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    Les «defensorias» péruviennes

    7 novembre 2015 | Marie-Hélène Alarie - Collaboratrice | Actualités internationales
    Dans le centre communautaire dans la province de La Convención
    Photo: Jocelyn Riendeau Dans le centre communautaire dans la province de La Convención
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Au Pérou, des femmes s’organisent pour lutter contre la violence conjugale au sein de defensorias, des groupes d’entraide qui viennent en aide aux femmes victimes de ce fléau qui, selon une étude de l’OMS, toucherait 67 % de la population du département de Cuzco.


    Daniel Vanoverschelde est agent de projet au Carrefour de solidarité internationale de Sherbrooke. Il nous explique la situation que vivent les femmes dans la province de La Convención, près de Cuzco, une région toute en montagnes et en forêt amazonienne qui abrite plus de 160 000 habitants. « Depuis 2010, notre partenaire, l’organisme ayni Desarrollo, a voulu agir devant le nombre grandissant de cas de violence conjugale », dit Daniel Vanoverschelde. Il est impliqué dans la province depuis 2001 sur le plan de la santé, notamment avec des comités de femmes. Au contact de ces femmes, l’élément de violence conjugale est vite ressorti et, dans un premier temps, l’idée a été de trouver une stratégie pour lutter contre la violence conjugale à l’échelle provinciale. Depuis 2003, il existe une table de concertation provinciale en santé où siège une commission femmes-enfants-adolescents qui regroupe une douzaine de groupes et institutions locales qui se sont donné pour mandat de cerner la problématique de la violence conjugale. La stratégie mise en place en 2010 était de travailler sur trois axes : la sensibilisation, les services aux victimes et le plaidoyer politique.

     

    Il était important de sensibiliser la population en général à la réalité de la violence conjugale et, tout d’abord, on devait montrer ce que c’était. « Dans les écoles secondaires, on a produit des vidéos qui expliquaient les cycles de la violence », dit Daniel Vanoverschelde. Par la suite, on a fait des représentations à la radio, dans les groupes de base et dans les institutions.

     

    Le deuxième axe concerne les services aux victimes de violence conjugale. L’organisme a pu mettre sur pied une maison d’hébergement à l’intérieur d’un centre communautaire. Par la suite, « il était important de travailler avec tous les intervenants institutionnels : que ce soit la police et les centres de santé et les hôpitaux, qui reçoivent les victimes et qui constatent les violences, ou le juge de la famille qui reçoit les plaintes. L’idée était de faire travailler ensemble tous ces intervenants pour qu’ils puissent recommander les femmes à la maison d’hébergement. » Sur ce plan, le projet avance lentement et différents services se mettent en place. Aujourd’hui, dans le centre communautaire, on trouve les services d’un psychologue, d’un avocat et d’un travailleur social.

     

    « Parce que, la plupart du temps, les femmes ne vont pas dénoncer la violence conjugale, le plus important était de faire participer quelques organisations de première ligne, d’où l’idée de créer les defensorias. Ce sont des groupes d’une quinzaine de femmes qui agissent dans leur communauté comme une première ligne. Le pari était que les femmes iraient plus facilement consulter d’autres femmes comme elles, des voisines », explique Daniel Vanoverschelde. Certaines de ces femmes, déjà perçues comme des promotrices de santé dans leur communauté, ont reçu une formation sur l’intervention dans les cas de violence conjugale. Elles font beaucoup de sensibilisation dans leur milieu et offrent conseils et accompagnement. « C’est encore fragile, parce que ce sont des femmes qui elles-mêmes vivent des épisodes de violence conjugale, et on a vu des femmes se désister de leur action bénévole au sein des defensorias à cause de leurs situations économiques souvent très difficiles. »

     

    Comme on peut le constater, le travail est énorme et il faut aussi compter sur le plaidoyer politique pour continuer à faire avancer les choses : « Aller vers les municipalités et leur faire prendre conscience de la problématique et de l’importance d’investir dans les services sociaux. »













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