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    Argentine

    Kirchner revient affronter la justice

    12 avril 2016 | Alexandre Peyrille - Agence France-Presse à Buenos Aires | Actualités internationales

    Pour tout savoir sur les «Panama Papers», consulter notre dossier 

    Cristina Kirchner est sortie lundi de sa retraite de Patagonie, quatre mois après avoir quitté la présidence argentine, un retour à Buenos Aires motivé par une convocation judiciaire, dont elle profite pour mobiliser ses troupes dans la rue.

     

    Si le magistrat qui l’a convoquée n’est pas dessaisi du dossier d’ici là, elle se rendra mercredi matin dans le bureau du juge Claudio Bonadio, un magistrat qu’elle avait cherché à destituer. Elle doit s’expliquer sur une vente spéculative de devises par la Banque centrale, dans les derniers mois de son mandat. Le ministre de l’Économie et le président de la Banque centrale de l’époque sont également convoqués dans cette affaire.

     

    Plus grave, samedi, l’ex-présidente a vu la justice s’intéresser à son rôle dans une affaire de corruption. Un procureur a demandé l’ouverture d’une enquête contre Mme Kirchner pour blanchiment d’argent.

     

    Le parquet estime qu’il y a lieu d’entamer une procédure dans le cadre d’une vaste enquête sur « la route de l’argent K », éclaboussant l’administration Kirchner, au pouvoir de 2003 à 2015, et des hommes d’affaires proches des Kirchner.

     

    Mme Kirchner, comme son mari Nestor et leur ex-ministre de la Planification, Julio De Vido, a été mise en cause par un prévenu, le comptable Leonardo Farina, dans un dossier de détournement de fonds vers des comptes en Suisse, dont le premier détenu de poids est l’homme d’affaires Lazaro Baez, qui s’est considérablement enrichi pendant les années Kirchner.

     

    Le juge fédéral Sebastian Casanello décidera ou pas de donner suite à la procédure.

     

    C’est dans les mains de ce magistrat que se trouve également le dossier Mauricio Macri. Le président en exercice a été éclaboussé par les Panama Papers, qui ont révélé qu’il apparaissait comme dirigeant de deux sociétés offshore appartenant au Groupe Macri, fondé par son père.

     

    Mobilisation

     

    Pour mobiliser, les militants kirchnéristes, une mouvance du péronisme, cherchent à dresser un parallèle avec le 17 octobre 1945, quand une manifestation massive avait appelé à la libération du colonel Juan Peron, emprisonné, qui allait devenir président de l’Argentine l’année suivante. Si la convocation judiciaire est maintenue, un rassemblement de soutien à Mme Kirchner sera organisé devant le tribunal de Buenos Aires où elle sera entendue.

     

    Fin 2015, on s’interrogeait sur la capacité de gouverner du nouveau président Mauricio Macri, dont la coalition est minoritaire à la Chambre des députés et au Sénat. Mais, profitant de divisions au sein du kirchnérisme, il a réussi à obtenir l’approbation du Parlement au règlement du vieux contentieux sur la dette, remontant à la crise économique de 2001.

     

    Le kirchnérisme s’est rapidement dissolu au Congrès. Les parlementaires élus sous le drapeau du Front pour le victoire (FPV), coalition de gauche et péroniste, ont retourné leur veste pour soutenir cette loi emblématique présentée par le nouveau gouvernement de centre droit.

     

    En revanche, le mouvement conserve une forte capacité de mobilisation, « le facteur rue » comme on dit en Argentine, qui a régulièrement empêché des présidents d’achever leur mandat.













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