Armes de destruction massive en Irak - «Je ne pense pas qu'elles existaient», déclare l'inspecteur démissionnaire Kay
Washington et Londres - Le responsable de la mission américaine chargée de découvrir un éventuel arsenal d'armes de destruction massive (ADM) en Irak a démissionné hier en affirmant qu'il ne pensait pas que le régime de Bagdad détenait des stocks d'armes interdites.
«Je ne pense pas qu'elles existaient», a déclaré David Kay, dont les propos sonnent comme un défi lancé à l'administration Bush.
La présence présumée d'ADM en Irak avait été présentée en effet par Washington et Londres comme la principale raison de la guerre contre le régime de Saddam Hussein au printemps 2003. Jusqu'ici, aucune preuve de l'existence d'un tel arsenal n'a été découverte sur le terrain par les équipes du Groupe de surveillance de l'Irak (IGS) que David Kay dirigeait jusqu'à hier.
«Ce dont tout le monde parlait, c'est des stocks produits après la fin de la guerre du Golfe [en 1991] et je ne pense pas qu'il y ait eu un programme de production de grande ampleur dans les années 1990», a ajouté David Kay lors d'un entretien téléphonique accordé à Reuters.
«Je pense que nous avons probablement découvert
85 % de ce que nous recherchons et je pense que nous avons la preuve manifeste que [les Irakiens] n'ont pas relancé de production de grande ampleur, et c'est ce dont nous parlons vraiment», a-t-il poursuivi.
La Maison-Blanche n'a pas réagi immédiatement aux déclarations de David Kay. Mais à Londres, les services de Tony Blair ont aussitôt diffusé un communiqué balayant les propos de l'inspecteur démissionnaire. «Il est important que nous soyons patients et que nous laissions le Groupe de surveillance de l'Irak [ISG] faire son travail. Il reste du travail à accomplir et nous en attendons les conclusions. Mais notre position est inchangée», a déclaré un porte-parole de Tony Blair.
Deux rendez-vous cruciaux attendent dans les prochains jours le chef du gouvernement britannique, dont l'engagement dans la guerre contre l'Irak a été sérieusement contesté par son opinion publique. Mardi, il lui faudra affronter une possible mutinerie d'élus travaillistes aux Communes contre son projet d'augmentation des droits d'inscription à l'université. Le lendemain sera rendu public le rapport d'enquête du juge lord Hutton sur les circonstances du suicide du scientifique britannique David Kelly, une affaire directement liée celle-là au dossier irakien.
Pour l'administration Bush, la sortie de David Kay constitue aussi un revers, puisque dans son récent discours sur l'état de l'Union, le président des États-Unis s'est appuyé sur un rapport du chef démissionnaire de l'ISG pour tenter de justifier de nouveau les opérations militaires en Irak. La CIA avait annoncé un peu plus tôt dans la journée la démission de David Kay et son remplacement à la tête de l'ISG par Charles Duelfer, un ancien inspecteur en armement des Nations unies.
Interrogé sur les raisons de son départ, David Kay a avancé un «ensemble complexe d'éléments». Mais, a-t-il précisé, sa démission est «en partie liée à une réduction des ressources [de l'ISG] et à un changement des priorités». «Lorsque j'ai commencé [cette mission], j'avais posé comme condition que l'ISG se concentre exclusivement sur les armes de destruction massive. Ce n'est plus le cas», a-t-il dit, ajoutant que ses équipes d'analystes étaient de plus en plus mises à contribution dans la lutte contre la guérilla irakienne.
Dans le communiqué annonçant le départ de David Kay, le directeur de la CIA, George Tenet, rend hommage au «rôle extraordinaire» rempli par l'ex-chef inspecteur «dans des circonstances dangereuses et difficiles».
Son successeur, Charles Duelfer, est un ancien vice-président de la Commission spéciale des Nations unies qui était chargée du démantèlement des armes de destruction massive en Irak. «M. Kay et son équipe ont cherché très attentivement. Je pense que s'ils n'ont pas trouvé [ces armes], c'est qu'elles n'y sont probablement pas», indiquait-il récemment sur NBC.
