Arsenal irakien introuvable - Bush envoie Condoleezza Rice au créneau
Washington — Condoleezza Rice est montée au front hier pour tenter d'éloigner la perspective d'une commission d'enquête indépendante sur les armes de destruction massive irakiennes, dont la création entraverait la campagne électorale de George Bush. Invitée dans la matinée sur ABC, NBC et CBS, la conseillère à la sécurité nationale de la Maison-Blanche a reconnu que certains éléments collectés par les services de renseignement avant le déclenchement de la guerre contre l'Irak étaient erronés mais que cela ne remettait nullement en cause l'intervention armée.
«Il est évident qu'il existe des différences entre ce que nous savions en allant [en Irak] et ce que nous avons trouvé sur le terrain», a-t-elle dit sur CBS pour ajouter aussitôt que cet écart ne constitue pas une surprise dans «un pays qui faisait tout ce qu'il pouvait pour tromper les Nations unies, pour tromper le monde».
«Lorsque vous avez affaire à des régimes adeptes du secret et qui veulent vous tromper, vous ne pouvez jamais être sûr» des renseignements que font remonter les services d'espionnage, a-t-elle ajouté.
La question de la présence ou non d'armes de destruction massive en Irak, élément principal avancé par Washington pour justifier l'entrée en guerre contre Bagdad, a connu un rebondissement à la fin de la semaine dernière avec la démission de David Kay, qui dirigeait le Groupe de surveillance de l'Irak, l'équipe américaine chargée par la CIA de rechercher ces armes.
Devant le Sénat américain mercredi, David Kay a réaffirmé que ceux qui pensaient trouver des armes de destruction massive en Irak s'étaient trompés. Et il s'est dit favorable à la création d'une commission d'enquête indépendante.
Condoleezza Rice a répliqué en indiquant qu'une enquête avait été lancée par les services de renseignement, «une sorte d'audit sur ce qu'on savait au départ et sur ce qui a été trouvé sur place», a-t-elle précisé sur NBC, suggérant que l'administration républicaine juge inutile une commission d'enquête indépendante, que les démocrates réclament. À la CIA, on confirme qu'une enquête sur ce sujet a été confiée à Richard Kerr, ancien directeur adjoint de l'agence de renseignement.
Sur la chaîne de télévision ABC, Condoleezza Rice a par ailleurs estimé que le monde ne connaîtrait peut-être «jamais totalement» l'état du programme d'armement de l'Irak en raison de la perte de documents et de preuves au cours des pillages qui ont suivi la chute du régime de Saddam Hussein. De toute façon, a-t-elle prévenu, quelles que soient les conclusions de cet «audit» interne, l'administration Bush continuera à penser qu'il fallait évincer Saddam Hussein. «Le jugement restera le même: c'est un homme dangereux dans une partie du monde dangereuse, et il était temps de faire quelque chose au sujet de cette menace», a-t-elle dit.
En cette année électorale, la Maison-Blanche sait ce qu'elle aurait à craindre d'une commission d'enquête indépendante, et l'envoi de Condoleezza Rice sur les principaux réseaux télévisés du pays en atteste.
Le Parti démocrate a d'ailleurs saisi l'épisode Kay pour tenter de relancer le débat sur l'engagement militaire en Irak. «Ce qui s'est produit était plus qu'un échec des services de renseignement mais le résultat d'une manipulation des données pour justifier la décision d'entrer en guerre», a accusé le sénateur du Massachusetts, Edward Kennedy.
Plus inquiétant pour la Maison-Blanche, le républicain John McCain, sénateur de l'Arizona, a pris ses distances avec son parti pour réclamer lui aussi la constitution d'une commission d'enquête.
Mais parce qu'elle contrôle à la fois le Sénat et la Chambre des représentants, l'administration républicaine de George Bush pourra probablement «survivre à la tempête», note Robert Pape. À moins, ajoute-t-il, que d'autres figures du Parti républicain ne suivent le sénateur McCain.
«Il est évident qu'il existe des différences entre ce que nous savions en allant [en Irak] et ce que nous avons trouvé sur le terrain», a-t-elle dit sur CBS pour ajouter aussitôt que cet écart ne constitue pas une surprise dans «un pays qui faisait tout ce qu'il pouvait pour tromper les Nations unies, pour tromper le monde».
«Lorsque vous avez affaire à des régimes adeptes du secret et qui veulent vous tromper, vous ne pouvez jamais être sûr» des renseignements que font remonter les services d'espionnage, a-t-elle ajouté.
La question de la présence ou non d'armes de destruction massive en Irak, élément principal avancé par Washington pour justifier l'entrée en guerre contre Bagdad, a connu un rebondissement à la fin de la semaine dernière avec la démission de David Kay, qui dirigeait le Groupe de surveillance de l'Irak, l'équipe américaine chargée par la CIA de rechercher ces armes.
Devant le Sénat américain mercredi, David Kay a réaffirmé que ceux qui pensaient trouver des armes de destruction massive en Irak s'étaient trompés. Et il s'est dit favorable à la création d'une commission d'enquête indépendante.
Condoleezza Rice a répliqué en indiquant qu'une enquête avait été lancée par les services de renseignement, «une sorte d'audit sur ce qu'on savait au départ et sur ce qui a été trouvé sur place», a-t-elle précisé sur NBC, suggérant que l'administration républicaine juge inutile une commission d'enquête indépendante, que les démocrates réclament. À la CIA, on confirme qu'une enquête sur ce sujet a été confiée à Richard Kerr, ancien directeur adjoint de l'agence de renseignement.
Sur la chaîne de télévision ABC, Condoleezza Rice a par ailleurs estimé que le monde ne connaîtrait peut-être «jamais totalement» l'état du programme d'armement de l'Irak en raison de la perte de documents et de preuves au cours des pillages qui ont suivi la chute du régime de Saddam Hussein. De toute façon, a-t-elle prévenu, quelles que soient les conclusions de cet «audit» interne, l'administration Bush continuera à penser qu'il fallait évincer Saddam Hussein. «Le jugement restera le même: c'est un homme dangereux dans une partie du monde dangereuse, et il était temps de faire quelque chose au sujet de cette menace», a-t-elle dit.
En cette année électorale, la Maison-Blanche sait ce qu'elle aurait à craindre d'une commission d'enquête indépendante, et l'envoi de Condoleezza Rice sur les principaux réseaux télévisés du pays en atteste.
Le Parti démocrate a d'ailleurs saisi l'épisode Kay pour tenter de relancer le débat sur l'engagement militaire en Irak. «Ce qui s'est produit était plus qu'un échec des services de renseignement mais le résultat d'une manipulation des données pour justifier la décision d'entrer en guerre», a accusé le sénateur du Massachusetts, Edward Kennedy.
Plus inquiétant pour la Maison-Blanche, le républicain John McCain, sénateur de l'Arizona, a pris ses distances avec son parti pour réclamer lui aussi la constitution d'une commission d'enquête.
Mais parce qu'elle contrôle à la fois le Sénat et la Chambre des représentants, l'administration républicaine de George Bush pourra probablement «survivre à la tempête», note Robert Pape. À moins, ajoute-t-il, que d'autres figures du Parti républicain ne suivent le sénateur McCain.
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