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    Escalade verbale entre Washington et Pyongyang

    Les États-Unis et la Corée du Nord ont multiplié les démonstrations de force

    15 avril 2017 | Améli Pineda - Avec l’Agence France-Presse | Actualités internationales
    Des camions militaires se déplacent dans une rue de Pyongyang en prévision du défilé qui aura lieu ce samedi à l’occasion du 105e anniversaire de la naissance du fondateur de la Corée du Nord.
    Photo: Ed Jones Agence France-Presse Des camions militaires se déplacent dans une rue de Pyongyang en prévision du défilé qui aura lieu ce samedi à l’occasion du 105e anniversaire de la naissance du fondateur de la Corée du Nord.

    La fin de semaine sera sous haute tension en Asie : après une escalade de menaces entre les États-Unis et la Corée du Nord, les deux pays font étalage de leur force militaire.

     

    Après avoir ordonné des frappes en Syrie et s’être félicité d’avoir largué la « mère de toutes les bombes » contre le groupe État islamique en Afghanistan, le président américain, Donald Trump, s’est dit prêt à « régler le problème » de la Corée du Nord.

     

    Samedi, à l’occasion du 105e anniversaire de la naissance de Kim Il-sung, premier dirigeant du pays, le leader coréen, Kim Jong-un, pourrait procéder à un nouveau tir de missile balistique ou même à son sixième essai nucléaire, tous deux interdits par la communauté internationale.

     

    Selon les analystes de 38 North, un site Internet qui fait autorité sur le régime communiste et qui s’appuie sur plusieurs images satellites récentes, le site d’essais nucléaires de Punggye-ri est « amorcé et prêt » à servir.

     

    « Il y a toujours eu des tensions entre les deux pays, mais l’escalade de menaces et de provocations dans les dernières heures laisse tout le monde dans l’incertitude quant à l’éclatement d’un conflit à tout moment », souligne Gérard Hervouet, directeur du groupe d’études de l’Asie contemporaine de l’Institut des hautes études internationales de l’Université Laval.

     

    Le porte-avions américain Carl Vinson, escorté de trois navires lance-missiles, a été envoyé dans la péninsule coréenne.

     

    Cette « armada », qui comprendrait de 70 à 80 avions ou hélicoptères, dont une cinquantaine d’avions de combat, est prête à répliquer à toute « provocation » de la Corée du Nord, a prévenu le président Trump.

     

    « Avec les récentes frappes américaines, le message envoyé à la Corée du Nord est clair. Un tir de leur part provoquerait une guerre », mentionne Benoît Hardy-Chartrand, spécialiste de l’Asie du Nord-Est au Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale.

     

    La Corée du Nord a promis de répondre à l’envoi « insensé » de ce groupe aéronaval, se disant prête pour la « guerre ». L’armée coréenne soutient que les bases américaines en Corée du Sud, « tout comme les quartiers généraux du Mal » tels que la présidence sud-coréenne à Séoul, seraient « pulvérisées en quelques minutes » en cas de conflit.

     

    Les spécialistes doutent toutefois que la Corée du Nord décide d’aller de l’avant avec une telle attaque.

     

    « Larguer un missile ou la bombe nucléaire dans les conditions actuelles n’avantagerait pas la Corée du Nord. Elle a en ce moment entre les mains un revolver à un coup. La réplique américaine se ferait sentir rapidement, et les pertes seraient plus importantes pour la Corée du Nord puisqu’elle ne possède pas assez de ressources pour un faire face à un long conflit », indique M. Hervouet.

     

    La Chine, médiateur

     

    Considérée comme le plus proche allié de la Corée du Nord, la Chine a envoyé un signal de désapprobation du programme nucléaire du régime coréen de Kim Jong-un.

     

    Elle a annoncé que tous les vols de la compagnie aérienne Air China entre Pékin et Pyongyang seront suspendus à partir de lundi.

     

    « La Chine a le rôle du pays médiateur et elle est exaspérée par la Corée du Nord. Elle a commencé à poser des gestes de représailles parce qu’elle ne veut pas que le régime de Kim Jung-un continue à avancer dans la voie du nucléaire », explique M. Hardy-Chartrand.

     

    Dans les derniers mois, la Chine a notamment cessé l’importation de charbon.

     

    « C’est un geste important, mais si elle souhaite donner un avertissement plus ferme elle devra avoir des mesures qui montrent sa désapprobation de l’attitude de la Corée du Nord. On pourrait penser à une surveillance aérienne ou encore à l’entrée de l’armée chinoise sur une partie du territoire nord-coréen », dit M. Hervouet.

     

    Pékin plaide depuis plusieurs semaines pour une solution dite de « suspension contre suspension » : Pyongyang doit interrompre ses activités nucléaires et balistiques, et Washington ses exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, des manoeuvres annuelles considérées par le Nord comme une provocation.

     

    La Chine, qui estime qu’un « conflit peut éclater à tout moment », croit que « le dialogue est la seule issue », a dit le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, lors d’un point de presse à Pékin. « Le vainqueur ne sera pas celui qui tient les propos les plus durs ou qui montre le plus ses muscles », a réagi vendredi Wang Yi, sans citer explicitement les initiatives américaines. « Si une guerre a lieu, le résultat sera une situation dont personne ne sortira vainqueur. »

     

    Se disant « très inquiète », la Russie a aussi appelé toutes les parties à la « retenue » et mis en garde contre « toute action qui pourrait être interprétée comme une provocation ».

     

    Le vice-président américain, Mike Pence, doit se rendre ce week-end en visite officielle en Corée du Sud.

     

    Au moment d’écrire ces lignes, des unités militaires étaient déjà massées à Pyongyang en vue d’une démonstration de force du régime nord-coréen pour les festivités de l’anniversaire de la naissance de Kim Il-sung. Des centaines de camions à plateau remplis de soldats étaient ainsi alignés peu avant l’aube le long des rives du Taedong, le fleuve qui traverse la capitale nord-coréenne, en vue d’un défilé à travers la ville.













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