Bush lance une offensive médiatique
Des spots publicitaires, dont certains utilisent la tragédie du 11 septembre, visent les électeurs indécis dans une quinzaine d'États clés
5 mars 2004
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Le président a prononcé un discours en Californie hier.
Washington — Le camp républicain du président George W. Bush a lancé hier une vaste offensive médiatique dans plusieurs États américains où il risque d'être mis en difficulté par le démocrate John Kerry lors de la présidentielle de novembre prochain.
Cette campagne survient après une période de plusieurs mois d'un silence relatif de la part des républicains au cours de laquelle les démocrates ne se sont pas privés de critiquer vertement le président-candidat.
Principale cible des stratèges républicains: les électeurs indécis. Un récent sondage du Pew Research Center évalue leur nombre à 29 % alors que 38 % de l'électorat soutient le sénateur du Massachusetts et 33 % le président Bush.
«Nous sommes lancés dans un marathon» de huit mois, estime le directeur de la campagne de Bush, Ken Mehlman, «et les Américains, après avoir eu droit à un long monologue, vont désormais entendre un dialogue.»
La stratégie adoptée par les républicains suscite déjà des haussements de sourcils, notamment en raison de l'utilisation des attentats du 11 septembre 2001 dans les spots télévisés.
«On peut parier que le ton va rapidement s'envenimer», prévoit le professeur Bruce Newman, de l'université DePaul, à Chicago.
Les spots électoraux ont commencé à être diffusés hier dans une quinzaine d'États judicieusement choisis puisqu'ils ont été ou perdus par les républicains lors de la présidentielle 2000 ou remportés avec une marge de quelques points, notamment la Floride, l'Ohio, le Michigan et la Pennsylvanie.
Le réseau câblé a également été mis à contribution et le vice-président Dick Cheney, qui avait jusque-là adopté un profil bas, a commencé à accorder des entrevues diffusées à travers le pays.
Le président Bush, 57 ans, participe de son côté, en Californie (un État qu'il a perdu en 2000 face à Al Gore avec un écart de 11 points), à des collectes de fonds destinés à grossir sa cagnotte qui s'élève déjà à 104 millions de dollars. La semaine prochaine, il sillonnera son fief, le Texas.
L'ancienne chargée de communications de Bush, Karen Hughes, a repris du service. «Kerry est encore plus progressiste que l'autre sénateur du Massachusetts, Ted Kennedy», a-t-elle dit à des journalistes à Dallas.
Les spots télévisés décrivent un président déterminé face aux épreuves, qui affirme lui-même savoir «exactement» dans quelle direction conduire le pays, sans toutefois l'expliciter.
Posément, sans jamais mentionner le nom de Kerry, 60 ans, il dit connaître «nos besoins pour plus de liberté et de paix dans le monde», sans non plus donner plus de précisions.
Laura Bush, l'épouse du président, a été réquisitionnée. Elle évoque d'une voix douce «la force, la concentration, les qualités qu'exige notre époque».
Un des spots évoque «la journée de la tragédie» du 11 septembre 2001 et lui attribue les difficultés de l'économie et de l'emploi.
Les pompiers, les nouveaux héros de l'Amérique après les attentats, sont mis en valeur. Quelques images de soldats, pas au combat en Irak mais embrassant des enfants, épicent le tout, sans oublier la levée de la bannière étoilée.
«Je ne suis pas surpris que le président Bush exploite l'héroïsme des pompiers du 11 septembre. L'utilisation de ces images relève de la pire des hypocrisies», a fulminé le président de l'Association internationale des pompiers, Harold Schaitberger.
Les démocrates ne sont pas en reste. «La seule détermination de ce président, c'est celle de conduire le pays dans la mauvaise direction», a réagi Stephanie Cutter, porte-parole de la campagne de John Kerry.
Ce dernier, après avoir remporté neuf des dix primaires du «Super Mardi» et s'être rendu mercredi en Floride, a pris une journée de repos avant de se consacrer à renflouer ce qui reste de son budget de campagne, tombé à deux millions de dollars, selon la presse.
Cette campagne survient après une période de plusieurs mois d'un silence relatif de la part des républicains au cours de laquelle les démocrates ne se sont pas privés de critiquer vertement le président-candidat.
Principale cible des stratèges républicains: les électeurs indécis. Un récent sondage du Pew Research Center évalue leur nombre à 29 % alors que 38 % de l'électorat soutient le sénateur du Massachusetts et 33 % le président Bush.
«Nous sommes lancés dans un marathon» de huit mois, estime le directeur de la campagne de Bush, Ken Mehlman, «et les Américains, après avoir eu droit à un long monologue, vont désormais entendre un dialogue.»
La stratégie adoptée par les républicains suscite déjà des haussements de sourcils, notamment en raison de l'utilisation des attentats du 11 septembre 2001 dans les spots télévisés.
«On peut parier que le ton va rapidement s'envenimer», prévoit le professeur Bruce Newman, de l'université DePaul, à Chicago.
Les spots électoraux ont commencé à être diffusés hier dans une quinzaine d'États judicieusement choisis puisqu'ils ont été ou perdus par les républicains lors de la présidentielle 2000 ou remportés avec une marge de quelques points, notamment la Floride, l'Ohio, le Michigan et la Pennsylvanie.
Le réseau câblé a également été mis à contribution et le vice-président Dick Cheney, qui avait jusque-là adopté un profil bas, a commencé à accorder des entrevues diffusées à travers le pays.
Le président Bush, 57 ans, participe de son côté, en Californie (un État qu'il a perdu en 2000 face à Al Gore avec un écart de 11 points), à des collectes de fonds destinés à grossir sa cagnotte qui s'élève déjà à 104 millions de dollars. La semaine prochaine, il sillonnera son fief, le Texas.
L'ancienne chargée de communications de Bush, Karen Hughes, a repris du service. «Kerry est encore plus progressiste que l'autre sénateur du Massachusetts, Ted Kennedy», a-t-elle dit à des journalistes à Dallas.
Les spots télévisés décrivent un président déterminé face aux épreuves, qui affirme lui-même savoir «exactement» dans quelle direction conduire le pays, sans toutefois l'expliciter.
Posément, sans jamais mentionner le nom de Kerry, 60 ans, il dit connaître «nos besoins pour plus de liberté et de paix dans le monde», sans non plus donner plus de précisions.
Laura Bush, l'épouse du président, a été réquisitionnée. Elle évoque d'une voix douce «la force, la concentration, les qualités qu'exige notre époque».
Un des spots évoque «la journée de la tragédie» du 11 septembre 2001 et lui attribue les difficultés de l'économie et de l'emploi.
Les pompiers, les nouveaux héros de l'Amérique après les attentats, sont mis en valeur. Quelques images de soldats, pas au combat en Irak mais embrassant des enfants, épicent le tout, sans oublier la levée de la bannière étoilée.
«Je ne suis pas surpris que le président Bush exploite l'héroïsme des pompiers du 11 septembre. L'utilisation de ces images relève de la pire des hypocrisies», a fulminé le président de l'Association internationale des pompiers, Harold Schaitberger.
Les démocrates ne sont pas en reste. «La seule détermination de ce président, c'est celle de conduire le pays dans la mauvaise direction», a réagi Stephanie Cutter, porte-parole de la campagne de John Kerry.
Ce dernier, après avoir remporté neuf des dix primaires du «Super Mardi» et s'être rendu mercredi en Floride, a pris une journée de repos avant de se consacrer à renflouer ce qui reste de son budget de campagne, tombé à deux millions de dollars, selon la presse.
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