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    Japon: des frontières fermées de longue date

    18 mars 2017 | Le Devoir - Propos de Vincent Mirza, professeur à l’École d’études sociologiques et anthropologiques à l’Université d’Ottawa, recueillis par Jean-Frédéric Légaré-Tremblay | Actualités internationales
    Des militants de droite japonais brandissent des drapeaux nationaux à Tokyo, en 2009, alors que quelque 700 étrangers, principalement des résidents sud-coréens, organisent un rassemblement pour exiger le droit de vote aux élections locales.
    Photo: Yoshikazu Tsuno Agence France-Presse Des militants de droite japonais brandissent des drapeaux nationaux à Tokyo, en 2009, alors que quelque 700 étrangers, principalement des résidents sud-coréens, organisent un rassemblement pour exiger le droit de vote aux élections locales.

    Depuis quand les Japonais ont-ils fermé leurs portes aux influences étrangères ou aux étrangers eux-mêmes ? Cela a-t-il toujours été ?

     

    Le Japon a longtemps été ouvert aux influences étrangères, notamment de la Chine, avec laquelle il y a eu de nombreux échanges jusqu’au XVIe siècle. Le système d’écriture a d’ailleurs été emprunté aux Chinois.

     

    Mais le pays s’est grandement fermé aux influences étrangères du début du XVIe siècle jusqu’à la restauration de l’empereur Meiji en 1868. C’est le shogun Ieyasu Tokugawa qui a implanté une politique de contrôle absolu sur le territoire et sa population. Les contacts avec l’extérieur ont été considérablement limités.

     

    À partir de 1868, le Japon s’est ouvert aux influences étrangères, mais pas à l’immigration. C’est plutôt en raison de sa politique impérialiste, en vigueur jusqu’à la défaite militaire de 1945, que le pays va accueillir une population immigrante, notamment de Chine et de Corée.

     

    D’ailleurs, les Coréens restent à ce jour la plus importante minorité dans l’archipel.

     

    C’est en raison des politiques nationalistes que le Japon est resté peu favorable à l’immigration.

     

    Les Coréens ont été victimes de discrimination. Il a été très difficile pour eux de s’intégrer la société japonaise.

     

    D’où vient cette fermeture ?

     

    C’est un mélange d’héritage de doctrines nationalistes, de méconnaissance et de l’idée que la nationalité vient à la fois du sang et du lieu de naissance.

     

    On peut aussi penser que cette fermeture puise dans la période pré-1868, puis dans la menace occidentale colonialiste. Le Japon est d’ailleurs l’un des rares pays à n’avoir jamais été colonisés.

     

    Le contact avec l’extérieur se faisait avec beaucoup de prudence. Les slogans du début du XXe siècle sont révélateurs : « Technologie occidentale, esprit japonais. » L’extérieur était perçu à la fois comme une source d’apprentissage, mais aussi d’idées qui pourraient troubler l’ordre social.

     

    À partir des années 1990, la fermeture a aussi été entretenue par des discours nationalistes qui présentaient l’immigration — notamment chinoise — comme un danger pour le bon fonctionnement de la société.

     

    De façon plus prosaïque, il y a l’idée que l’on doit être très fortement attaché à sa culture et à son lieu de naissance, et qu’il est donc étrange pour quelqu’un de vouloir quitter son pays.

     

    L’ordre social est très contraignant au Japon. Avec la sécurité, c’est le thème fondateur de la société d’après-guerre. Il n’est donc pas question de faciliter l’arrivée des immigrants et leur intégration ; il faut plutôt s’assurer qu’ils sont capables de respecter un nombre important de règles et de maîtriser des codes.













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