L'arsenal des manifestants, des discours et des slogans
À Ottawa, 4000 personnes dénoncent la fermeture des frontières et s'en prennent à la politique américaine au Proche-Orient
Ottawa — Immigration, expulsion et Palestine: tels étaient les thèmes centraux de la deuxième manifestation contre le Sommet du G8, tenue hier sous la pluie au centre-ville d'Ottawa.
Plus de 4000 personnes se sont donné rendez-vous pour une marche de protestation. L'événement a duré tout l'après-midi et a été ponctué de plusieurs discours enflammés à propos des politiques portant sur l'immigration et les réfugiés.
«Il faut savoir de quoi discutent les pays du G8 durant leur sommet, a souligné le militant Jaggi Singh. Les nouvelles politiques visent à faciliter la déportation des réfugiés. Nous voulons dénoncer l'idée d'une Amérique qui devient une forteresse en bloquant ses frontières.»
Bien connu pour son implication dans diverses manifestations antimondialisation, Jaggi Singh s'expose à des poursuites s'il agit à titre de porte-parole ou s'il dirige un mouvement de foule. Pourtant, il a pris le micro à plusieurs reprises, agissant comme maître de cérémonie durant tout le parcours et présentant divers orateurs. «On m'interdit d'être un leader ou de prendre un porte-voix, mais je suis anarchiste, après tout... »
Comme la veille, les manifestants ont déambulé de façon pacifique dans les rues d'Ottawa, se concentrant sur le quartier des ambassades. Les marcheurs sont également passés devant des édifices de la Défense nationale et d'Immigration Canada. Aucun incident majeur n'a été rapporté par les policiers, si ce n'est l'arrestation de l'individu qu'ils avaient appréhendé et relâché mercredi quand la foule était intervenue pour lui venir en aide.
Plusieurs drapeaux palestiniens flottaient bien haut dans les rangs des manifestants. Les militants ont demandé la suspension de la présence israélienne en territoires occupés. «Bush et Sharon sont des terroristes!» et «Les Palestiniens sont victimes d'un apartheid!», scandaient-ils. Tous ont fortement dénoncé le plan présenté cette semaine par George W. Bush demandant le départ de Yasser Arafat.
Un orateur a ensuite fustigé la fin du moratoire canadien sur les expulsions en Algérie, en vigueur depuis 1997. «Le premier ministre dit que ça va bien maintenant en Algérie parce que c'est le premier partenaire économique du Canada dans la zone africaine, a affirmé Mohammed Sherfi. N'empêche que 200 personnes meurent chaque mois, victimes de violence. Et depuis dix ans, nous dénombrons 150 000 morts et 10 000 disparus.»
La nouvelle loi sur l'immigration qui entre en vigueur aujourd'hui a aussi été prise à partie. Les manifestants ont dénoncé son caractère répressif et qualifié la législation de «mur de la honte». Non à l'expulsion; oui à la régulation de la situation des sans-papiers, ont-ils crié.
La question africaine a également été abordée. On a ainsi vertement critiqué le NEPAD, ce plan pour le développement de l'Afrique discuté par les membres du G8, vu comme un outil des pays occidentaux pour ranger les pays africains aux vertus du capitalisme mondial.
«C'est encore la rhétorique de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international», croit Aziz Fall, du Groupe de recherche et d'initiative pour la libération de l'Afrique. «[Les quatre leaders africains qui soutiennent le plan] parlent comme nos maîtres. Il n'est question que de partenariat avec l'Ouest, a ajouté M. Fall. Il n'y a qu'une ligne où l'on aborde la coopération entre les pays africains. Le reste n'est que pillage et drainage de nos ressources. Il n'y a pas eu consultation du peuple africain.»
Cette manifestation n'est que le début, ont promis les militants. Ils ont également averti les médias que si les marches sur la capitale ont été paisibles, ils n'encouragent pas moins l'action directe à l'avenir.
Plus de 4000 personnes se sont donné rendez-vous pour une marche de protestation. L'événement a duré tout l'après-midi et a été ponctué de plusieurs discours enflammés à propos des politiques portant sur l'immigration et les réfugiés.
«Il faut savoir de quoi discutent les pays du G8 durant leur sommet, a souligné le militant Jaggi Singh. Les nouvelles politiques visent à faciliter la déportation des réfugiés. Nous voulons dénoncer l'idée d'une Amérique qui devient une forteresse en bloquant ses frontières.»
Bien connu pour son implication dans diverses manifestations antimondialisation, Jaggi Singh s'expose à des poursuites s'il agit à titre de porte-parole ou s'il dirige un mouvement de foule. Pourtant, il a pris le micro à plusieurs reprises, agissant comme maître de cérémonie durant tout le parcours et présentant divers orateurs. «On m'interdit d'être un leader ou de prendre un porte-voix, mais je suis anarchiste, après tout... »
Comme la veille, les manifestants ont déambulé de façon pacifique dans les rues d'Ottawa, se concentrant sur le quartier des ambassades. Les marcheurs sont également passés devant des édifices de la Défense nationale et d'Immigration Canada. Aucun incident majeur n'a été rapporté par les policiers, si ce n'est l'arrestation de l'individu qu'ils avaient appréhendé et relâché mercredi quand la foule était intervenue pour lui venir en aide.
Plusieurs drapeaux palestiniens flottaient bien haut dans les rangs des manifestants. Les militants ont demandé la suspension de la présence israélienne en territoires occupés. «Bush et Sharon sont des terroristes!» et «Les Palestiniens sont victimes d'un apartheid!», scandaient-ils. Tous ont fortement dénoncé le plan présenté cette semaine par George W. Bush demandant le départ de Yasser Arafat.
Un orateur a ensuite fustigé la fin du moratoire canadien sur les expulsions en Algérie, en vigueur depuis 1997. «Le premier ministre dit que ça va bien maintenant en Algérie parce que c'est le premier partenaire économique du Canada dans la zone africaine, a affirmé Mohammed Sherfi. N'empêche que 200 personnes meurent chaque mois, victimes de violence. Et depuis dix ans, nous dénombrons 150 000 morts et 10 000 disparus.»
La nouvelle loi sur l'immigration qui entre en vigueur aujourd'hui a aussi été prise à partie. Les manifestants ont dénoncé son caractère répressif et qualifié la législation de «mur de la honte». Non à l'expulsion; oui à la régulation de la situation des sans-papiers, ont-ils crié.
La question africaine a également été abordée. On a ainsi vertement critiqué le NEPAD, ce plan pour le développement de l'Afrique discuté par les membres du G8, vu comme un outil des pays occidentaux pour ranger les pays africains aux vertus du capitalisme mondial.
«C'est encore la rhétorique de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international», croit Aziz Fall, du Groupe de recherche et d'initiative pour la libération de l'Afrique. «[Les quatre leaders africains qui soutiennent le plan] parlent comme nos maîtres. Il n'est question que de partenariat avec l'Ouest, a ajouté M. Fall. Il n'y a qu'une ligne où l'on aborde la coopération entre les pays africains. Le reste n'est que pillage et drainage de nos ressources. Il n'y a pas eu consultation du peuple africain.»
Cette manifestation n'est que le début, ont promis les militants. Ils ont également averti les médias que si les marches sur la capitale ont été paisibles, ils n'encouragent pas moins l'action directe à l'avenir.
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