Irak - Les gros contrats échapperont aux entreprises canadiennes
Le premier ministre sortant, Jean Chrétien, a semé la confusion hier en niant que Washington ait décidé d'exclure les entreprises canadiennes des contrats pour la reconstruction de l'Irak.
Le président américain, George W. Bush, a téléphoné à M. Chrétien hier matin pour lui souhaiter bonne chance dans sa nouvelle vie et le remercier de la contribution du Canada à la guerre contre le terrorisme.
«Il m'a remercié pour le travail que nos soldats font d'une façon extraordinaire en Afghanistan et [pour] les offres d'aide que nous avons faites pour la reconstruction en Irak», a déclaré Jean Chrétien lors d'une conférence de presse qu'il a tenue aux côtés du premier ministre chinois, Wen Jiabao, en visite officielle au Canada.
«Quant à la nouvelle qu'il y avait dans les journaux, à l'effet que les Canadiens allaient être exclus des activités économiques en Irak, le président m'a assuré que ce n'était pas le cas et qu'il prendrait des dispositions pour ce faire, alors je l'ai remercié, a-t-il ajouté. [...] Il m'a dit de ne pas m'inquiéter.» «Ce que M. Bush a dit à M. Chrétien, c'est: "Nous reconnaissons la contribution du Canada, nous vous en remercions et nous travaillons à rectifier la situation"», a précisé un porte-parole du premier ministre, Steven Hogue. Il a indiqué qu'aucun échéancier précis n'avait été arrêté pour atteindre ce but.
À Washington, le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McLelland, a contredit les propos de Jean Chrétien. «Ils [le Canada] ne figurent pas sur cette liste», a-t-il affirmé à propos des 63 pays autorisés par les États-Unis à obtenir d'importants contrats de reconstruction en Irak. Selon certains observateurs, Washington ne s'engagerait qu'à discuter de la question avec Ottawa, comme cela a été proposé à d'autres pays aussi exclus. Les États-Unis acceptent déjà que des contrats de moindre importance soient attribués à des pays n'ayant pas pris part à la guerre contre l'Irak.
«Des nôtres ont mis leur vie en danger, les gens de la coalition amicale en Irak ont mis leur vie en danger, alors l'attribution des contrats va refléter cela. Les Américains, ceux qui payent des impôts, comprennent pourquoi il est logique que les pays qui ont risqué des vies participent aux contrats en Irak», a déclaré hier le président Bush.
Mercredi, le premier ministre désigné, Paul Martin, avait dit ne pas comprendre la décision américaine, qui touche des contrats d'une valeur totale de 18,6 milliards $US. Il a promis d'intervenir rapidement auprès des autorités américaines. Le Canada s'est déjà engagé à verser quelque 300 millions de dollars pour l'aide humanitaire et la reconstruction en Irak.
La dette irakienne
La colère grondait toujours hier après la décision américaine d'exclure des appels d'offres pour la reconstruction de l'Irak les entreprises de pays s'étant opposés à l'intervention américaine. Le commissaire européen chargé des relations étrangères l'a qualifiée de «gratuite et inutile» tandis que le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, l'a lui aussi jugée «malencontreuse» et «non unificatrice» à l'heure où les diplomates cherchent à rebâtir un consensus international sur l'Irak. Le candidat à l'investiture démocrate John Kerry a en revanche parlé d'une «énorme erreur» «frisant la stupidité».
George Bush a cherché à ramener le débat sur la restructuration de la dette irakienne. Il a donc dit espérer que Moscou, Berlin et Paris, les trois plus gros créanciers de l'Irak, feraient néanmoins un effort pour alléger le fardeau de la dette irakienne. «Cela serait une contribution significative dont nous serions très reconnaissants», a déclaré George Bush. À cet effet, Bush envoie son tout nouvel émissaire spécial chargé du dossier, l'ancien chef de la diplomatie de son père, James Baker, en Russie, en Grande-Bretagne, en France, en Italie et en Allemagne.
Cette décision américaine d'exclusion vise tout particulièrement la France, l'Allemagne et la Russie, ce qui pourrait également compliquer la restructuration de la dette irakienne, qui est principalement envers ces trois pays. La Russie a d'ores et déjà prévenu qu'elle ne ferait aucune concession sur cette question de la dette après l'exclusion de la reconstruction décidée par Washington. Moscou n'envisage aucune réduction de cette dette, a souligné le ministre de la Défense, Sergueï Ivanov.
À Londres, le secrétaire au Foreign Office, Jack Straw, a dit comprend Washington. Mais le chancelier allemand Gerhard Schroeder a jugé que cela n'avait «aucun sens de discuter de qui peut participer à la reconstruction [...] et qui ne peut pas. Le droit international doit être appliqué, et les restrictions n'y aident pas».
