Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Amnistie internationale déplore l'avancée de la haine et de la peur

    L'organisme dévoile son rapport sur la situation des droits de la personne dans le monde

    Amnistie internationale souligne l’impact délétère des «marchands de peur» que sont devenus certains chefs d’État, dont Rodrigo Duterte. Sur cette photo, le dirigeant philippin montre une liste de hauts placés du gouvernement qu’il lie au trafic de drogue.
    Photo: Agence France-Presse Amnistie internationale souligne l’impact délétère des «marchands de peur» que sont devenus certains chefs d’État, dont Rodrigo Duterte. Sur cette photo, le dirigeant philippin montre une liste de hauts placés du gouvernement qu’il lie au trafic de drogue.

    Le monde est aux prises avec une montée en force sans précédent des discours « déshumanisants » depuis les années 1930, y compris de la part de démocraties jouant un rôle de premier plan, s’inquiète Amnistie internationale dans son dernier rapport sur la situation des droits de la personne dans le monde.

     

    Fruit de l’analyse de la situation prévalant dans 159 pays, ce dernier rapport conclut que l’année 2016 aura été celle des politiques de « diabolisation » qui alimentent le rejet « des autres », ainsi que la crainte et la peur à l’égard de diverses populations. « En 2016, l’utilisation cynique de ces discours rejetant la faute sur les “autres” et distillant la peur et la haine a atteint des niveaux inégalés depuis les années 1930 »,a déclaré mercredi Salil Shetty, secrétaire général d’Amnistie internationale (AI).


    « Ce nouvel ordre mondial, où les droits de la personne sont considérés comme un obstacle aux intérêts nationaux, affaiblit dangereusement la capacité de combattre les atrocités massives […] laissant la porte ouverte à des violences qui ne sont pas sans rappeler les heures les plus sombres de notre histoire », a ajouté le porte-parole d’AI.

     

    Ce dernier rapport souligne l’impact délétère des « marchands de peur » que sont devenus notamment Donald Trump aux États-Unis, Viktor Orban en Hongrie, Recep Tayyip Erdogan en Turquie et Rodrigo Duterte aux Philippines sur le reste de la planète. Leurs discours fielleux ont encouragé l’adoption de politiques ciblant des pans entiers de la population, dont les réfugiés, les personnes homosexuelles ou toxicomanes, propageant l’idée que certaines personnes « sont moins humaines que d’autres ».

       

    Le droit international bafoué

     

    En 2016, 36 pays ont bafoué le droit international en refoulant des réfugiés vers des pays où leurs droits étaient menacés. Plus que les décrets anti-immigrants de Trump, l’organisme déplore notamment l’expulsion de migrants par le Mexique et l’accord « illégal et irresponsable » conclu entre l’Union européenne et la Turquie pour y refouler des réfugiés.

     

    « On fait appel au côté obscur de l’humanité. Cela ne se fait plus seulement dans des régimes autoritaires, mais dans des pays de premier plan, des démocraties qui sont des États de droit. Quel message envoie-t-on ? » déplore Béatrice Vaugrante, directrice générale d’AI pour le Canada francophone.

     

    Celle-ci se désole de l’indifférence généralisée dans laquelle continuent d’être bafoués des droits de la personne, notamment en Arabie saoudite, mais aussi en Syrie et au Soudan, où la population civile, victime de crimes de guerre, paie le prix de conflits sanglants. Le rapport de 2016 fait état de 23 pays, dont le Yémen, l’Afghanistan, la République centrafricaine et le Burundi, où des crimes de guerre sont restés impunis. Devant ces atrocités, plusieurs États, repliés sur leurs intérêts nationaux, se sont désintéressés de la coopération internationale, dit-elle.

     

    « La seule solution, c’est que les citoyens s’en mêlent et s’informent correctement, estime Mme Vaugrante. Nous lançons un appel à agir localement, à faire pression sur leurs gouvernements. »


    Un bilan Trudeau mitigé Amnistie internationale Canada livre un bilan mitigé de la première année de pouvoir du gouvernement Trudeau. Si l’organisme se réjouit de la généreuse politique d’accueil des réfugiés syriens et du discours tenu par le Canada sur la scène internationale, des actions concrètes se font toujours attendre, notamment dans le dossier du blogueur Raif Badawi, emprisonné depuis bientôt cinq ans en Arabie saoudite, et celui des femmes autochtones assassinées et disparues. Alors que des centaines de migrants traversent depuis quelques semaines les frontières canadiennes à pied pour fuir les États-Unis et demander l’asile au Canada, l’organisme attend toujours du gouvernement qu’il révoque l’entente canado-américaine faisant de cet État voisin un « tiers pays sûr » pour les réfugiés. À l’heure actuelle, ces migrants franchissent au péril de leur vie et de leur santé de grandes distances dans le froid pour éviter de passer aux postes-frontières et d’être refoulés en sol américain. « Ce pays n’est plus sûr pour les demandeurs d’asile, affirme Béatrice Vaugrante. Nous devons récupérer notre souveraineté pour permettre à ceux qui veulent légalement faire une demande à nos frontières de le faire sans craindre d’être expulsés vers les États-Unis. »

    Les bons coups

    Présence accrue sur la scène internationale
    Politique généreuse à l’endroit des réfugiés
    Loi protégeant les droits des personnes transgenres

    Les mauvais coups

    Approbation du pipeline Northern Gateway, en opposition aux droits des autochtones
    Aucun progrès dans l’évaluation de la vente d’armes à l’Arabie saoudite
    Financement inadéquat des services aux enfants des Premières Nations dans les réserves












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.