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    Irak et Syrie

    Le «califat islamique» renaît de ses cendres

    Il s’agit du « développement le plus important dans le djihad international depuis le 11-Septembre », dit un expert

    30 juin 2014 | Agence France-Presse à Beyrouth | Actualités internationales
    Des membres des forces kurdes d’Irak prenant position près du village de Bashir, au sud de Kirkouk, dimanche.
    Photo: Karim Sahib Agence France-Presse Des membres des forces kurdes d’Irak prenant position près du village de Bashir, au sud de Kirkouk, dimanche.

    Les djihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), engagés dans le combat en Irak et en Syrie, ont annoncé dimanche l’établissement d’un «califat islamique» dans les régions conquises dans ces deux pays, faisant fi des frontières.

     

    Sur le terrain en Irak, l’armée menait sa plus importante contre-offensive pour tenter de reprendre Tikrit et d’autres villes au nord de Bagdad conquises par les insurgés sunnites menés par l’EIIL lors de leur offensive fulgurante lancée le 9 juin.

     

    Dans un enregistrement audio diffusé sur internet au premier jour du ramadan, l’EIIL, qui se fait désormais appeler «État islamique» pour supprimer toute référence géographique, a désigné son chef Abou Bakr Al-Baghdadi comme «calife» et donc «chef des musulmans partout» dans le monde.

     

    Le calife désigne depuis la mort du prophète Mahomet son successeur comme «émir des croyants» dans le monde musulman, mais ce régime a disparu avec le démantèlement de l’Empire ottoman.

     

    Dans l’enregistrement, Abou Mohammad al-Adnani, porte-parole de l’EIIL, explique que le califat s’étendra d’Alep (nord de la Syrie) à Diyala (est de l’Irak), soit sur les régions conquises par ce groupe dans ces deux pays où ses milliers de combattants font la guerre au pouvoir en place. «Musulmans [...], rejetez la démocratie, la laïcité, le nationalisme et les autres ordures de l’Occident. Revenez à votre religion», a-t-il lancé.

     

    L’annonce de ce califat « est le développement le plus important dans le djihad international depuis le 11-Septembre [2011] », a affirmé Charles Lister, chercheur associé au Centre Brookings Doha, en référence aux attentats d’Al-Qaïda aux États-Unis.

     

    «Cela pourrait marquer la naissance d’une nouvelle ère de djihadisme transnational [...] et cela pose un véritable danger à Al-Qaïda et à son leadership», ajoute cet expert, selon qui l’EIIL, qui a des partisans dans de nombreux pays, est également la formation djihadiste la plus riche.

     

    Le président américain, Barack Obama, dont le pays était engagé militairement en Irak de 2003 à 2011, s’est d’ailleurs inquiété du nombre de djihadistes européens combattant dans la région, relevant que ces derniers n’avaient pas besoin de visa pour se rendre aux États-Unis.

     

    L’EIIL bien implanté

     

    En Syrie, où il fait face aussi à ses anciens alliés rebelles et djihadistes excédés par ses exactions et sa volonté hégémonique, l’EIIL a fait de Raqa (nord) une «capitale» très organisée et contrôle une grande partie de la province de Deir Ezzor (est), ainsi que des positions dans celle d’Alep (nord).

     

    En Irak, où il bénéficie du soutien d’ex-officiers de Saddam Hussein, de groupes salafistes et de certaines tribus, le groupe est implanté depuis janvier dans la province d’Al-Anbar (ouest) et a mis la main en juin sur Mossoul, deuxième ville du pays, une grande partie de sa province Ninive (nord), ainsi que des secteurs des provinces de Diyala (est), Salaheddine et Kirkouk (ouest).

     

    Pour aider l’armée irakienne à regagner du terrain après sa débandade initiale, la Russie a livré cinq avions de combat Sukhoi et les États-Unis ont envoyé des experts militaires et des drones pour survoler Bagdad.

     

    Le ministère irakien de la Défense a souligné que ces cinq Su-25, sur une douzaine commandés, entreraient en action dans les prochains jours.

     

    Alors que les appels en Irak et à l’étranger en faveur d’un gouvernement d’union se sont multipliés, le premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite accusé d’avoir marginalisé les sunnites, a semblé finalement se rallier à cette idée. Le Parlement doit se réunir ce mardi pour déclencher le processus.

     

    Le conseiller de M. Maliki sur la question de la réconciliation nationale, Amer Khouzaï, a déclaré à l’AFP qu’il y avait actuellement «nettement plus de danger» pour l’Irak que lors de la guerre entre musulmans chiites et sunnites de 2006-2007, qui avait fait des dizaines de milliers de morts.

     

    «Maintenant, la guerre est plus organisée», a-t-il prévenu, en visant autant les insurgés sunnites que les Kurdes, qui se sont emparés, à la faveur de la crise, de territoires disputés dans le nord du pays.

     

    Dimanche, l’armée a intensifié ses contre-attaques dans la province de Salaheddine, principalement sur son chef-lieu Tikrit (160 km au nord de Bagdad).

     

    Des milliers de soldats participent à l’opération lancée la veille, appuyés par des chars et l’aviation. L’armée avance depuis différentes positions et des combats ont lieu à la périphérie de Tikrit, selon un responsable.

     

    Plus au nord, des dizaines de civils volontaires soutenus par les forces kurdes ont attaqué les insurgés dans le village de Bachir, majoritairement chiite, dans la province de Kirkouk, selon un responsable.

     

    Sur le plan humanitaire, les organisations internationales ont tiré la sonnette d’alarme alors que plus d’1,2 million de personnes ayant été déplacées en Irak depuis le début de l’année.













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