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    Chronique

    Ambassadrice pour l’Afrique

    On le sait : l’Afrique, ce n’est pas un pays, mais 54. Et pourtant, l’Afrique a tout de même une ambassadrice officieuse au Québec en la personne d’Amina Gerba.

     

    Cette Lavalloise, arrivée du Cameroun en 1986, est une véritable dynamo, dirigeant deux entreprises, dont une de consultation, Afrique Expansion, vouée à faire connaître « l’autre Afrique, celle des opportunités », dit-elle. À elle seule, Amina Gerba est quasiment une chambre de commerce, un magazine, un événement, une tribune, une voix pour l’Afrique au Québec.

     

    On entendra beaucoup parler d’elle la semaine prochaine alors qu’elle lancera le 2 octobre la huitième édition du Forum Afrique Expansion. Cet événement réunira 500 participants au Centre Sheraton, qui entendront une quarantaine de conférenciers provenant de deux douzaines de pays. Il y sera question de révolution numérique, d’électrification, de la création d’un label Made in Africa, du financement de projet en Afrique. Et l’on verra défiler bon nombre de pointures, parmi lesquelles un vice-président de la Banque africaine de développement et la directrice générale de Maroc Export, pays à l’honneur cette année.

     

    C’est en 2003 qu’Amina Gerba a lancé le Forum Africa, une biennale rebaptisée Forum Afrique Expansion en 2017. Alors qu’elle avait eu toutes les peines à réunir 100 participants et quelques annonceurs la première année, la formule a gagné en renommée. Dès 2009, elle recevait Pierre Pettigrew, ancien ministre du Commerce international et des Affaires étrangères du Canada, et l’ancien président du Mali, Alpha Oumar Konaré, lequel avait fait grand bruit en réclamant la création d’une fédération d’États africains. En 2013, la délégation ivoirienne était dirigée par le premier ministre ivoirien en personne. Pour l’édition 2015, c’était au tour du premier ministre Philippe Couillard.

     

    Le temps de l’Afrique

     

    Si au Québec, l’Afrique est de plus en plus perçue comme une occasion d’affaires plutôt qu’un vaste chantier d’aide humanitaire, on le doit largement aux efforts de quelques pionniers, comme les hommes d’affaires Benoît Lasalle et Charles Sirois, mais aussi à Jean-Louis Roy. Mais Amina Gerba tient une place à part puisqu’elle a lancé sa firme de consultation sur l’Afrique dès 1995.

     

    « Le succès n’est pas venu tout de suite. Dans les chambres de commerce, quand les gens voyaient sur ma carte les mots Afrique Expansion, ils me tournaient littéralement le dos. »

     

    Les préjugés étaient nombreux. Elle qui a fait son cégep au Québec, son bac et son MBA à l’ESG UQAM s’est souvent fait demander quel diplôme elle avait pour défendre son propos. « Plus maintenant, dit-elle. Nous sommes à l’époque où la Banque Nationale a pris 100 millions de dollars dans le capital-actions d’une compagnie d’assurance ivoirienne, la NSIA. » Ajoutons qu’en plus des 24 % des parts de la NSIA qu’elle détient, la Banque Nationale a acquis 17,5 % du groupe bancaire mauricien AfrAsia.

     

    « Le Forum a pu compter sur le soutien du gouvernement du Québec, qui a compris ce que cela représentait. Maintenant, Export Québec tient des missions nombreuses en Afrique, et le gouvernement du Québec aura bientôt trois représentations officielles sur le continent alors qu’il n’y avait rien il y a cinq ans. »

     

    Sans fausse modestie, Amina Gerba pense qu’Afrique Expansion a été pour beaucoup dans cette évolution. « Aujourd’hui, les gens ont appris à connaître l’Afrique. Ils y voient des occasions de marché. Les portes s’ouvrent. Les préjugés sont derrière nous, enfin, la plupart. »

     

    L’évidence francophone

     

    L’un des aspects reposants du discours d’Amina Gerba, c’est qu’elle ne tombe jamais dans le prêchi-prêcha francophone. La langue, pour elle, cela va de soi : elle oriente les relations. Son approche sur ce plan est strictement pragmatique.

     

    Depuis quelques années, le Forum Afrique Expansion comporte un volet très populaire, appelé B2B, dans lequel les entreprises inscrites peuvent rencontrer des investisseurs pour des séances de 20 minutes — les places s’enlèvent en quelques jours. Chaque forum se clôt également par l’annonce des ententes conclues pendant l’événement.

     

    Les efforts d’Amina Gerba ne se limitent pas au Forum Afrique Expansion. En mai, elle avait organisé à Yaoundé, au Cameroun, un Forum international sur l’économie numérique. Cet événement faisait une très large part aux intervenants québécois, à tel point d’ailleurs qu’il n’y avait pratiquement pas de Français — une rareté quand il est question d’Afrique francophone.

     

    « C’est voulu, parce qu’il faut démontrer ce que les Canadiens et les Québécois peuvent accomplir en Afrique, dit Amina Gerba. La semaine prochaine, au Forum, nous ferons une annonce importante concernant un projet d’investissement qui découle directement du forum de Yaoundé en mai. »

     

    Qui ? Quoi ? Combien ? « Rendez-vous le 2 octobre. »













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