, de même que les pays de l’OTAN.

     

    « Ce traité ne rendra pas le monde plus pacifique, n’aboutira pas à la destruction de la moindre arme nucléaire et ne renforcera la sécurité d’aucun État », a déclaré vendredi à l’AFP un porte-parole du département d’État, soulignant que les États-Unis ne le signeront pas.

     

    Le Nobel de la paix est « un encouragement » aux pays non signataires pour qu’ils oeuvrent aussi à débarrasser la planète des armes nucléaires, a souligné Mme Reiss-Andersen.

     

    L’Alliance atlantique « partage cet objectif avec l’ICAN », a réagi son secrétaire général, Jens Stoltenberg, mais « regrette que les conditions pour aboutir à un désarmement nucléaire ne soient aujourd’hui pas favorables ». Le Kremlin a dit « respecter » le choix du comité Nobel.

     

    Programme iranien

     

    Donald Trump doit certifier avant le 15 octobre auprès du Congrès que Téhéran respecte ses engagements pris dans le cadre de l’accord de 2015 qui impose de strictes restrictions au programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions.

     

    Selon des responsables américains interrogés par l’AFP, il doit annoncer « dans les prochains jours » son refus de le certifier, ouvrant la voie à une réintroduction de sanctions, ce qui pourrait faire dérailler l’accord.

     

    « Nous ne taclons personne avec ce prix », a répondu Mme Reiss-Andersen, à la question de savoir si le Nobel visait le président Trump. Le 4 octobre, Mme Fihn avait été moins diplomate lorsqu’elle avait tweeté : « Donald Trump est un débile ». Un message qu’elle dit aujourd’hui regretter.

     

    « C’est un moment de grandes tensions dans le monde, quand les déclarations enflammées pourraient tous nous conduire très facilement, inexorablement, vers une horreur sans nom », a-t-elle déclaré vendredi.

     

    Les diplomates s’inquiètent des répercussions négatives d’une volte-face américaine sur le dossier iranien alors que la communauté internationale espère encore faire revenir la Corée du Nord à la table des négociations pour lui faire renoncer à ses propres ambitions nucléaires.













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