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    Tibet

    Le chef du gouvernement en exil défend la «ligne médiane»

    Lobsang Sangay, le chef du gouvernement tibétain en exil
    Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Lobsang Sangay, le chef du gouvernement tibétain en exil

    Le Tibet sous occupation chinoise souffre de répression politique, de discrimination sociale, d’assimilation culturelle et de dévastation environnementale, affirme le Dr Lobsang Sangay, chef du gouvernement tibétain en exil (CTA, Central Tibetan Administration) basé à Dharamsala, en Inde.

     

    « Le simple fait de crier des slogans peut vous valoir d’être arrêté, torturé et parfois de disparaître », a-t-il précisé, ajoutant que le centre de Lhassa, la capitale tibétaine, est truffé de caméras de surveillance.

     

    M. Sangay, qui effectue une tournée au Canada, était de passage à Montréal lundi. Il est venu défendre auprès du public et des politiciens canadiens la « voie médiane » pour le Tibet, qui consiste en une « véritable » autonomie. À la suite de négociations menées il y a quelques années, les autorités de Pékin ont rejeté ce plan même s’il est conforme à la Constitution chinoise, selon M. Sangay. Ce dernier a ajouté que les Tibétains renoncent à l’indépendance par « réalisme », après toutes les souffrances qu’ils ont vécues et devant l’intransigeance chinoise.

     

    Discrimination

     

    « Il n’est pas rare de voir à Lhassa des offres d’emploi où il est dit ouvertement que le salaire versé sera supérieur si le candidat choisi est chinois plutôt que tibétain », a-t-il poursuivi.

     

    Comme on en a parfois des échos, de nombreux Tibétains protestent contre le traitement qui leur est réservé malgré le risque d’être arrêtés. On a assisté ces dernières années à une vague d’immolations, surtout de la part de moines et de moniales, une forme de protestation que le Dr Sangay et son gouvernement en exil condamnent. « Ces immolations sont la preuve que les Tibétains sont désespérés, frustrés et en même temps déterminés », dit-il en entrevue au Devoir, expliquant que ceux et celles qui protestent ainsi choisissent la mort immédiate de préférence à l’arrestation et à des mois ou à des années de torture. Selon M. Sangay, il y a plus de 700 prisonniers politiques tibétains dont l’identité ne fait aucun doute, mais le total pourrait en réalité se compter en milliers.

     

    « La réalité sur le terrain et la rhétorique n’ont pas changé depuis l’accession à la présidence de Xi Jinping. C’est la ligne dure qui continue, selon le Dr Lobsang Sangay. Son arrivée au pouvoir a coïncidé avec les immolations. Le père de Xi était au courant de la question tibétaine. C’était un personnage intéressant. Il avait rencontré le dalaï-lama et le panchen-lama, avec lesquels il avait de bonnes relations. Il était libéral. L’avenir nous dira si Xi Jinping est comme son père. Jusqu’ici, ce ne semble pas être le cas. »

     

    Le Dr Lobsang Sangay a souligné que la Chine compte entre 300 et 400 millions de bouddhistes, la religion de la quasi-totalité des Tibétains, et que plusieurs d’entre eux se rendent en pèlerinage au Tibet, tout comme les écrivains et les jeunes en quête de mystère ou d’exotisme. Le chef du CTA y voit un signe encourageant.

     

    M. Sangay a par ailleurs rappelé l’importance du plateau tibétain pour ses voisins et pour la planète. Regorgeant de minéraux, le Tibet est aussi un château d’eau au fort potentiel hydroélectrique et la source de la plupart des grands fleuves d’Asie, dont le Yangtze, l’Indus et le Brahmapoutre. Ce qui ne l’empêche pas d’être menacé à terme par la sécheresse si les glaciers géants de l’Himalaya continuent à fondre à un rythme accéléré.

     

    M. Sangay a appelé la centaine de sympathisants venus l’écouter lundi après-midi à appuyer les organisations pro-tibétaines locales comme le Comité Canada-Tibet, dont il était l’invité, à réagir aux articles et reportages portant sur le Tibet et à faire pression auprès de leurs représentants élus.

     

    Comme plusieurs autres États, le gouvernement canadien appuie la « ligne médiane » défendue par le gouvernement en exil et le dalaï-lama, tout en répétant que le Tibet doit continuer à faire partie de la Chine.













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