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Vague d'arrestations à Istanbul

Londres et Washington craignent de nouvelles attaques

22 novembre 2003  Actualités internationales
Jour de funérailles pour 27 familles.
Photo : Agence Reuters
Jour de funérailles pour 27 familles.
Istanbul - L'enquête sur les deux attentats antibritanniques à Istanbul, de nouveau revendiqués par le réseau al-Qaïda, progressait hier avec plusieurs arrestations alors que Londres et Washington évoquaient la possibilité de nouvelles attaques.

Les deux auteurs des attentats suicide à la voiture piégée de jeudi sont des Turcs qui ont été identifiés par la police, selon le quotidien à grand tirage Hurriyet. Il s'agirait de deux hommes, Azad Ekinci et Feridun Ugurlu, militants islamistes déjà recherchés dans le cadre des attentats suicide de samedi dernier contre deux synagogues à Istanbul.

Sept suspects étaient par ailleurs interrogés par la police antiterroriste à Istanbul, où les attentats de jeudi contre le consulat britannique et la banque britannique HSBC ont fait 27 morts, pour la plupart turcs, et plus de 450 blessés.

Le réseau terroriste al-Qaïda d'Oussama ben Laden a revendiqué hier les attentats dans un message électronique qui lui est attribué par l'hebdomadaire saoudien al-Majallah. Selon le message adressé au journal par un dirigeant d'al-Qaïda, Abou Mohamed al-Ablaj, «une nouvelle grande opération aura lieu entre l'Aïd al-Fitr et la fête du Sacrifice». La fête du Fitr marque la fin du mois de jeûne musulman du ramadan, la semaine prochaine, et celle du Sacrifice, la fin du grand pèlerinage à La Mecque, à la mi-février.

La police a procédé à «plusieurs arrestations» dans le cadre des attentats de jeudi, selon le ministre turc des Affaires étrangères, Abdullah Gül, pour qui son pays «fait face à des attaques terroristes organisées».

«L'enquête avance bien [...]. Nous avons obtenu des indices et des documents très importants», a de son côté affirmé le ministre turc de la Justice, Cemil Cicek, à la chaîne de télévision CNN-Turk, sans fournir de détails.

Les attentats antibritanniques sont survenus cinq jours après deux attaques similaires, à la voiture piégée, contre deux synagogues d'Istanbul, qui ont fait 25 morts et plus de 300 blessés.

Le secrétaire au Foreign Office, Jack Straw, arrivé dès jeudi soir à Istanbul pour une visite de quelques heures, a qualifié les attentats «d'attaques contre la civilisation», qui «montrent que le monde civilisé est confronté à une menace globale». «Il nous faut y répondre de façon globale», a-t-il déclaré à la presse.

M. Straw a relevé que la Turquie et la Grande-Bretagne sont liés en tant qu'États démocratiques luttant contre le terrorisme, ajoutant que les attentats ne feraient que renforcer «notre détermination à tous à voir la Turquie membre à part entière de l'Union européenne». Il a également estimé que les attaques sont l'oeuvre «d'associés» du réseau al-Qaïda, opinion partagée par la presse turque, qui estimait que les attaques de jeudi constituaient «le 11 septembre» de la Turquie.

La Grande-Bretagne et les États-Unis ont affirmé jeudi soir être en possession de renseignements sur de nouvelles attaques possibles en Turquie et ont mis en garde leurs ressortissants. Plusieurs pays, dont les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et le Canada, ont par ailleurs déconseillé à leurs ressortissants de se rendre en Turquie ou tout du moins de séjourner dans ses grandes villes.

Les Etats-Unis ont appelé hier leurs ressortissants dans le monde entier à la prudence face à la menace d'attentats terroristes liés à al-Qaïda. Le département d'État a publié un communiqué reprenant un précédent avis d'alerte du même type lancé le 26 septembre, pour mentionner les inquiétudes liées aux récents attentats en Arabie saoudite et en Turquie.

Semaine de congés

La Turquie, inquiète de voir son industrie touristique touchée de plein fouet, tentait de minimiser l'impact de ces avertissements. Ces attentats à répétition ont toutefois plongé la Turquie dans la crainte alors qu'elle se préparait à entrer dans une longue semaine de congés, qui commençaient hier soir, pour la fête religieuse marquant la fin du ramadan.

Le gouverneur d'Istanbul a annoncé que les permissions accordées à la police et à la gendarmerie étaient annulées. Et les mesures de sécurité autour des sites stratégiques, particulièrement les ambassades britanniques et américaines, ont été renforcées, selon le ministère turc des Affaires étrangères.

À Ankara, où les autorités s'inquiètent de l'échec de leurs services de renseignement à déjouer les attaques, le Conseil national de sécurité, qui regroupe les plus hautes autorités civiles et militaires, a étudié hier un rapport selon lequel plus de un millier de Turcs qui ont combattu aux côtés des islamistes en Afghanistan, en Tchétchénie ou en Bosnie sont aujourd'hui éparpillés dans la nature et capables de participer à des opérations terroristes, selon la chaîne CNN-Turk.
 
 
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