Pauline Marois souhaite une «Union des Amériques» à l'européenne
Pour Pauline Marois, les Amériques devraient d'inspirer de l'Union européenne pour réaliser une intégration continentale basée sur le respect de la diversité culturelle des nations et la défense des droits sociaux des citoyens.
À l'occasion de la Huitième Conférence de Montréal, la vice-première ministre du Québec a souligné que les créateurs de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) devaient faire une large part à la dimension sociale, tout comme l'ont fait les artisans du marché commun en Europe.
«Cette zone de libre-échange doit être le fruit d'un consensus démocratique. Sans objectifs sociaux, culturels, éducationnels et bien sûr économiques, cette ZLEA ne vaut pas la peine d'être faite, a-t-elle martelé. La coopération entre les peuples ne peut pas être que matérielle. C'est la grande leçon d'outre-Atlantique.»
Tout comme Paul Martin, qui a livré un discours devant le même public mardi, Pauline Marois a insisté sur la «nécessaire réhabilitation du politique» et sur le renforcement de la légitimité des gouvernements nationaux dans le contexte actuel de mondialisation. «L'État a un rôle important à jouer. Il appartient encore et toujours à l'État d'assurer la sécurité, le progrès et la justice sociale, en corrigeant les déséquilibres que peut provoquer l'intégration économique livrée à elle-même, a-t-elle déclaré. Ce sont des États qui négocient [...], pas des intérêts privés.»
Réaffirmant l'urgence de la souveraineté, Pauline Marois a déclaré qu'à son avis, le statut d'État souverain est le seul moyen par lequel le Québec peut jouer pleinement son rôle dans l'important processus de transformation géopolitique en cours.
Resouder les continents
Invité d'honneur de cette conférence, le président du directoire et directeur de publication du quotidien Le Monde, Jean-Marie Colombani, a pour sa part plaidé en faveur d'un rapprochement entre l'Europe et les États-Unis du gouvernement Bush.
À son avis, «il s'agit de resouder les continents», séparés avant le 11 septembre par le déplacement, dans des directions opposées, des centres de gravité continentaux. Alors que l'Europe se tourne vers l'Est, les Américains accordent en effet de plus en plus d'importance au sud du continent ainsi qu'à la Russie.
Celui qui vient de publier un essai intitulé Tous Américains? s'est montré dur envers les États-Unis, dont l'unilatéralisme grandissant irrite prodigieusement l'Europe. «Le 11 septembre devrait être un retour à la réalité pour les États-Unis [...]. Les attentats auraient dû faire réaliser à l'Amérique qu'elle était une nation mortelle parmi les mortels», a-t-il déclaré.
À son avis, le gouvernement Bush devrait recommencer à considérer l'Europe comme un partenaire et non comme un satellite. «L'Amérique a longtemps été l'Europe idéale. Or les idéaux qui l'animaient ont été absorbés par l'Europe alors que les États-Unis tendent à s'en éloigner», a-t-il soupiré.
À l'occasion de la Huitième Conférence de Montréal, la vice-première ministre du Québec a souligné que les créateurs de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) devaient faire une large part à la dimension sociale, tout comme l'ont fait les artisans du marché commun en Europe.
«Cette zone de libre-échange doit être le fruit d'un consensus démocratique. Sans objectifs sociaux, culturels, éducationnels et bien sûr économiques, cette ZLEA ne vaut pas la peine d'être faite, a-t-elle martelé. La coopération entre les peuples ne peut pas être que matérielle. C'est la grande leçon d'outre-Atlantique.»
Tout comme Paul Martin, qui a livré un discours devant le même public mardi, Pauline Marois a insisté sur la «nécessaire réhabilitation du politique» et sur le renforcement de la légitimité des gouvernements nationaux dans le contexte actuel de mondialisation. «L'État a un rôle important à jouer. Il appartient encore et toujours à l'État d'assurer la sécurité, le progrès et la justice sociale, en corrigeant les déséquilibres que peut provoquer l'intégration économique livrée à elle-même, a-t-elle déclaré. Ce sont des États qui négocient [...], pas des intérêts privés.»
Réaffirmant l'urgence de la souveraineté, Pauline Marois a déclaré qu'à son avis, le statut d'État souverain est le seul moyen par lequel le Québec peut jouer pleinement son rôle dans l'important processus de transformation géopolitique en cours.
Resouder les continents
Invité d'honneur de cette conférence, le président du directoire et directeur de publication du quotidien Le Monde, Jean-Marie Colombani, a pour sa part plaidé en faveur d'un rapprochement entre l'Europe et les États-Unis du gouvernement Bush.
À son avis, «il s'agit de resouder les continents», séparés avant le 11 septembre par le déplacement, dans des directions opposées, des centres de gravité continentaux. Alors que l'Europe se tourne vers l'Est, les Américains accordent en effet de plus en plus d'importance au sud du continent ainsi qu'à la Russie.
Celui qui vient de publier un essai intitulé Tous Américains? s'est montré dur envers les États-Unis, dont l'unilatéralisme grandissant irrite prodigieusement l'Europe. «Le 11 septembre devrait être un retour à la réalité pour les États-Unis [...]. Les attentats auraient dû faire réaliser à l'Amérique qu'elle était une nation mortelle parmi les mortels», a-t-il déclaré.
À son avis, le gouvernement Bush devrait recommencer à considérer l'Europe comme un partenaire et non comme un satellite. «L'Amérique a longtemps été l'Europe idéale. Or les idéaux qui l'animaient ont été absorbés par l'Europe alors que les États-Unis tendent à s'en éloigner», a-t-il soupiré.
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