Blair et Kadhafi scellent leur réconciliation
Photo : Agence Reuters
Une poignée de main «historique».
Tripoli - Accueilli en grande pompe par une garde d'honneur libyenne, Tony Blair a effectué hier à Tripoli une visite historique — la première d'un chef de gouvernement britannique depuis l'arrivée au pouvoir de Muammar Kadhafi en 1969 — qui marque une nouvelle étape dans le retour de la Libye sur la scène internationale.
Ce déplacement, également consacré au renforcement des liens économiques entre les deux pays, est considéré comme une récompense pour le dirigeant libyen, qui s'est engagé fin 2003 à démanteler son programme d'armes de destruction massive et à renoncer au terrorisme.
Devant les caméras, Tony Blair et Muammar Kadhafi se sont chaleureusement serré la main, échangeant de larges sourires. Ils se sont ensuite assis, séparés par une petite table et s'entretenant par le biais d'un interprète, sous une tente parée de tapisseries vert et jaune sur lesquelles étaient dessinés des chameaux et des palmiers.
«Il m'est agréable d'être enfin ici après tant de mois», a confié Tony Blair. Muammar Kadhafi lui a répondu d'abord en arabe, puis en anglais: «Vous vous êtes beaucoup battu sur cette question, et vous semblez épuisé.» On ignorait précisément à quoi les deux hommes faisaient référence, mais la Grande-Bretagne avait pris l'initiative sur le plan diplomatique de mettre fin à l'isolement international de la Libye.
Le porte-parole officiel de Tony Blair a précisé que les deux dirigeants devaient se mettre d'accord sur la nécessité de former des partenariats dans le cadre de la lutte contre le terrorisme mais aussi sur le plan politique et en matière de sécurité. «Nous ne prétendons pas être d'accord sur chaque question», a-t-il toutefois reconnu.
Juteux contrats
M. Blair a proposé à Tripoli de «nouvelles relations militaires» et a nommé le général Robin Vincent Searby au poste de coordinateur de la défense avec la Libye.
Cette visite devait également permettre de relancer le partenariat économique entre Londres et Tripoli. Le groupe pétrolier Royal Dutch-Shell a ainsi annoncé hier avoir signé un contrat préliminaire pour la prospection de gaz naturel au large des côtes libyennes. Un porte-parole du premier ministre a précisé que le contrat s'élevait à 200 millions de dollars et qu'il avait une valeur potentielle de un milliard de dollars.
D'autres sociétés britanniques recherchent aussi des accords commerciaux avec la Libye, selon des responsables accompagnant M. Blair. Celui-ci a ainsi déclaré que le groupe d'aéronautique et de défense BAE Systems annoncerait bientôt un gros contrat libyen.
Le ministre libyen des Affaires étrangères a indiqué que son pays, qui réhabilite actuellement ses champs pétroliers, souhaitait voir son quota de production relevé au sein de l'OPEP.
En Grande-Bretagne, des voix se sont élevées pour critiquer le renforcement des liens avec la Libye, longtemps considérée comme un «État voyou».
«Naturellement, il y a toujours un risque», a reconnu Tony Blair mercredi à Lisbonne. Cependant, a-t-il expliqué hier, «nous montrons par notre engagement envers la Libye qu'il est possible pour des pays du monde arabe de travailler avec les États-Unis et la Grande-Bretagne pour défaire l'ennemi commun du terrorisme fanatique et extrémiste conduit par al-Qaïda, pour faire en sorte que nous ayons un monde plus sûr grâce à l'absence d'armes de destruction massive».
Le passif est lourd entre la Grande-Bretagne et la Libye: Muammar Kadhafi a fourni des armes à l'Armée républicaine irlandaise (IRA) dans les années 80, Londres a rompu tout lien diplomatique en 1984 après la mort d'une policière, atteinte par une balle tirée depuis une fenêtre de l'ambassade libyenne à Londres, et 270 personnes sont mortes en 1988 dans l'attentat de Lockerbie (Écosse) impliquant directement Tripoli. Les relations bilatérales ont été rétablies en 1999.
Ce déplacement, également consacré au renforcement des liens économiques entre les deux pays, est considéré comme une récompense pour le dirigeant libyen, qui s'est engagé fin 2003 à démanteler son programme d'armes de destruction massive et à renoncer au terrorisme.
Devant les caméras, Tony Blair et Muammar Kadhafi se sont chaleureusement serré la main, échangeant de larges sourires. Ils se sont ensuite assis, séparés par une petite table et s'entretenant par le biais d'un interprète, sous une tente parée de tapisseries vert et jaune sur lesquelles étaient dessinés des chameaux et des palmiers.
«Il m'est agréable d'être enfin ici après tant de mois», a confié Tony Blair. Muammar Kadhafi lui a répondu d'abord en arabe, puis en anglais: «Vous vous êtes beaucoup battu sur cette question, et vous semblez épuisé.» On ignorait précisément à quoi les deux hommes faisaient référence, mais la Grande-Bretagne avait pris l'initiative sur le plan diplomatique de mettre fin à l'isolement international de la Libye.
Le porte-parole officiel de Tony Blair a précisé que les deux dirigeants devaient se mettre d'accord sur la nécessité de former des partenariats dans le cadre de la lutte contre le terrorisme mais aussi sur le plan politique et en matière de sécurité. «Nous ne prétendons pas être d'accord sur chaque question», a-t-il toutefois reconnu.
Juteux contrats
M. Blair a proposé à Tripoli de «nouvelles relations militaires» et a nommé le général Robin Vincent Searby au poste de coordinateur de la défense avec la Libye.
Cette visite devait également permettre de relancer le partenariat économique entre Londres et Tripoli. Le groupe pétrolier Royal Dutch-Shell a ainsi annoncé hier avoir signé un contrat préliminaire pour la prospection de gaz naturel au large des côtes libyennes. Un porte-parole du premier ministre a précisé que le contrat s'élevait à 200 millions de dollars et qu'il avait une valeur potentielle de un milliard de dollars.
D'autres sociétés britanniques recherchent aussi des accords commerciaux avec la Libye, selon des responsables accompagnant M. Blair. Celui-ci a ainsi déclaré que le groupe d'aéronautique et de défense BAE Systems annoncerait bientôt un gros contrat libyen.
Le ministre libyen des Affaires étrangères a indiqué que son pays, qui réhabilite actuellement ses champs pétroliers, souhaitait voir son quota de production relevé au sein de l'OPEP.
En Grande-Bretagne, des voix se sont élevées pour critiquer le renforcement des liens avec la Libye, longtemps considérée comme un «État voyou».
«Naturellement, il y a toujours un risque», a reconnu Tony Blair mercredi à Lisbonne. Cependant, a-t-il expliqué hier, «nous montrons par notre engagement envers la Libye qu'il est possible pour des pays du monde arabe de travailler avec les États-Unis et la Grande-Bretagne pour défaire l'ennemi commun du terrorisme fanatique et extrémiste conduit par al-Qaïda, pour faire en sorte que nous ayons un monde plus sûr grâce à l'absence d'armes de destruction massive».
Le passif est lourd entre la Grande-Bretagne et la Libye: Muammar Kadhafi a fourni des armes à l'Armée républicaine irlandaise (IRA) dans les années 80, Londres a rompu tout lien diplomatique en 1984 après la mort d'une policière, atteinte par une balle tirée depuis une fenêtre de l'ambassade libyenne à Londres, et 270 personnes sont mortes en 1988 dans l'attentat de Lockerbie (Écosse) impliquant directement Tripoli. Les relations bilatérales ont été rétablies en 1999.
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