Dans une déclaration diffusée en même temps que le communiqué de la CIA, il se dit toutefois «absolument engagé à rechercher ces preuves où qu'elles soient».
«Je ne pense pas qu'elles existaient», a déclaré David Kay, dont les propos sonnent comme un défi lancé à l'administration Bush.
La présence présumée d'ADM en Irak avait été présentée en effet par Washington et Londres comme la principale raison de la guerre contre le régime de Saddam Hussein au printemps 2003. Jusqu'ici, aucune preuve de l'existence d'un tel arsenal n'a été découverte sur le terrain par les équipes du Groupe de surveillance de l'Irak (IGS) que David Kay dirigeait jusqu'à hier.
«Ce dont tout le monde parlait, c'est des stocks produits après la fin de la guerre du Golfe [en 1991] et je ne pense pas qu'il y ait eu un programme de production de grande ampleur dans les années 1990», a ajouté David Kay lors d'un entretien téléphonique accordé à Reuters.
«Je pense que nous avons probablement découvert
85 % de ce que nous recherchons et je pense que nous avons la preuve manifeste que [les Irakiens] n'ont pas relancé de production de grande ampleur, et c'est ce dont nous parlons vraiment», a-t-il poursuivi.
La Maison-Blanche n'a pas réagi immédiatement aux déclarations de David Kay. Mais à Londres, les services de Tony Blair ont aussitôt diffusé un communiqué balayant les propos de l'inspecteur démissionnaire. «Il est important que nous soyons patients et que nous laissions le Groupe de surveillance de l'Irak [ISG] faire son travail. Il reste du travail à accomplir et nous en attendons les conclusions. Mais notre position est inchangée», a déclaré un porte-parole de Tony Blair.
Deux rendez-vous cruciaux attendent dans les prochains jours le chef du gouvernement britannique, dont l'engagement dans la guerre contre l'Irak a été sérieusement contesté par son opinion publique. Mardi, il lui faudra affronter une possible mutinerie d'élus travaillistes aux Communes contre son projet d'augmentation des droits d'inscription à l'université. Le lendemain sera rendu public le rapport d'enquête du juge lord Hutton sur les circonstances du suicide du scientifique britannique David Kelly, une affaire directement liée celle-là au dossier irakien.
Pour l'administration Bush, la sortie de David Kay constitue aussi un revers, puisque dans son récent discours sur l'état de l'Union, le président des États-Unis s'est appuyé sur un rapport du chef démissionnaire de l'ISG pour tenter de justifier de nouveau les opérations militaires en Irak. La CIA avait annoncé un peu plus tôt dans la journée la démission de David Kay et son remplacement à la tête de l'ISG par Charles Duelfer, un ancien inspecteur en armement des Nations unies.
Interrogé sur les raisons de son départ, David Kay a avancé un «ensemble complexe d'éléments». Mais, a-t-il précisé, sa démission est «en partie liée à une réduction des ressources [de l'ISG] et à un changement des priorités». «Lorsque j'ai commencé [cette mission], j'avais posé comme condition que l'ISG se concentre exclusivement sur les armes de destruction massive. Ce n'est plus le cas», a-t-il dit, ajoutant que ses équipes d'analystes étaient de plus en plus mises à contribution dans la lutte contre la guérilla irakienne.
Dans le communiqué annonçant le départ de David Kay, le directeur de la CIA, George Tenet, rend hommage au «rôle extraordinaire» rempli par l'ex-chef inspecteur «dans des circonstances dangereuses et difficiles».
Son successeur, Charles Duelfer, est un ancien vice-président de la Commission spéciale des Nations unies qui était chargée du démantèlement des armes de destruction massive en Irak. «M. Kay et son équipe ont cherché très attentivement. Je pense que s'ils n'ont pas trouvé [ces armes], c'est qu'elles n'y sont probablement pas», indiquait-il récemment sur NBC.
Dans une déclaration diffusée en même temps que le communiqué de la CIA, il se dit toutefois «absolument engagé à rechercher ces preuves où qu'elles soient».
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