Le nouveau leader du Hamas appelle à la vengeance
Les Israéliens «ne connaîtront pas la sécurité», déclare Abdelaziz al-Rantissi
Photo : Agence Reuters
Abdelaziz al-Rantissi est considéré comme le chef de file du courant le plus dur au sein du mouvement islamiste palestinien.
Promesse de liquidation mutuelle. «Nous sommes passés de la défensive à l'offensive et, dans cette bataille, tous les membres de la direction du Hamas sont des cibles», a déclaré hier Tzahi Hanegbi, ministre de la Sécurité intérieure, alors que, à peine désigné, le nouveau leader du Hamas, Abdelaziz al-Rantissi, appelait la branche armée du mouvement à «donner une leçon» à Israël pour venger l'assassinat à Gaza du «chef spirituel» Ahmed Yassine.
«Nous disons aux Brigades Ezzedine al-Qassam: vous devez donner une leçon à l'ennemi. La porte est ouverte devant vous pour frapper en tout lieu et à tout moment et par tous les moyens», a dit Abdelaziz al-Rantissi devant des milliers de sympathisants du Hamas rassemblés dans un stade de Gaza, lors de sa première allocution publique après avoir été porté à la tête du Hamas pour succéder à Yassine. Sitôt nommé, hier soir, il a déclaré que les Israéliens «ne connaîtront pas la sécurité».
Abdelaziz al-Rantissi est considéré comme le chef de file du courant le plus dur au sein de ce mouvement islamiste palestinien. Dans les milieux du Hamas, il passe pour être plus radical encore que ne l'était le cheikh Yassine, si cela est possible. Pédiatre de formation, âgé de 56 ans, M. al-Rantissi est une espèce de miraculé qui a échappé, le 10 juin 2003 à Gaza, à une tentative de liquidation de l'armée israélienne. Il a cofondé le Hamas en décembre 1987 avec le cheikh Yassine.
Au lendemain de la liquidation de Yassine par des tirs de missiles d'hélicoptères de combat, le gouvernement israélien n'était pas moins pugnace, réaffirmant avec fermeté qu'allait se poursuivre la politique, appliquée depuis l'été dernier, de «meurtres ciblés» visant les chefs du mouvement de résistance terroriste, classé désormais «ennemi stratégique d'Israël». Le chef d'état-major israélien, le général Moshé Yaalon, a laissé entendre que Yasser Arafat, président de l'Autorité palestinienne, pourrait aussi être dans la mire de l'État hébreu, tout comme le cheikh Hassan Nasrallah, chef
du Hezbollah libanais. Propos cependant démentis à Washington par le chef de la diplomatie israélienne, Sylvan Shalom, en entrevue à CNN.
Cette crainte était ressentie hier au sein de la population palestinienne. Selon l'analyste palestinien Hani Al-Masri, l'assassinat du cheikh Yassine a été perçu dans les territoires occupés comme une sorte de répétition avant une attaque contre Arafat. «Sauf intervention sérieuse [de la communauté internationale], l'hypothèse de l'assassinat d'Arafat pourrait se concrétiser», croit-il. Le cabinet de sécurité israélien ne cache pas sa volonté, depuis septembre 2003, de se «débarrasser» de M. Arafat, mais il n'est pas encore allé jusqu'à envisager ouvertement de le tuer.
Sur le terrain, des renforts policiers ont été dépêchés dans toutes les villes d'Israël et les forces de sécurité placées en état d'alerte à la suite des menaces de riposte des islamistes. Les territoires palestiniens étaient totalement bouclés pour la deuxième journée consécutive, dans l'espoir que soit empêchée toute infiltration en Israël. Les Israéliens n'étaient pas nombreux hier à se faire d'illusions à ce sujet. Beaucoup, en tout cas, évitaient de prendre l'autobus, cibles de prédilection des kamikazes palestiniens depuis le début de la deuxième intifada, en septembre 2000. Si Israël, ainsi que l'affirmait hier le général Yaalon, veut croire que l'élimination de Yassine «va renforcer à long terme les éléments modérés parmi les Palestiniens», on s'attend à ce que, dans l'immédiat, cela alimente surtout le désir de vengeance du Hamas. C'est aussi le sentiment de l'opinion publique israélienne, indiquait hier un sondage mené par le quotidien Yediot Aharonot: 60 % des répondants ont approuvé l'assassinat, tout en estimant dans une proportion de 81 % qu'il déboucherait sur une augmentation des «attaques terroristes».
«Ils se trompent, ceux qui pensent que les missiles qui ont éliminé Yassine élimineront également le Hamas», écrivait lundi, dans le journal Maariv, un spécialiste des mouvements islamistes, Reuven Paz. Sans compter, dit-il, que «l'Autorité palestinienne, dont les Palestiniens sont très critiques, sera gravement affectée — cet assassinat va favoriser la montée du Hamas même au sein de la majorité silencieuse.»
La rue et les gouvernements arabes n'ont pas décoléré hier. Des manifestations ont eu lieu en Égypte, en Libye, en Jordanie et au Yémen. Des milliers d'Arabes israéliens ont également défilé à Nazareth. La colère est particulièrement vive à l'égard des États-Unis, qui se sont abstenus de condamner clairement l'assassinat. «La perception dans la région est que les États-Unis ont au minimum donné le feu vert» à la liquidation de Yassine, a affirmé à l'AFP Amy Hawthorne, spécialiste de la politique américaine au Proche-Orient à la Carnegie Endowment for International Peace, à Washington. La nouveauté, dit-elle, «c'est que le Hamas incrimine déjà les États-Unis dans cet assassinat, ce qui constitue un développement très sérieux et très négatif pour l'administration Bush». À son avis, les efforts des États-Unis pour présenter la guerre d'Irak comme un facteur de démocratisation du Proche-Orient ne s'en trouveront que moins crédibles.
