Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Le «non» grec, ou le spectre de la souveraineté économique

    Syriza, un petit parti proche cousin de Québec solidaire

    8 juillet 2015 | Andrés Fontecilla - Président et porte-parole de Québec solidaire | Actualités internationales

    La semaine dernière, la stratégie des puissances européennes était limpide : soumettre la Grèce à un chantage financier permanent visant à la faire capituler. « Vous ne pouvez vous sortir de l’austérité, nous vous y enfermerons à double tour. » Malgré cette pression énorme, les Grecs ont été clairs, et l’Union européenne et ses outils financiers mis au pied du mur démocratique : non à une austérité programmée par les créanciers, oui à un nouveau vocable pour négocier avec la troïka. Les Grecs ont rappelé qu’ils existent. Plus encore, la victoire du Non met en lumière le fait que la crise économique de la Grèce est de facto une crise politique pour l’Union européenne.

     

    Le « non » grec ramène dans le décor de la tragédie européenne un concept que les créanciers aimeraient voir disparaître : celui de la souveraineté économique. Les Grecs ont voté en majorité pour avoir leur mot à dire sur les orientations économiques de leur pays et pour ne plus se faire imposer des mesures humiliantes par des puissances externes, aux dépens de leur souveraineté politique et économique. En s’invitant à la table des négociations, les Grecs ont rappelé aux autres peuples européens écrasés par la dette et l’austérité que l’option politique de la souveraineté économique existe encore, malgré ce que peuvent en dire les troïkas de par le monde.

     

    Syriza a créé un espace politique qu’on avait oublié. Une fois le « non » vainqueur, le nouveau dilemme européen est le suivant : que se passera-t-il avec l’Italie, l’Espagne et le Portugal, qui sont dans des situations similaires, une fois que les Grecs ont pris des libertés avec leurs créanciers et se sont donné le droit de décider eux-mêmes de leurs orientations économiques ? Le référendum grec a un potentiel d’effet domino, et les puissances européennes le savent très bien. C’est là le coeur de l’enjeu. La « lubie » de la souveraineté économique pourrait se répandre comme une traînée de poudre.

     

    Les résultats du référendum grec inscrivent à l’ordre du jour de l’Europe financière une conception de la souveraineté populaire qui englobe nécessairement le champ économique. Cette souveraineté est incompatible avec la politique de la zone euro, mais aussi avec l’austérité en général. Et le peuple de Grèce, berceau de la démocratie occidentale, a choisi Syriza, un petit parti proche cousin de Québec solidaire, pour rappeler cette vérité malcommode aux élites financières et leurs valets politiques. La suite est incertaine, mais il faut saluer l’audace grecque.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.