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    Iran

    En Iran, Rohani forme un cabinet sans femmes

    9 août 2017 | Siavosh Ghazi - Agence France-Presse à Téhéran | Actualités internationales
    Sur les réseaux sociaux, les critiques se sont multipliées contre le président de l'Iran, Hassan Rohani, un religieux modéré, accusé de ne pas avoir tenu ses promesses électorales d’accorder plus de place aux femmes, aux jeunes et aux minorités.
    Photo: Vahid Salemi Associated Press Sur les réseaux sociaux, les critiques se sont multipliées contre le président de l'Iran, Hassan Rohani, un religieux modéré, accusé de ne pas avoir tenu ses promesses électorales d’accorder plus de place aux femmes, aux jeunes et aux minorités.

    Le président iranien réélu, Hassan Rohani, a présenté mardi au Parlement 17 des 18 membres de son prochain gouvernement, composé de ministres plutôt âgés et sans aucune femme, s’attirant les critiques notamment des réformateurs qui l’ont soutenu durant sa campagne.

     

    Chaque ministre doit obtenir individuellement la confiance du Parlement, qui commencera à voter dans une semaine. La liste présentée ne comprend pas le nom de la personne proposée pour le ministère de l’Éducation supérieure.

     

    « L’absence de femmes à des postes ministériels est une manière de faire du surplace », a déclaré au quotidien Etemad la vice-présidente sortante, Shahindokht Mollaverdi. Il y a encore quelques semaines, elle avait affirmé espérer « deux ou trois ministres femmes ».

     

    Réélu en mai, le président envisage, selon ses proches, de nommer plusieurs vice-présidentes, postes qui ne requièrent pas un vote de confiance du Parlement. Le gouvernement sortant comprenait déjà trois vice-présidentes, mais aucune ministre femme.

     

    Sur les réseaux sociaux, les critiques se sont multipliées contre M. Rohani, un religieux modéré, accusé de ne pas avoir tenu ses promesses électorales d’accorder plus de place aux femmes, aux jeunes et aux minorités.

     

    « Félicitations pour la nomination massive de sunnites [qui forment moins de 10 % de la population], de femmes et de jeunes dans le gouvernement », a ironisé dans un tweet Hossein Dehbashi, actif dans la campagne de M. Rohani en 2013, mais qui a multiplié les critiques ces dernières années contre lui.

     

    De son côté, Mohammad Karoubi, fils de Mehdi Karoubi, l’un des leaders de l’opposition en résidence surveillée depuis six ans, a affirmé sur Twitter : « Le message de la population lors des deux dernières élections ne se reflète que très peu dans le gouvernement proposé. » « À quoi rime de parler d’égalité et d’ignorer les femmes et les minorités religieuses ? » a-t-il ajouté.

     

    Le nouveau gouvernement compte peu de changements. Le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, et le ministre du Pétrole, Bijan Zanganeh, conservent leurs postes. En revanche, à la tête du ministère de la Défense, le général Hossein Dehghan cède sa place à son adjoint, le général Amir Hatami, issu — pour la première fois en 20 ans — de l’armée régulière et non des Gardiens de la révolution, son corps d’élite.

     

    Les ministres de la Défense, des Renseignements et des Affaires étrangères sont nommés en coordination avec le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, qui a le dernier mot dans la politique iranienne. Le Bureau du guide a officiellement rappelé en juillet cette règle en raison de ses devoirs « en matière de politique étrangère et de défense prévus par la Constitution ».

     

    L’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad (2005-2013) avait été le seul président depuis la révolution islamique de 1979 à nommer une femme dans le gouvernement lors de son second mandat. Marzieh Dastjerdi avait occupé le poste de ministre de la Santé entre 2009 et 2013.

     

    Les réformateurs avaient aussi réclamé un rajeunissement du cabinet. Le gouvernement sortant était déjà le plus vieux depuis 1979. Le président est lui-même âgé de 68 ans.













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