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    Trump attaque Berlin sur ses dépenses militaires

    18 mars 2017 | Christophe Vogt - Agence France-Presse à Washington | Actualités internationales
    Le président Trump a affirmé avoir eu une «EXCELLENTE» rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel.
    Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse Le président Trump a affirmé avoir eu une «EXCELLENTE» rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel.
    Le président américain Donald Trump s’est livré à une diatribe contre l’Allemagne samedi affirmant que Berlin devait payer plus pour profiter du parapluie protecteur de l’OTAN et de Washington. 

    L’Allemagne «doit d’énormes sommes d’argent» à l’OTAN et aux États-Unis qui lui «fournissent une défense très puissante et très coûteuse», a tweeté le président moins de 24 heures après sa première rencontre en personne avec la chancelière allemande Angela Merkel à la Maison-Blanche.

    Dans deux tweets, le président américain écrit que «l’Allemagne doit d’énormes sommes d’argent à l’OTAN et les États-Unis doivent être plus payés pour la défense très puissante et très coûteuse qu’ils fournissent à l’Allemagne!».

    Dans son premier tweet, il avait commencé par affirmer avoir eu une «EXCELLENTE» rencontre avec Mme Merkel vendredi à Washington, contrairement à ce que de nombreux observateurs ont vu comme une réunion tendue qui a souligné les divergences entre les deux dirigeants en particulier en matière de commerce ou d’immigration.
      «En dépit de ce que vous avez entendu de la part des FAUSSES NOUVELLES. J’ai eu une EXCELLENTE rencontre avec la Chanclière Angela Merkel», a écrit le président depuis sa luxueuse résidence de Floride où il passe le week-end avant de se lancer dans son attaque en règle des dépenses militaires de Berlin.
    Pourtant Mme Merkel avait assuré le président américain que l’Allemagne allait monter à 2% de son PIB la part de dépenses militaires lors de leur première rencontre en personne vendredi.

    «Nous nous engageons aujourd’hui à cet objectif de 2% [du produit intérieur brut] jusqu’en 2024», contre 1,2% actuellement, a-t-elle déclaré au cours d’une conférence de presse commune, qui a souligné un peu plus les divergences entre les deux dirigeants.

    Le gouvernement allemand n’a pas souhaité réagir samedi et un porte-parole a renvoyé aux propos de Mme Merkel pendant la conférence de presse.

    Compressions budgétaires

    Le reproche de M. Trump n’est pas nouveau, il en avait fait un slogan de campagne soulignant que les États-Unis, qui dépensent un peu plus de 3% de leur PIB dans la défense, portaient une trop grande part du fardeau financier que représente l’Alliance atlantique. 

    La rhétorique de campagne de M. Trump a fait de l’effet et ramené le sujet du financement sur le devant de la scène parmi les membres de l’Alliance, qui ont procédé pendant des années à des compressions dans les budgets militaires. 

    Deux anciens ambassadeurs américains auprès de l’Alliance sous l’administration Obama ont entrepris de démonter la logique de M. Trump. 

    « Il ne s’agit pas d’un document comptable avec une colonne crédit et une colonne débit. Il s’agit d’un programme d’investissement sur 10 ans et les alliés font des progrès, lentement », a expliqué Douglas Lute, lors d’un entretien avec l’AFP.

    « Il ne s’agit pas là d’une transaction financière, dans laquelle les pays de l’OTAN payeraient les États-Unis pour les défendre, il s’agit de notre engagement par un traité », a renchéri Ivo Daalder, dans une dizaine de tweets.

    « Les États-Unis sont lourdement engagés militairement dans l’OTAN. Mais ce n’est pas pour faire plaisir à l’Europe. C’est vital pour notre propre sécurité », a-t-il souligné.

    «Posture agressive» de la Russie

    Les menaces voilées du candidat Trump ont eu d’autant plus de portée que l’Alliance est confrontée à ce qu’elle perçoit comme une posture de plus en plus agressive de la part de la Russie, après l’annexion de la Crimée et avec le soutien apporté aux rebelles dans l’est de l’Ukraine.

    À la suite de l’annexion de la Crimée, les États membres de l’OTAN avaient convenu d’augmenter leurs dépenses militaires au sein de l’Alliance sur 10 ans pour qu’elles atteignent 2 % de leur Produit intérieur brut (PIB) en 2024.

    Le PIB des États-Unis représente 46% des richesses nationales cumulées des pays alliés, mais leurs dépenses militaires (679 milliards de dollars en 2016) pèsent 68% du total des budgets de défense des 28 pays membres.

    Hormis les États-Unis (3,36% du PIB), seuls le Royaume-Uni (2,17%), la Pologne (2,01%), l’Estonie (2,18% du PIB) et la Grèce (2,36%) atteignent l’objectif solennellement réaffirmé en 2014 par les dirigeants de l’OTAN, selon les estimations de l’OTAN pour 2016.












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