Il y a 400 ans en terra incognita
Vieille carte du Québec
Sur l’Île Sainte-Croix, sise au sud-ouest de l’actuel Nouveau-Brunswick, Champlain et ses 80 compagnons jettent en 1604 les fondations du premier établissement français dans ce territoire situé au nord d’un continent qui aura un jour pour nom l’Amérique
La Francophonie, c’est d’abord le fait d’une langue, la française. C’est aussi un outil économique, politique et culturel. Le 20 mars, Journée internationale de la Francophonie, les francophones affichent leur différence. Dans le concert des nations, la voix francophone se fait d’ailleurs souvent entendre pour prêcher la différence.
Ainsi, face à l’ouverture des marchés, en ces jours de mondialisation, c’est la Francophonie en premier lieu qui prêche et prône une politique basée sur le respect de la «diversité culturelle». Sur ce sujet, les francophones américains s’entendent, et toute la politique canadienne est teintée par un tel discours: l’ancienne ministre Copps n’a-t-elle point, en janvier dernier, organisé à Paris un forum portant sur les outils à se donner pour promouvoir une culture dont le critère premier ne serait pas la seule rentabilité économique?
«Il faut parler, discuter de ces questions, ne pas hésiter à en débattre, déclare ainsi la vice-première ministre du Québec et ministre responsable de la Francophonie, Monique Gagnon-Tremblay. La Francophonie se porte bien. Elle s’exprime de différentes façons, par sa langue en premier lieu, mais aussi par les gestes que l’on peut poser pour aider les pays qui ont plus de difficultés. Dans un contexte de mondialisation, elle joue un rôle de premier plan. Elle doit s’exprimer par la solidarité.»
Quand une planète est devenue anglophone — le réseau Internet agissant comme fer de lance pour l’établissement d’un langage commun et s’appuyant pour cela sur une industrie audiovisuelle soumise au mode américain —, la voix minoritaire doit trouver d’autres canaux. La culture et l’éducation sont alors des terreaux naturels. Et l’Agence universitaire de la Francophonie y gagne en importance, elle qui peut aujourd’hui se glorifier de rejoindre près de 500 organismes distribués dans 54 pays, tous les continents étant d’ailleurs représentés dans un tel catalogue. Car un dernier pays et non des moindres, la Chine, déposait récemment sa demande d’inscription, après avoir dans le passé profité de la tenue sur son sol de divers programmes de formation donnés par des professeurs venant d’institutions francophones.
Éducation
En outre, tout le monde universitaire insiste sur la nécessité d’une politique d’échanges et de débordement des pratiques à l’extérieur des cadres de l’institution. Au Québec francophone, Laval, l’UQAM, Sherbrooke, Montréal, pour ne nommer que celles-là, sont des universités qui prêchent l’internationalisation du savoir et, pour ce faire, ouvrent leurs portes aux étudiants venus d’ailleurs tout en favorisant des enseignements hors campus.
À l’échelle canadienne, une telle politique défendue dans le passé explique peut-être qu’il y ait toujours au Canada, hors Québec et hors Acadie, une culture française agissante: sans l’Université Laurentienne et autres collèges et institutions francophones, qu’en serait-il de la vie française une fois franchie la rivière Outaouais? Les chaînes TV5 et SRC suffiraient-elles à la tâche?
Par contre, dans un lieu donné — le Québec en étant un exemple —, face à la dégradation des langues parlées, il s’en trouvera plusieurs pour déplorer l’état de la langue. Le problème est d’ailleurs universel, l’Amérique anglophone déplorant elle aussi la baisse de niveau dans l’emploi de son idiome.
Recul ou non, à ce jour, le français et son utilisation demeurent le signe d’une différence. Au Québec, son emploi et sa défense sont des outils d’affirmation nationale.
Pour ce qui est du premier projet francophone américain, Champlain, à la fin de 1604, après être déjà venu à Tadoussac en mai 1603, allait repartir. Pour revenir l’année suivante. Avec l’implantation de Port-Royal, en 1605, allait vraiment débuter la colonisation française de l’Amérique et se bâtir ce qui sera un jour la Nouvelle-France, plus tard l’Acadie et le Québec, la Louisiane et le Canada. Pour le malheur peut-être des Bush et autres tenants d’une politique étroite par sa seule saveur économique.
