Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Idées

    Les accords sino-russes, un contrepoids oriental

    7 juillet 2017 | Lucie France Dagenais - Sociologue au sein de l’Observatoire de l’Eurasie de l’Université du Québec à Montréal | Actualités internationales
    Les présidents chinois et russe, Xi Jinping et Vladimir Poutine, au Kremlin, le 4 juillet dernier
    Photo: Mikhail Klimentyev Associated Press Les présidents chinois et russe, Xi Jinping et Vladimir Poutine, au Kremlin, le 4 juillet dernier

    À Moscou vient de s’achever, le 4 juillet dernier, une ronde de négociations entre des représentants chinois et russes. Les présidents Xi Jinping et Vladimir Poutine ont discuté des liens bilatéraux et de l’avenir de leur pays. Les récents accords qui recouvrent avant tout des questions économiques s’élèvent à plusieurs milliards de dollars. Ils confirment toujours davantage l’orientation eurasiatique commune de la Russie et de la Chine visant sans doute à faire contrepoids aux relations avec l’Europe.

     

    Les accords de coopération signés couvrent de nombreux domaines, au centre desquels les questions énergétiques trônent. Par exemple, un projet de livraison de gaz russe à la Chine appelé « Force de Sibérie » doit entrer en vigueur avant décembre 2019. La Chine est le premier partenaire de la Russie dans les domaines de l’énergie et de l’aéronautique. Outre le domaine énergétique, ces accords prévoient la coopération en matière nucléaire, en haute technologie, en informatique, en transport aérien, sans parler d’un projet d’autoroute vers la Chine.

     

    De plus, la coopération Chine-Russie pour la « Route de la soie » doit se matérialiser dans le cadre du partenariat eurasien visant à la fois un développement local et mondial, selon les voeux du président Xi Jinping. Les échanges de capitaux, en croissance de 20 % en 2016, s’élèveront davantage en 2017, selon le président Poutine. Des fonds de développement communs profiteront ainsi d’une double devise et d’une double monnaie. Vladimir Poutine annonce également la création d’une troisième chaîne de télévision russe, appelée Katioucha, à destination du public chinois.

     

    De même, des programmes d’échanges via la première université russo-chinoise pourront rejoindre jusqu’à 5000 étudiants. Comme la Chine est la seconde destination des touristes russes, des accords ont également été signés dans ce domaine.

     

    Coopération

     

    En politique internationale, les échanges de vues sino-russes ont été salués, ainsi que le partage de nombreux points d’accord, notamment sur la crise syrienne et l’Iran. En revanche, peu de détails précis ont filtré quant à une position commune sino-russe sur la question nucléaire en Corée du Nord dans le contexte d’escalade et de tensions dans la région.

     

    À l’occasion de sa troisième visite d’État à Moscou, le président chinois, décoré de la médaille de l’Ordre de Saint-André, souligne la force pour Pékin de ce signe d’amitié. Il fait également remarquer que les nombreuses rencontres avec son homologue russe sont un gage de la qualité des relations entre Moscou et Pékin.

     

    En outre, la signature du nombre important de leurs accords poursuit la dynamique de coopération sino-russe dans tous les domaines. La déclaration commune et un traité de « bon voisinage » (2017-2020) entre les deux puissances ont aussi fait l’objet de ratifications entre les parties. Toutes ces dispositions font office de moteur de développement pour la Chine comme pour la Russie en favorisant la poursuite de la paix dans le monde, aujourd’hui marqué par les conflits, comme le précise le président chinois.

     

    Ce dialogue ouvert depuis plusieurs années entre la Chine et la Russie, jugé du « meilleur niveau dans l’Histoire » pour les Chinois, consolide en fait un processus dans les relations internationales en Eurasie. Il a pour fonction d’intensifier toujours davantage à l’Est la place pivot recherchée par la Russie afin de parvenir à créer un contrepoids aux relations difficiles avec l’Europe.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.