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    Pollution

    La pétrolière Shell protégée contre des poursuites au Nigeria

    27 janvier 2017 | Remi Banet - Agence France-Presse à Londres | Actualités internationales
    Une enquête de l’ONU avait pointé en 2011 les ravages de la pollution pétrolière dans l’Ogoniland.
    Photo: Pius Utomi Ekpei Agence France-Presse Une enquête de l’ONU avait pointé en 2011 les ravages de la pollution pétrolière dans l’Ogoniland.

    Le géant pétrolier anglo-néerlandais Shell a obtenu jeudi de la Haute Cour de Londres l’arrêt des poursuites au Royaume-Uni concernant des accusations de pollution au Nigeria, une décision dont les plaignants vont faire appel.

     

    La Haute Cour a rejeté deux recours collectifs engagés à Londres par plus de 40 000 Nigérians des communautés ogale et bille, qui jugent Shell et sa filiale nigériane SPDC responsables des fuites d’oléoducs ayant détruit leurs terres et pollué leurs étangs dans le delta du Niger, dans le sud-est du Nigeria.

     

    La Haute Cour a estimé que Royal Dutch Shell n’était pas responsable légalement des agissements de sa filiale SPDC et ne pouvait donc faire l’objet de poursuites devant les tribunaux britanniques.

     

    « C’est absolument faux », a déclaré à l’AFP Daniel Leader, un des avocats des plaignants, annonçant qu’ils allaient faire appel. Selon M. Leader, cette décision « surprenante » contredit celles d’autres tribunaux européens. En 2012, la Cour européenne de justice avait estimé que Shell « exerçait une influence décisive sur la conduite de ses filiales », a-t-il rappelé.

     

    « La décision de la cour est pleine de bon sens, à savoir que les affaires impliquant des plaignants nigérians contre une société nigériane doivent être jugées au Nigeria sur la base de la loi nigériane », a déclaré à l’AFP Igo Weli, directeur général des relations extérieures de SPDC.

     

    Le roi de la communauté ogale, Emere Godwin Bebe Okpabi, qui vit dans l’Ogoniland, dans le delta du Niger (sud-est), s’est quant à lui dit « fortement déçu, mais pas abattu ».

     

    « Nous avons foi dans le système judiciaire britannique. Nous pensons que ce juge s’est trompé et que nous obtiendrons justice en appel par la grâce de Dieu », a-t-il déclaré par téléphone à l’AFP.

     

    « Royal Dutch Shell fait des milliards de profits chaque année avec le pétrole nigérian alors que nos communautés abritant leurs infrastructures ont été écologiquement ravagées », a-t-il souligné par ailleurs dans un communiqué.

     

    Vaste nettoyage

     

    Le chef tribal souhaite que la justice britannique contraigne Shell à accepter les conclusions d’une enquête de l’ONU qui avait pointé en 2011 les ravages de la pollution pétrolière dans l’Ogoniland. Selon l’ONU, les dégâts pourraient nécessiter l’opération de nettoyage la plus vaste jamais entreprise au monde, d’une durée de 25 à 30 ans.

     

    En janvier 2015, au terme d’une bataille juridique de trois ans, Shell avait accepté de verser plus de 80 millions de dollars à 15 600 pêcheurs de Bodo, une autre communauté nigériane touchée par deux importantes fuites de pétrole en 2008.













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