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    Esclavage: Washington épingle la Thaïlande, la Malaisie et le Venezuela

    Le département d’État estime à 150 milliards les profits de la traite des êtres humains 

    La Malaisie a également dégringolé au fond du classement américain, pour n’avoir pas tenu compte d’appels à se doter d’un programme qui respecte les « normes minimales d’éradication du trafic ».
    Photo: Jay Directo Agence France-Presse La Malaisie a également dégringolé au fond du classement américain, pour n’avoir pas tenu compte d’appels à se doter d’un programme qui respecte les « normes minimales d’éradication du trafic ».

    Les États-Unis ont accusé vendredi la Thaïlande, la Malaisie et le Venezuela de ne pas lutter suffisamment contre la traite des êtres humains, dans un rapport mondial assassin sur cet « esclavage moderne » qui peut déclencher des sanctions américaines.

     

    Ces trois pays et la Gambie se retrouvent aux côtés de l’Iran, la Syrie et la Corée du Nord, au plus bas d’un classement dressé chaque année par le département d’État et dévoilé vendredi par son patron John Kerry. Bangkok et Kuala Lumpur, deux puissances d’Asie du Sud-Est, avaient été placées en 2013 sur une « liste de surveillance » américaine, avec la menace d’être rétrogradées en queue de peloton.

     

    « Nous connaissons tous les horreurs de l’esclavage moderne et sommes déterminés à ne pas détourner le regard », a lancé le secrétaire d’État, appelant à une « prise de conscience » et à une « action » de tous les pays, y compris des États-Unis, pour en faire » davantage ».

     

    La lutte contre ces trafics est l’une des priorités du département d’État, au sein d’une administration Obama qui se veut en pointe sur les questions des droits de l’homme.

     

    D’après l’Organisation internationale du travail (OIT), la traite des êtres humains représente 150 milliards de dollars de bénéfices par an, dont 99 milliards pour l’industrie du sexe.

     

    M. Kerry a dit que « plus de 20 millions de personnes » étaient victimes de cette traite.

     

    En Thaïlande, ils sont des dizaines de milliers, le plus souvent d’immigrés de pays voisins « forcés, contraints ou escroqués pour travailler ou pour être exploités dans l’industrie du sexe », dénonce le rapport, bouclé avant le coup d’État de la fin mai dans le royaume.

     

    La plupart sont exploités dans les industries de la pêche et du textile ou comme employés de maison.

     

    «Les efforts pour faire appliquer les lois contre la traite d’êtres humains demeurent insuffisants par rapport à l’ampleur du problème en Thaïlande », dénonce Washington, qui s’alarme d’une « corruption à tous les niveaux » dans ce pays allié.

     

    L’ambassadeur de Thaïlande à Washington, Vijavat Isarabhakdi, s’est dit dans un communiqué « déçu » et en « désaccord respectueux » avec le département d’État.

     

    La Malaisie a également dégringolé au fond du classement américain, pour n’avoir pas tenu compte d’appels à se doter d’un programme qui respecte les « normes minimales d’éradication du trafic ». De nombreuses sociétés malaisiennes de recrutement engagent des travailleurs lourdement endettés auprès de trafiquants et qui finissent dans des fermes, sur des bateaux de pêche ou dans la prostitution.

     

    Celles et ceux qui parviennent à s’échapper de ce travail forcé se retrouvent souvent incarcérés par les autorités malaisiennes, souligne le département d’État.

     

    Le Venezuela, avec qui les États-Unis ont des relations exécrables, a lui aussi été rétrogradé parce qu’il n’a pas de « programme écrit » de lutte contre la traite humaine. D’après la diplomatie américaine, des femmes vénézuéliennes sont souvent emmenées de force dans des îles des Caraïbes pour s’y prostituer. Des enfants sont même réduits en esclavage comme employés de maison.

     

    En théorie, le président Barack Obama a toute latitude pour imposer des sanctions contre les États épinglés. Selon la législation américaine, la relégation de pays en bas de classement peut déclencher des coupes dans l’aide américaine non humanitaire et non commerciale.

     

    Mais des responsables américains ont reconnu que M. Obama s’était gardé de le faire l’an passé contre la Chine et la Russie.

     

    Les deux puissances avaient en effet été clouées au pilori dans le rapport 2013, provoquant la fureur de Moscou et de Pékin.

     

    Sur les 188 pays scrutés à la loupe, une quinzaine ont été rétrogradés et le même nombre, dont la Chine, sont au contraire remontés dans la hiérarchie, pour leurs efforts dans le combat contre la traite humaine.

     

    Le Chili et la Suisse ont par exemple rejoint les États-Unis, le Royaume-Uni ou la France en haut de classement.

     

    Le directeur du bureau au département d’État chargé de combattre la traite humaine, Luis CdeBaca, a rappelé que « ce que les victimes de la traite endurent est incomparable avec ce que la plupart d’entre nous vivons au cours de notre existence ».

     

    Agence France-Presse













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