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    Le Brésil craint un afflux massif d’immigrés vénézuéliens

    Des militants de l'opposition brandissent des bougies pour protester contre la mort de 43 personnes lors des affrontements avec la police pendant des semaines de manifestations contre le gouvernement vénézuélien de Nicolas Maduro, à Caracas.
    Photo: Juan Barreto Agence France-Presse Des militants de l'opposition brandissent des bougies pour protester contre la mort de 43 personnes lors des affrontements avec la police pendant des semaines de manifestations contre le gouvernement vénézuélien de Nicolas Maduro, à Caracas.

    Brasília — Le ministre de la Défense du Brésil, Raul Jungmann, a affirmé mercredi qu’il se préparait à un possible afflux massif d’immigrés en provenance du Venezuela en cas d’aggravation du conflit politique et social qui secoue le pays voisin.

     

    « Il faut espérer que les choses s’amélioreront, mais nous devons nous préparer au cas où elles se détérioreront », a expliqué le ministre lors d’une rencontre avec des journalistes étrangers. « Une dégradation de la situation impliquerait une pression migratoire et nous avons besoin des structures nécessaires pour accueillir toutes ces personnes », a-t-il souligné.

     

    Selon lui, la crise vénézuélienne, accentuée par une vague de contestation qui a fait plus de 40 morts en six semaines, est un facteur d’instabilité pour toute la région. Elle a motivé de nombreuses discussions entre les responsables de sécurité de plusieurs pays latino-américains.

     

    Depuis le début de cette crise, de 6000 à 8000 Vénézuéliens traversent chaque jour la frontière brésilienne, d’une étendue de 2200 km, alors que le flux migratoire était insignifiant auparavant, a révélé M. Jungmann. Plus de 1800 demandes d’asile ont été déposées l’année dernière, contre une seule en 2010.

     

    Le conflit actuel pourrait provoquer la migration de 2,5 millions de personnes, la plupart vers la Colombie, prévoit M. Jungmann, citant une recherche universitaire. « Cela donne une idée d’à quel point nous sommes inquiets », a conclu le ministre.

     

    « Crise humanitaire »

     

    L’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, a affirmé mercredi que le Venezuela se trouvait « au bord de la crise humanitaire ».

     

    Une déclaration motivée entre autres par l’annonce du président vénézuélien, Nicolas Maduro, du déploiement de 2600 militaires dans l’État de Tachira, près de la frontière colombienne, après des pillages et attaques contre des installations de la police et de l’armée.

     

    Par ailleurs, M. Jungmann a annoncé mercredi que l’ambassadeur du Brésil au Venezuela reprendra ses fonctions à Caracas lundi prochain, neuf mois après avoir été rappelé en raison de tensions liées à la destitution de la présidente Dilma Rousseff (gauche), remplacée par le conservateur Michel Temer.

     

    Cette décision, qui n’a pas encore été confirmée officiellement, est considérée par le ministre comme un « signe de bonne volonté » de la part du Brésil, qui se dit prêt à « contribuer à la médiation » du conflit vénézuélien.

    Mort d’un manifestant de 15 ans Un jeune manifestant vénézuélien de 15 ans est décédé mercredi dans l’État de Tachira, secoué par des violences et des pillages, portant à 43 le bilan des morts depuis début avril, a annoncé le parquet. Ce bilan, qui survient dans un contexte de violente crise économique et politique, égale celui des marches de 2014 contre le président socialiste Nicolas Maduro, qui avaient fait officiellement 43 morts. En soirée, mercredi, deux manifestations d’opposants ont été organisées à Caracas, en mémoire des victimes des précédents rassemblements, qui ont fait aussi des centaines de blessés.












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