La Francophonie, c’est d’abord le fait d’une langue, la française. C’est aussi un outil économique, politique et culturel. Le 20 mars, Journée internationale de la Francophonie, les francophones affichent leur différence. Dans le concert des nations, la voix francophone se fait d’ailleurs souvent entendre pour prêcher la différence.
Ainsi, face à l’ouverture des marchés, en ces jours de mondialisation, c’est la Francophonie en premier lieu qui prêche et prône une politique basée sur le respect de la «diversité culturelle». Sur ce sujet, les francophones américains s’entendent, et toute la politique canadienne est teintée par un tel discours: l’ancienne ministre Copps n’a-t-elle point, en janvier dernier, organisé à Paris un forum portant sur les outils à se donner pour promouvoir une culture dont le critère premier ne serait pas la seule rentabilité économique?
«Il faut parler, discuter de ces questions, ne pas hésiter à en débattre, déclare ainsi la vice-première ministre du Québec et ministre responsable de la Francophonie, Monique Gagnon-Tremblay. La Francophonie se porte bien. Elle s’exprime de différentes façons, par sa langue en premier lieu, mais aussi par les gestes que l’on peut poser pour aider les pays qui ont plus de difficultés. Dans un contexte de mondialisation, elle joue un rôle de premier plan. Elle doit s’exprimer par la solidarité.»
Quand une planète est devenue anglophone — le réseau Internet agissant comme fer de lance pour l’établissement d’un langage commun et s’appuyant pour cela sur une industrie audiovisuelle soumise au mode américain —, la voix minoritaire doit trouver d’autres canaux. La culture et l’éducation sont alors des terreaux naturels. Et l’Agence universitaire de la Francophonie y gagne en importance, elle qui peut aujourd’hui se glorifier de rejoindre près de 500 organismes distribués dans 54 pays, tous les continents étant d’ailleurs représentés dans un tel catalogue. Car un dernier pays et non des moindres, la Chine, déposait récemment sa demande d’inscription, après avoir dans le passé profité de la tenue sur son sol de divers programmes de formation donnés par des professeurs venant d’institutions francophones.
Éducation
En outre, tout le monde universitaire insiste sur la nécessité d’une politique d’échanges et de débordement des pratiques à l’extérieur des cadres de l’institution. Au Québec francophone, Laval, l’UQAM, Sherbrooke, Montréal, pour ne nommer que celles-là, sont des universités qui prêchent l’internationalisation du savoir et, pour ce faire, ouvrent leurs portes aux étudiants venus d’ailleurs tout en favorisant des enseignements hors campus.
À l’échelle canadienne, une telle politique défendue dans le passé explique peut-être qu’il y ait toujours au Canada, hors Québec et hors Acadie, une culture française agissante: sans l’Université Laurentienne et autres collèges et institutions francophones, qu’en serait-il de la vie française une fois franchie la rivière Outaouais? Les chaînes TV5 et SRC suffiraient-elles à la tâche?
Par contre, dans un lieu donné — le Québec en étant un exemple —, face à la dégradation des langues parlées, il s’en trouvera plusieurs pour déplorer l’état de la langue. Le problème est d’ailleurs universel, l’Amérique anglophone déplorant elle aussi la baisse de niveau dans l’emploi de son idiome.
Recul ou non, à ce jour, le français et son utilisation demeurent le signe d’une différence. Au Québec, son emploi et sa défense sont des outils d’affirmation nationale.
Pour ce qui est du premier projet francophone américain, Champlain, à la fin de 1604, après être déjà venu à Tadoussac en mai 1603, allait repartir. Pour revenir l’année suivante. Avec l’implantation de Port-Royal, en 1605, allait vraiment débuter la colonisation française de l’Amérique et se bâtir ce qui sera un jour la Nouvelle-France, plus tard l’Acadie et le Québec, la Louisiane et le Canada. Pour le malheur peut-être des Bush et autres tenants d’une politique étroite par sa seule saveur économique.
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