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    Le Maroc interdit une marche prévue jeudi à Al-Hoceïma

    La région du Rif est secouée par un mouvement de contestation qui ne s’essouffle pas

    Des partisans du mouvement «hirak» lors d'une manifestation à Imzouren, près d'Al-Hoceïma, en juin
    Photo: Fadel Senna Agence France-Presse Des partisans du mouvement «hirak» lors d'une manifestation à Imzouren, près d'Al-Hoceïma, en juin

    Rabat — Les autorités marocaines ont interdit lundi une manifestation prévue jeudi à Al-Hoceïma, épicentre d’un mouvement de contestation qui secoue depuis neuf mois la région du Rif, dans le nord du Maroc.

     

    « Il a été décidé de ne pas autoriser la tenue de cette marche », indique dans un communiqué la préfecture locale, selon l’agence de presse MAP.

     

    Cet appel à manifester avait été lancé par Nasser Zefzafi, le leader du « hirak » (« la mouvance », nom donné localement au mouvement de contestation), avant son arrestation fin mai par la police.

     

    Si la quasi-totalité des figures de la protestation ont été arrêtées depuis, l’appel à manifester a cependant continué à être relayé par les réseaux sociaux.

     

    « Les autorités locales n’ont reçu aucune déclaration » de manifestation, a justifié la préfecture.

     

    La marche « est de nature à porter atteinte au droit de la population à un climat sécuritaire sain », a-t-elle ajouté.

     

    La préfecture a appelé « les organisateurs potentiels à se conformer à cette décision » et prévenu que « toutes les mesures nécessaires » avaient été prises pour son application.

     

    Pour le développement

     

    Selon ses organisateurs, cette « marche pacifique » était organisée notamment pour exiger la « libération » des prisonniers du « hirak », protester « contre la répression » et « maintenir le combat populaire contre le makhzen [pouvoir] ».

     

    Elle était prévue alors que de nombreux Rifains résidant en Europe, qui affichent un fort soutien au « hirak », sont de retour au pays pour les vacances.

     

    Depuis la mort fin octobre 2016 d’un vendeur de poisson, broyé accidentellement dans une benne à ordures, la province d’Al-Hoceïma a été le théâtre de nombreuses manifestations pour exiger le développement d’une région historiquement frondeuse, que ses habitants jugent marginalisée.

     

    La relance par l’État d’un vaste plan d’investissements et de chantiers d’infrastructures n’a toutefois pas suffi à désamorcer la colère.

     

    Arrestations

     

    Le mois de mai a été marqué par l’arrestation des figures du mouvement. Des heurts se sont également multipliés avec les policiers qui ont empêché tout rassemblement.

     

    La tension est retombée d’un cran en juillet avec le retrait des policiers de lieux publics emblématiques à Al-Hoceïma, une mesure décidée en signe d’apaisement, selon les autorités locales.

     

    Mais le mouvement perdure, avec la poursuite d’attroupements improvisés de jeunes sur les plages.

     

    Selon un dernier bilan officiel, 176 personnes ont été placées en détention préventive. Cent-vingt sont actuellement jugées, dont certaines en liberté provisoire. Des peines allant jusqu’à 20 mois de prison ont été déjà prononcées en première instance.













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