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    Choléra au Yémen

    Choléra au Yémen: une situation préoccupante

    17 mai 2017 |Cécile Brajeul - Libération | Actualités internationales
    Un enfant yéménite soupçonné d’être infecté reçoit un traitement dans un hôpital de Sanaa.
    Photo: Mohammed Huwais Agence France-Presse Un enfant yéménite soupçonné d’être infecté reçoit un traitement dans un hôpital de Sanaa.

    L’épidémie de choléra qui sévit depuis deux semaines au Yémen en guerre s’est propagée à la quasi-totalité du territoire. Les autorités ont recensé plus d’une centaine de morts et 20 000 cas suspects. Une situation inédite dans ce pays qui n’a connu que peu d’épisodes de la maladie. Caroline Seguin, responsable adjointe du Moyen-Orient pour Médecins sans frontières, tire la sonnette d’alarme.

     


    Le nombre de victimes a triplé en une semaine, comment évaluez-vous la situation ?

     

    La propagation rapide vers le nord et le sud a pris au dépourvu les autorités comme les ONG. La baisse draconienne du niveau de vie de la population induit une diminution du niveau d’hygiène. Mais nous ne nous expliquons toujours pas ce qui a pu favoriser cette dissémination massive. La plupart des Yéménites n’ont jamais été exposés au risque de contamination du choléra. Certains paniquent et fuient les zones contaminées.

     

    Quelles mesures ont été prises ?

     

    Une force opérationnelle à Sanaa, menée par les autorités yéménites et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), s’est constituée pour déterminer une stratégie de lutte. Elle implique évidemment les ONG internationales. Malgré ce dispositif, les prochaines semaines vont être critiques. Le pic n’est pas encore atteint. L’approvisionnement en produits pharmaceutiques est un enjeu majeur. L’OMS ne dispose que d’un stock limité. Les frais liés à cet approvisionnement sont exorbitants. Il faut encore généraliser les points de chloration de l’eau ou fournir des kits de décontamination, et mettre en place des points de lavage des mains.

     

    La situation peut-elle se dégrader ?

     

    Elle pourrait se détériorer très rapidement, et tout particulièrement dans les zones dont l’accès est difficile. L’offre de soins a diminué. Beaucoup de structures de santé ont été détruites par les bombardements ou désertées par le personnel dont les salaires ne sont plus versés depuis octobre. Le niveau d’hygiène pourrait aussi participer à la prolifération des cas. La grève des éboueurs la semaine dernière a fragilisé une situation déjà précaire. Nous ne sommes, en outre, pas sûrs que le protocole des funérailles soit scrupuleusement respecté.

     

    La saison des pluies peut-elle jouer ?

     

    C’est une préoccupation majeure. Les pluies augmentent le risque de contamination des nappes phréatiques. Nous avons aussi observé une recrudescence du paludisme et la dégradation de l’état nutritionnel des populations en période pluvieuse. Le ramadan pourrait aussi favoriser la transmission.













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