Au moins cinq morts et de nombreux blessés - La grève générale tourne à l'affrontement en République dominicaine
30 janvier 2004
Actualités internationales
Saint-Domingue — La grève générale de 48 heures organisée depuis mercredi en République dominicaine contre la politique économique du gouvernement de Hipolito Mejia a fait au moins cinq morts et plusieurs dizaines de blessés dans des violences, a-t-on appris hier de sources policières.
Un porte-parole de la police, Ramon Rodriguez, a indiqué avoir reçu «notification de trois morts» dans des affrontements de rue à Saint-Domingue, à Santiago (155 kilomètres au nord-ouest de la capitale) et San Pedro de Macoris (70 kilomètres à l'est) tandis que les polices de Nagua, à 180 kilomètres au nord-ouest, et de La Romana, à 110 kilomètres à l'est, ont fait état d'un mort chacune.
Il s'agit d'hommes jeunes, comme Rigoberto Bastardo, 18 ans, qui a été touché par une balle alors qu'il portait secours à un ami blessé dans la rue, ou Carlos Suero, tué à l'intérieur de son habitation, visiblement par une balle perdue lors d'affrontements entre une patrouille et des manifestants.
En dépit de ce lourd bilan, le porte-parole de la présidence, Luis Gonzalez Fabra, a affirmé mercredi soir que le comportement de la population avait été «excellent». Hier, M. Mejia a appelé les protestataires à cesser leur mouvement, arguant qu'«avec la grève, nous perdons tout». Il avait estimé mardi que les revendications des grévistes n'étaient pas recevables dans les circonstances actuelles et «préjudiciables» pour les secteurs productifs.
Le chef de l'armée de terre, Jorge Zorrilla Ozuna, a assuré à la presse que la population n'avait rien à craindre. «Les organisateurs ont convoqué une grève de deux jours et nous accomplissons notre devoir constitutionnel [...] de garants de la sécurité du peuple», a argué le militaire.
Après une paralysie totale mercredi, les rues de Saint-Domingue avaient retrouvé un peu d'activité hier mais la circulation restait réduite et les commerces du polygone central étaient fermés.
En province, la situation était tendue, surtout dans le nord, et les patrouilles mixtes de policiers et de militaires ont été intensifiées à travers tout le pays. Les forces de l'ordre sont équipées d'armes lourdes et beaucoup de ses membres portent des peintures de camouflage sur le visage.
Les syndicats et des partis d'opposition ont appelé à une grève générale mercredi et hier pour dénoncer la forte dévaluation de la monnaie nationale, qui a provoqué une augmentation de l'inflation.
Les grévistes demandent un moratoire sur le remboursement de la dette dominicaine, le contrôle de l'importation des biens de luxe, l'élimination d'un nouvel impôt sur les dérivés pétroliers et d'autres mesures ayant fait augmenter les prix des produits de base. Ils ont qualifié le premier jour de grève de «succès total» mais déploré l'arrestation de plusieurs dirigeants de gauche.
Le ministre de l'Intérieur et de la Police, Pedro Franco Badia, a justifié ces interpellations en affirmant: «Nous voulons éviter des attentats contre ces dirigeants syndicaux.»
Une grève générale de 24 heures avait déjà eu lieu début novembre et s'était soldée par la mort d'au moins sept personnes.
Un porte-parole de la police, Ramon Rodriguez, a indiqué avoir reçu «notification de trois morts» dans des affrontements de rue à Saint-Domingue, à Santiago (155 kilomètres au nord-ouest de la capitale) et San Pedro de Macoris (70 kilomètres à l'est) tandis que les polices de Nagua, à 180 kilomètres au nord-ouest, et de La Romana, à 110 kilomètres à l'est, ont fait état d'un mort chacune.
Il s'agit d'hommes jeunes, comme Rigoberto Bastardo, 18 ans, qui a été touché par une balle alors qu'il portait secours à un ami blessé dans la rue, ou Carlos Suero, tué à l'intérieur de son habitation, visiblement par une balle perdue lors d'affrontements entre une patrouille et des manifestants.
En dépit de ce lourd bilan, le porte-parole de la présidence, Luis Gonzalez Fabra, a affirmé mercredi soir que le comportement de la population avait été «excellent». Hier, M. Mejia a appelé les protestataires à cesser leur mouvement, arguant qu'«avec la grève, nous perdons tout». Il avait estimé mardi que les revendications des grévistes n'étaient pas recevables dans les circonstances actuelles et «préjudiciables» pour les secteurs productifs.
Le chef de l'armée de terre, Jorge Zorrilla Ozuna, a assuré à la presse que la population n'avait rien à craindre. «Les organisateurs ont convoqué une grève de deux jours et nous accomplissons notre devoir constitutionnel [...] de garants de la sécurité du peuple», a argué le militaire.
Après une paralysie totale mercredi, les rues de Saint-Domingue avaient retrouvé un peu d'activité hier mais la circulation restait réduite et les commerces du polygone central étaient fermés.
En province, la situation était tendue, surtout dans le nord, et les patrouilles mixtes de policiers et de militaires ont été intensifiées à travers tout le pays. Les forces de l'ordre sont équipées d'armes lourdes et beaucoup de ses membres portent des peintures de camouflage sur le visage.
Les syndicats et des partis d'opposition ont appelé à une grève générale mercredi et hier pour dénoncer la forte dévaluation de la monnaie nationale, qui a provoqué une augmentation de l'inflation.
Les grévistes demandent un moratoire sur le remboursement de la dette dominicaine, le contrôle de l'importation des biens de luxe, l'élimination d'un nouvel impôt sur les dérivés pétroliers et d'autres mesures ayant fait augmenter les prix des produits de base. Ils ont qualifié le premier jour de grève de «succès total» mais déploré l'arrestation de plusieurs dirigeants de gauche.
Le ministre de l'Intérieur et de la Police, Pedro Franco Badia, a justifié ces interpellations en affirmant: «Nous voulons éviter des attentats contre ces dirigeants syndicaux.»
Une grève générale de 24 heures avait déjà eu lieu début novembre et s'était soldée par la mort d'au moins sept personnes.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

