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Proche-Orient - Ariel Sharon au plus bas dans les sondages

Reuters   6 décembre 2003  Actualités internationales
Jérusalem - La cote de popularité d'Ariel Sharon a atteint son plus bas niveau hier au moment où, fait inhabituel, les relations entre Israël et les États-Unis traversent une brouille, due à des différences d'appréciation sur le «pacte de Genève».

Infligeant un camouflet au premier ministre israélien, George Bush s'est déclaré favorable à la rencontre qu'ont eue hier son secrétaire d'État, Colin Powell, avec les coauteurs du «pacte de Genève», plan de paix symbolique élaboré par la «colombe» israélienne Yossi Beilin et par l'ancien ministre palestinien de l'Information, Yasser Abed Rabbo, lesquels font actuellement une visite aux États-Unis pour rallier des soutiens à leur cause.

«Je pense qu'il est productif», a dit Bush de ce pacte, élaboré alors que la «feuille de route» pour la paix est dans l'impasse et que la seconde intifada dure depuis plus de trois ans.

Selon un sondage publié hier dans les colonnes du quotidien Maariv, seuls 33 % des Israéliens se disent satisfaits de l'action de leur premier ministre tandis que 59 % s'en disent mécontents. Sharon atteint là sa cote de popularité la plus basse depuis le commencement de son second mandat, en février.

La popularité de Sharon a baissé de manière régulière depuis la fin, en août, d'une trêve unilatérale proclamée le 29 juin par les grandes organisations radicales palestiniennes. L'arrêt brutal de cette trêve a fait disparaître un sentiment de sécurité que la population commençait de nouveau à éprouver.

Le même sondage publié par Maariv montre que le lancement officiel du «pacte de Genève» n'a pas dopé la popularité de ce plan. Seuls 29 % des Israéliens interrogés s'y déclarent favorables, contre 27 % avant qu'il ne soit officiellement dévoilé. 45 % s'y opposent.

En vertu de ce pacte, Israël céderait la Cisjordanie et la bande de Gaza aux Palestiniens pour qu'ils créent leur État, ce qui est également l'objectif ultime de la «feuille de route» mise au point par le «quartet» (États-Unis, Russie, Union européenne et Nations unies).

Mais contrairement à une «feuille de route» restée plutôt vague sur certains points, le «pacte de Genève» esquisse des solutions à des problèmes de fond en préconisant le démantèlement de la plupart des colonies de peuplement juif dans les territoires occupés, moyennant quoi Israël aurait le droit de décider combien de réfugiés palestiniens, chassés par les guerres depuis 1948, seraient habilités à revenir.

Avi Pazner, porte-parole du gouvernement israélien, a minimisé le désaccord actuel avec les États-Unis. «Le seul sceau que Washington a apposé concerne la feuille de route et nous sommes très disposés à continuer sur la voie de cette feuille de route.»
 
 
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