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    Des milliers de Catalans dans la rue après l’arrestation de membres du gouvernement

    20 septembre 2017 15h17 | Daniel Bosque - Agence France-Presse à Barcelone | Actualités internationales
    Des milliers de personnes se sont rassemblées dans le centre de Barcelone pour protester contre les arrestations.
    Photo: Lluis Gene Agence France-Presse Des milliers de personnes se sont rassemblées dans le centre de Barcelone pour protester contre les arrestations.

    « L’heure est arrivée. Résistons pacifiquement. » En riposte à l’arrestation de hauts responsables du gouvernement catalan séparatiste, des milliers de manifestants en colère, mais non violents ont occupé les rues de Barcelone mercredi.

     

    L’appel a été lancé vers 9 h du matin (3 h à Montréal) par Jordi Sanchez, président de l’Assemblée nationale catalane (ANC) et s’est répandu comme une traînée de poudre.

     

    Depuis que le parlement régional a convoqué, le 6 septembre, un référendum d’autodétermination interdit par la justice à la date du 1er octobre, la tension monte entre les dirigeants séparatistes de la région aux 7,5 millions d’habitants et le gouvernement espagnol du conservateur de Mariano Rajoy, qui a promis de l’empêcher.

     

    L’arrestation d’une douzaine de hauts responsables du gouvernement séparatiste, mercredi, a entraîné pour la première fois de vives réactions dans les rues de Barcelone, partagée entre séparatistes et partisans d’un maintien en Espagne, à l’image de la région.

     

    Des centaines, puis des milliers, de manifestants se sont massés devant les bâtiments où des perquisitions étaient en cours, dans le cadre d’une enquête pour « désobéissance, prévarication et détournements de fonds ».

     

    « Nous voterons », lisait-on sur les pancartes des manifestants, souvent munis du drapeau catalan indépendantiste. « Indépendance », « dehors les forces d’occupation », criaient-ils en bloquant par moments les entrées et sorties de voitures et en sifflant au passage de la garde civile. Certains clamaient « no pasaran » (« ils ne passeront pas »), le cri de ralliement des républicains au temps de la guerre civile (1936-1939).

     
    Peut-être qu’ils n’imaginaient pas que nous allions autant nous mobiliser. Mais qu’ils le sachent : plus ils feront des choses et plus il y aura des gens.
     

    Des moments de tension ont opposé forces de l’ordre et manifestants, allant jusqu’aux bousculades, en dépit des tentatives d’apaisement d’un musicien qui jouait... Imagine de John Lennon, non loin de là.

     

    Un 4X4 vert de la garde civile avait été recouvert d’affiches revendiquant « démocratie, liberté » ou encore « nous voulons voter ».

     

    « Ils ont commis une grande erreur. Nous voulions voter et ils nous ont déclaré la guerre. Défendons nos institutions pacifiquement », avait twitté Jordi Sánchez, le président de l’influente Assemblée nationale catalane (ANC), l’un des principaux mouvements séparatistes.

       

    Ses sympathisants ont répondu à l’appel munis d’œillets rouges et blancs et d’urnes en carton.

     

    « Peut-être qu’ils n’imaginaient pas que nous allions autant nous mobiliser. Mais qu’ils le sachent : plus ils feront des choses et plus il y aura des gens », a déclaré à l’AFP Joan Payola, employé d’un cabinet d’architectes à une vingtaine de kilomètres de Barcelone. Il s’était déplacé avec plusieurs collègues pour protester contre « l’État d’exception » imposé, selon lui, en Catalogne par le gouvernement Rajoy.

     

    « Le mal-être, il faut l’exprimer. On tente de le faire de manière tranquille, pacifique, mais les faits sont très graves. Ils arrêtent des gens pour des raisons politiques », dénonçait Monica Puig, une architecte de 39 ans.

     

    « C’est comme un coup d’État », assurait-elle, comme en écho aux discours des hauts responsables espagnols ayant décrit comme « un coup d’État » les agissements des indépendantistes.

     

    En cas de victoire du « oui », les séparatistes ont annoncé qu’ils engageraient la « transition » vers « la République catalane »... En réaction, de nombreuses personnalités ont signé une pétition « Ne votez pas », qualifiant le référendum d’« escroquerie antidémocratique » visant une « déclaration unilatérale d’indépendance ».

     

    « C’est un cirque », dénonçait de son côté un Barcelonais partisan du « non ». « On dirait l’empire romain, quand il y avait un problème ils montaient un cirque pour que les gens se distraient. Et regardez, maintenant, on ne parle pas de corruption », en Catalogne ou ailleurs, assurait cet homme, Alejandro Estragués, un imprimeur de 40 ans.

     

    « L’indépendance, je trouve ça dangereux », déclarait David Garcia, 42 ans, en observant de loin les manifestants : « Il y a beaucoup de gens qui souffrent en lien avec l’économie, la santé, le chômage, le terrorisme. Il est temps de se rassembler. »

     

    Mais Anna Solà, une femme de 45 ans au chômage, venue en fauteuil roulant se disait décidée à manifester encore, notamment le 1er octobre. « S’il le faut, on se lèvera à 5 h et nous irons devant le bureau de vote. Et comme aujourd’hui, ils n’ont qu’à nous déloger. »













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