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Grippe aviaire - La Chine nie être à l'origine de l'épizootie

30 janvier 2004  Actualités internationales
Pékin - La Chine a affirmé hier ne pas être à l'origine de l'épizootie de grippe aviaire qui continue à s'étendre en Asie, poussant notamment l'Indonésie à céder aux pressions internationales et à ordonner l'abattage de toutes ses volailles infectées.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde hier contre le danger d'abattre les volailles atteintes de grippe aviaire dans de mauvaises conditions sanitaires, ce qui pourrait provoquer une mutation catastrophique du virus. Il faudrait pour cela que le virus de la grippe aviaire se combine avec un virus de grippe humaine porté par des personnes chargées d'abattre les poulets.

M. Thompson a cependant reconnu que l'OMS «n'avait pas d'indication précise» sur la probabilité d'une telle coïncidence de facteurs.

Selon l'hebdomadaire britannique New Scientist, la grippe du poulet a probablement commencé à se répandre en Chine au premier semestre 2003. Sa propagation aurait ensuite été facilitée par des dissimulations de responsables et des pratiques discutables de la part des éleveurs, avance la revue. «Nous pensons qu'une telle allégation est complètement inexacte et sans fondement», a répondu la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhang Qiyue.

Pékin a simultanément interdit les exportations de volailles du Guangxi (sud) et des provinces centrales du Hunan et du Hubei, les trois seules régions officiellement touchées par la maladie sur les 31 que compte la Chine continentale, où plusieurs milliards de volailles sont élevées. Trente-sept personnes en contact étroit avec des volailles malades ont été placées en quarantaine, selon les autorités.

L'OMS a salué ces mesures mais a demandé que Pékin fasse la lumière sur la mort de deux Hongkongais décédés après avoir contracté la grippe du poulet début 2003 en Chine continentale.

Les pressions internationales ont par ailleurs poussé l'Indonésie à finalement ordonner l'abattage immédiat de toutes les volailles infectées. Jakarta avait reconnu dimanche soir être frappée par la grippe aviaire mais écarté les abattages recommandés par l'OMS et pratiqués par d'autres pays d'Asie.

Le Pakistan, premier pays d'Asie du Sud contaminé par la grippe aviaire, a également ordonné l'abattage de tous les poulets infectés. Son voisin, l'Inde, a interdit toute importation de volailles, quelle qu'en soit la provenance.

En Thaïlande, six nouvelles provinces ont été contaminées, portant leur nombre à 31 sur 76. Seul le sud du pays, fortement touristique, semble pour l'instant préservé. Au moins 11 millions de poulets ont été tués en Thaïlande. Un malade porteur du virus se trouve dans un état critique tandis que dix cas suspects ont été recensés, dont six sont décédés.

La Thaïlande est le seul des dix pays asiatiques touchés par la grippe aviaire à avoir annoncé des morts humaines, avec le Vietnam, où huit personnes en sont mortes. Dans ce pays, près de quatre millions de poulets ont été abattus. 31 des 64 provinces sont touchées, mais aucune dans les hauts plateaux du centre du pays, faisant craindre que certaines populations ne soient pas suffisamment informées et ne recensent pas les cas suspects.

À Taïwan, où les premiers cas avaient été annoncés à la mi-janvier, quatre nouveaux foyers ont

été annoncés, mais ils sont atteints par le virus H5N2, moins virulent que le H5N1 à l'origine des contaminations vietnamienne et thaïlandaise, selon les autorités.

L'Union européenne a par ailleurs décidé de suspendre ses importations d'oiseaux de compagnie, comme les perroquets, en provenance d'Asie du Sud-Est.
 
 
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