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    Israël

    En Israël, les ultraorthodoxes devront faire leur service militaire, tranche la justice

    14 septembre 2017 | Delphine Matthieussent - Agence France-Presse à Jérusalem | Actualités internationales
    Un juif ultraorthodoxe dans le quartier de Méa Shéarim à Jérusalem
    Photo: Thomas Coex Agence France-Presse Un juif ultraorthodoxe dans le quartier de Méa Shéarim à Jérusalem

    La Cour suprême israélienne a statué que les juifs ultraorthodoxes devaient accomplir leur service militaire comme les autres, ravivant les tensions sur un sujet qui cristallise depuis des années les dissensions entre laïcs et religieux.

     

    Les neuf juges de la Cour ont invalidé mardi un amendement de la loi sur le service militaire, adopté en 2015, qui visait à reporter des dispositions légales votées en 2014 sous la pression du parti centriste laïque Yesh Atid, alors membre du gouvernement.

     

    Cette loi de 2014 prévoyait une hausse significative de la conscription des hommes ultraorthodoxes. Ces derniers bénéficiaient jusqu’alors d’exemptions généralisées en raison de leur statut d’étudiants de yeshivas, les écoles religieuses.

     

    C’est le père fondateur d’Israël, David Ben Gourion, qui avait décidé en 1949 d’exempter de service quelques centaines d’étudiants de yeshivas au motif qu’ils étaient garants de la perpétuation de l’étude de la loi et de la religion juive.

     

    Au fil des ans, avec la croissance importante de la population ultraorthodoxe, des centaines de milliers de jeunes se sont retrouvés automatiquement exemptés, alors que les autres membres de leur classe d’âge étaient appelés à servir.

     

    10 % de la population

     

    Dans la situation actuelle, le nombre des exemptions ne devrait pas cesser de croître. Représentant aujourd’hui 10 % de la population, la communauté ultraorthodoxe, beaucoup plus fertile, pourrait en constituer le quart d’ici à 2050, selon les projections.

     

    Dans un pays habitué aux guerres, où l’armée est une institution centrale, l’exception ultraorthodoxe est un motif de ressentiment dans les autres groupes sociaux.

     

    La conscription n’est que l’une des querelles à illustrer la confrontation entre l’observance des règles juives et la vie moderne, avec la poursuite des travaux publics le jour du shabbat par exemple.

     

    Le chef de file de Yesh Atid, Yaïr Lapid, membre du précédent gouvernement de M. Nétanyahou, a salué sur sa page Facebook la décision de la Cour suprême.

     

    La conscription est faite « pour tout le monde, pas juste pour les imbéciles qui n’ont pas de parti dans la coalition », a-t-il écrit.

     

    La décision a en revanche provoqué un déchaînement de réactions hostiles de la part de responsables ultraorthodoxes. Le ministre de la Santé Yaacov Litzman a accusé à la radio publique la Cour suprême de tenter de renverser le gouvernement, et un de ses juges « d’être tout le temps » contre les ultraorthodoxes.

     

    Le ministre de l’Intérieur Arié Déry a estimé sur Twitter que la Cour suprême était « complètement déconnectée de nos traditions ».

     

    Mais une crise gouvernementale est improbable, spéculent les commentateurs. Le quotidien Jérusalem Post écrivait que M. Nétanyahou avait déjà eu maintes occasions de trancher dans des crises touchant à la conversion, à la prière mixte au Mur des lamentations ou au travail le jour de shabbat, et qu’il avait « toujours choisi le camp des ultraorthodoxes ».

     

    La Cour suprême a par ailleurs spécifié que sa décision n’entrerait en vigueur que dans un an, ce qui laisse au gouvernement ou à sa majorité parlementaire le temps de se retourner.













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