Le président américain, George W. Bush, a téléphoné à M. Chrétien hier matin pour lui souhaiter bonne chance dans sa nouvelle vie et le remercier de la contribution du Canada à la guerre contre le terrorisme.
«Il m'a remercié pour le travail que nos soldats font d'une façon extraordinaire en Afghanistan et [pour] les offres d'aide que nous avons faites pour la reconstruction en Irak», a déclaré Jean Chrétien lors d'une conférence de presse qu'il a tenue aux côtés du premier ministre chinois, Wen Jiabao, en visite officielle au Canada.
«Quant à la nouvelle qu'il y avait dans les journaux, à l'effet que les Canadiens allaient être exclus des activités économiques en Irak, le président m'a assuré que ce n'était pas le cas et qu'il prendrait des dispositions pour ce faire, alors je l'ai remercié, a-t-il ajouté. [...] Il m'a dit de ne pas m'inquiéter.» «Ce que M. Bush a dit à M. Chrétien, c'est: "Nous reconnaissons la contribution du Canada, nous vous en remercions et nous travaillons à rectifier la situation"», a précisé un porte-parole du premier ministre, Steven Hogue. Il a indiqué qu'aucun échéancier précis n'avait été arrêté pour atteindre ce but.
À Washington, le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McLelland, a contredit les propos de Jean Chrétien. «Ils [le Canada] ne figurent pas sur cette liste», a-t-il affirmé à propos des 63 pays autorisés par les États-Unis à obtenir d'importants contrats de reconstruction en Irak. Selon certains observateurs, Washington ne s'engagerait qu'à discuter de la question avec Ottawa, comme cela a été proposé à d'autres pays aussi exclus. Les États-Unis acceptent déjà que des contrats de moindre importance soient attribués à des pays n'ayant pas pris part à la guerre contre l'Irak.
«Des nôtres ont mis leur vie en danger, les gens de la coalition amicale en Irak ont mis leur vie en danger, alors l'attribution des contrats va refléter cela. Les Américains, ceux qui payent des impôts, comprennent pourquoi il est logique que les pays qui ont risqué des vies participent aux contrats en Irak», a déclaré hier le président Bush.
Mercredi, le premier ministre désigné, Paul Martin, avait dit ne pas comprendre la décision américaine, qui touche des contrats d'une valeur totale de 18,6 milliards $US. Il a promis d'intervenir rapidement auprès des autorités américaines. Le Canada s'est déjà engagé à verser quelque 300 millions de dollars pour l'aide humanitaire et la reconstruction en Irak.
La dette irakienne
La colère grondait toujours hier après la décision américaine d'exclure des appels d'offres pour la reconstruction de l'Irak les entreprises de pays s'étant opposés à l'intervention américaine. Le commissaire européen chargé des relations étrangères l'a qualifiée de «gratuite et inutile» tandis que le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, l'a lui aussi jugée «malencontreuse» et «non unificatrice» à l'heure où les diplomates cherchent à rebâtir un consensus international sur l'Irak. Le candidat à l'investiture démocrate John Kerry a en revanche parlé d'une «énorme erreur» «frisant la stupidité».
George Bush a cherché à ramener le débat sur la restructuration de la dette irakienne. Il a donc dit espérer que Moscou, Berlin et Paris, les trois plus gros créanciers de l'Irak, feraient néanmoins un effort pour alléger le fardeau de la dette irakienne. «Cela serait une contribution significative dont nous serions très reconnaissants», a déclaré George Bush. À cet effet, Bush envoie son tout nouvel émissaire spécial chargé du dossier, l'ancien chef de la diplomatie de son père, James Baker, en Russie, en Grande-Bretagne, en France, en Italie et en Allemagne.
Cette décision américaine d'exclusion vise tout particulièrement la France, l'Allemagne et la Russie, ce qui pourrait également compliquer la restructuration de la dette irakienne, qui est principalement envers ces trois pays. La Russie a d'ores et déjà prévenu qu'elle ne ferait aucune concession sur cette question de la dette après l'exclusion de la reconstruction décidée par Washington. Moscou n'envisage aucune réduction de cette dette, a souligné le ministre de la Défense, Sergueï Ivanov.
À Londres, le secrétaire au Foreign Office, Jack Straw, a dit comprend Washington. Mais le chancelier allemand Gerhard Schroeder a jugé que cela n'avait «aucun sens de discuter de qui peut participer à la reconstruction [...] et qui ne peut pas. Le droit international doit être appliqué, et les restrictions n'y aident pas».
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