Questionné par des journalistes, le président George W. Bush a affirmé hier qu'Israël avait «le droit de se défendre face au terrorisme», mais qu'il devait «prendre en compte les conséquences de ses actions».
Avec l'Agence France-Presse
«Nous disons aux Brigades Ezzedine al-Qassam: vous devez donner une leçon à l'ennemi. La porte est ouverte devant vous pour frapper en tout lieu et à tout moment et par tous les moyens», a dit Abdelaziz al-Rantissi devant des milliers de sympathisants du Hamas rassemblés dans un stade de Gaza, lors de sa première allocution publique après avoir été porté à la tête du Hamas pour succéder à Yassine. Sitôt nommé, hier soir, il a déclaré que les Israéliens «ne connaîtront pas la sécurité».
Abdelaziz al-Rantissi est considéré comme le chef de file du courant le plus dur au sein de ce mouvement islamiste palestinien. Dans les milieux du Hamas, il passe pour être plus radical encore que ne l'était le cheikh Yassine, si cela est possible. Pédiatre de formation, âgé de 56 ans, M. al-Rantissi est une espèce de miraculé qui a échappé, le 10 juin 2003 à Gaza, à une tentative de liquidation de l'armée israélienne. Il a cofondé le Hamas en décembre 1987 avec le cheikh Yassine.
Au lendemain de la liquidation de Yassine par des tirs de missiles d'hélicoptères de combat, le gouvernement israélien n'était pas moins pugnace, réaffirmant avec fermeté qu'allait se poursuivre la politique, appliquée depuis l'été dernier, de «meurtres ciblés» visant les chefs du mouvement de résistance terroriste, classé désormais «ennemi stratégique d'Israël». Le chef d'état-major israélien, le général Moshé Yaalon, a laissé entendre que Yasser Arafat, président de l'Autorité palestinienne, pourrait aussi être dans la mire de l'État hébreu, tout comme le cheikh Hassan Nasrallah, chef
du Hezbollah libanais. Propos cependant démentis à Washington par le chef de la diplomatie israélienne, Sylvan Shalom, en entrevue à CNN.
Cette crainte était ressentie hier au sein de la population palestinienne. Selon l'analyste palestinien Hani Al-Masri, l'assassinat du cheikh Yassine a été perçu dans les territoires occupés comme une sorte de répétition avant une attaque contre Arafat. «Sauf intervention sérieuse [de la communauté internationale], l'hypothèse de l'assassinat d'Arafat pourrait se concrétiser», croit-il. Le cabinet de sécurité israélien ne cache pas sa volonté, depuis septembre 2003, de se «débarrasser» de M. Arafat, mais il n'est pas encore allé jusqu'à envisager ouvertement de le tuer.
Sur le terrain, des renforts policiers ont été dépêchés dans toutes les villes d'Israël et les forces de sécurité placées en état d'alerte à la suite des menaces de riposte des islamistes. Les territoires palestiniens étaient totalement bouclés pour la deuxième journée consécutive, dans l'espoir que soit empêchée toute infiltration en Israël. Les Israéliens n'étaient pas nombreux hier à se faire d'illusions à ce sujet. Beaucoup, en tout cas, évitaient de prendre l'autobus, cibles de prédilection des kamikazes palestiniens depuis le début de la deuxième intifada, en septembre 2000. Si Israël, ainsi que l'affirmait hier le général Yaalon, veut croire que l'élimination de Yassine «va renforcer à long terme les éléments modérés parmi les Palestiniens», on s'attend à ce que, dans l'immédiat, cela alimente surtout le désir de vengeance du Hamas. C'est aussi le sentiment de l'opinion publique israélienne, indiquait hier un sondage mené par le quotidien Yediot Aharonot: 60 % des répondants ont approuvé l'assassinat, tout en estimant dans une proportion de 81 % qu'il déboucherait sur une augmentation des «attaques terroristes».
«Ils se trompent, ceux qui pensent que les missiles qui ont éliminé Yassine élimineront également le Hamas», écrivait lundi, dans le journal Maariv, un spécialiste des mouvements islamistes, Reuven Paz. Sans compter, dit-il, que «l'Autorité palestinienne, dont les Palestiniens sont très critiques, sera gravement affectée — cet assassinat va favoriser la montée du Hamas même au sein de la majorité silencieuse.»
La rue et les gouvernements arabes n'ont pas décoléré hier. Des manifestations ont eu lieu en Égypte, en Libye, en Jordanie et au Yémen. Des milliers d'Arabes israéliens ont également défilé à Nazareth. La colère est particulièrement vive à l'égard des États-Unis, qui se sont abstenus de condamner clairement l'assassinat. «La perception dans la région est que les États-Unis ont au minimum donné le feu vert» à la liquidation de Yassine, a affirmé à l'AFP Amy Hawthorne, spécialiste de la politique américaine au Proche-Orient à la Carnegie Endowment for International Peace, à Washington. La nouveauté, dit-elle, «c'est que le Hamas incrimine déjà les États-Unis dans cet assassinat, ce qui constitue un développement très sérieux et très négatif pour l'administration Bush». À son avis, les efforts des États-Unis pour présenter la guerre d'Irak comme un facteur de démocratisation du Proche-Orient ne s'en trouveront que moins crédibles.
Questionné par des journalistes, le président George W. Bush a affirmé hier qu'Israël avait «le droit de se défendre face au terrorisme», mais qu'il devait «prendre en compte les conséquences de ses actions».
Avec l'Agence France-Presse
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