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    La Chine envisage l’interdiction des voitures à essence, un pari titanesque

    12 septembre 2017 | Julien Girault - Agence France-Presse à Pékin | Actualités internationales
    <p>Pékin serait-il prêt à emboîter le pas à la France et au Royaume-Uni, qui ont récemment dévoilé leur intention d’interdire la vente des voitures diesel ou essence sur leurs marchés d’ici 2040 ?</p>
    Photo: Greg Baker Agence France-Presse

    Pékin serait-il prêt à emboîter le pas à la France et au Royaume-Uni, qui ont récemment dévoilé leur intention d’interdire la vente des voitures diesel ou essence sur leurs marchés d’ici 2040 ?

    La Chine a annoncé préparer un calendrier vers une interdiction de la production et de la vente de voitures à carburants fossiles : un pari titanesque pour le premier marché automobile mondial, qui s’apprête déjà à imposer aux constructeurs des quotas de véhicules propres.

     

    Pékin serait-il prêt à emboîter le pas à la France et au Royaume-Uni, qui ont récemment dévoilé leur intention d’interdire la vente des voitures diesel ou essence sur leurs marchés d’ici 2040 ?

     

    Soucieux de muscler sa lutte antipollution, le géant asiatique assure y réfléchir : des études sont entamées et le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information va établir un calendrier en lien avec les administrations concernées, a indiqué ce week-end le vice-ministre de l’Industrie Xin Guobin. Sont essentiellement concernées les voitures à essence, le diesel restant confidentiel en Chine.

     

    « Les constructeurs devront, conformément aux exigences, améliorer le niveau d’économies d’énergie des voitures traditionnelles et développer vigoureusement les véhicules à énergies propres », a martelé M. Xin lors d’un discours à Tianjin rapporté par les médias d’État.

     

    Quel que soit le calendrier, le défi s’annonce herculéen : 28 millions de véhicules — dont 24,4 millions de voitures individuelles — ont été vendus l’an dernier en Chine. Sur ce total, seulement 507 000 véhicules « à énergie nouvelle » (électriques et hybrides) — ce qui reste une goutte d’eau, en dépit d’un bond de 53 %, encouragé par des primes gouvernementales et des facilités d’immatriculation.

     

    « C’est un processus de long cours », observe Cui Dongshu, secrétaire général de l’influente Association chinoise des voitures individuelles. « Il sera difficile d’arrêter la production de véhicules traditionnels à carburant sur les deux prochaines décennies » et au-delà, la tâche restera particulièrement ardue pour les poids lourds, indique-il à l’AFP.

    Si la Chine dit non aux moteurs à combustion, le reste du monde suivra, car personne ne peut faire l’impasse sur la Chine, c’est un trop gros marché
    Bill Russo, directeur du cabinet GaoFeng Advisory, à Shanghai

    Même fort vagues, les annonces du vice-ministre Xin ont contribué à faire bondir sur les Bourses chinoises les titres des constructeurs et équipementiers spécialistes de l’électrique, à commencer par BYD — le « Tesla chinois » —. « Si la Chine dit non aux moteurs à combustion, le reste du monde suivra, car personne ne peut faire l’impasse sur la Chine, c’est un trop gros marché », souligne Bill Russo, directeur du cabinet GaoFeng Advisory à Shanghai.

     

    Pour lui, Pékin veut faire en sorte que le déclin du moteur à combustion « intervienne selon un calendrier qui permette aux constructeurs chinois d’élaborer leurs solutions ». « Doper l’électrification, c’est aussi aplanir le marché pour les marques chinoises », auxquelles fait défaut l’avancée technique des Occidentaux, estime-t-il.

     

    En même temps, le régime communiste a entrepris de sabrer ses généreuses subventions à l’achat de véhicules propres pour les consommateurs, et entend désormais forcer la main aux constructeurs. Il a introduit en juin un projet de règlement pour leur imposer dès 2018 un quota de « voitures propres », selon un complexe système de crédits calculés d’après leurs ventes. La politique entrera en application prochainement, a confirmé M. Xin.

     

    L’équation apparaît compliquée pour certains constructeurs, à l’instar de l’allemand Volkswagen (4 millions de véhicules vendus en Chine l’an dernier). Il a conclu une coentreprise avec le chinois JAC pour rattraper son retard et vise « 400 000 ventes de véhicules hybrides et électriques d’ici 2020 et 1,5 million d’ici 2025 ».

     

    « La version finale (du quota) n’est pas encore publiée, mais nous travaillerons dur pour le respecter. Ce n’est pas facile, on est déjà en septembre », a confié à l’AFP Christoph Ludewig, porte-parole de Volkswagen en Chine, faisant état des « efforts colossaux » de l’entreprise.

     

    L’américain Ford, lui, assure que 70 % de ses modèles vendus en Chine seront disponibles avec l’électrification en option d’ici 2025, et vient d’établir une joint-venture dédiée à l’électrique avec le chinois Zotye : « Une stratégie agressive pour proposer une gamme complète » de l’hybride au 100 % électrique, insiste Anderson Chan, porte-parole de Ford en Chine.

     

    Quant au français Renault, dernier venu, il s’est adapté d’emblée aux nouvelles priorités de Pékin, et la perspective d’un quota ne l’effraie nullement : « On sait faire, nous avons déjà une technologie avancée », fait valoir Florence de Goldfiem, responsable de la communication en Chine. Le groupe produira bientôt à Wuhan une berline électrique inspirée de sa Fluence Z. E, et il a créé fin août une nouvelle coentreprise avec son partenaire local Dongfeng, consacrée au développement de modèles électriques conformes aux standards chinois.













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