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«J'aurais pu tuer Bush»

Un journaliste du Daily Mirror s'est fait engager comme valet à Buckingham Palace, où il avait accès à la plupart des appartements

20 novembre 2003  Actualités internationales
Londres - Un journaliste du Daily Mirror a raconté hier comment il «aurait pu» assassiner la reine Elizabeth ou George Bush après s'être fait recruter par Buckingham Palace sous de fausses références, un scoop qui fait quelques vagues en pleine visite du président américain.

Sur pas moins de 15 pages, le journal populaire explique comment son reporter Ryan Parry est parvenu à se faire embaucher il y a deux mois comme valet de pied en falsifiant grossièrement son curriculum vitae.

Les services chargés du recrutement à Buckingham se sont contentés de quelques coups de fil, notamment à un pub, pour vérifier ses références alors qu'une simple recherche sur Internet leur aurait permis de découvrir qu'il travaillait pour le Daily Mirror, explique le journaliste.

Ces négligences sont d'autant plus surprenantes que le palais était en pleine préparation de la visite d'État de George et Laura Bush, arrivés mardi soir à Londres. Le couple séjournera jusqu'à demain à Buckingham. Un dispositif de sécurité «sans précédent» a été mis en place pour cette visite controversée, avec quelque 5000 policiers mobilisés chaque jour à Londres.

Résultat: Scotland Yard et le palais ont ouvert dès hier matin une énième enquête sur la sécurité de la famille royale.

«Révision complète»

Buckingham n'a pas exclu des poursuites judiciaires contre le journaliste pour rupture du contrat de confidentialité que doivent signer tous les nouveaux employés du palais.

Le ministre de l'Intérieur, David Blunkett, est pour sa part intervenu devant la Chambre des communes pour annoncer que le gouvernement avait confié à une commission de sécurité indépendante une révision «complète» des mesures de sécurité du palais de Buckingham.

Il a cherché à calmer les esprits en assurant que les recherches sur un éventuel passé criminel de Ryan Parry avaient été menées «sérieusement et correctement», même si ses références professionnelles n'avaient pas été suffisamment vérifiées.

Le journaliste raconte pourtant qu'une fois engagé comme valet de pied, il a eu accès à la plupart des appartements royaux ainsi qu'à la suite belge, qui accueille depuis mardi soir les époux Bush.

«Si j'avais été un terroriste ayant l'intention d'assassiner la reine ou le président américain George Bush, j'aurais pu le faire avec une absolue facilité», assure-t-il.

Ne reculant devant aucune dramatisation, un éditorial du Daily Mirror dénonce «le plus grand scandale pour la sécurité royale» et enfonce le clou: son reporter «aurait pu frapper lors du banquet d'État ce [hier] soir, éliminant le président [Bush], la souveraine et le premier ministre» Tony Blair.

La sécurité de la famille royale avait déjà été prise en défaut à de nombreuses reprises ces dernières décennies.

En juin dernier, un acteur de rue, Aaron Barschak, déguisé en Oussama ben Laden, était notamment parvenu à «s'inviter» à une fête donnée au château de Windsor, à l'ouest de Londres, pour les 21 ans du prince William.

Les deux mois passés dans les couloirs du palais royal ont également permis au Daily Mirror de rapporter, sur une note plus légère, quelques photos volées donnant une image inédite de l'intimité des Windsor.

L'une d'elles montre l'impeccable (et apparemment immuable) agencement de la table accueillant le petit-déjeuner de la reine et du prince Philip: la porcelaine et l'argenterie y côtoient curieusement de très peu royales boîtes Tupperware contenant les céréales ou les flocons d'avoine, ainsi qu'une minuscule radio portable.

Elizabeth, explique Ryan Parry, a une préférence pour les toasts à la marmelade, dont elle donne de généreuses portions à ses chers chiens corgis.

Le journal publie également quelques clichés des chambres réservées aux princes Andrew et Edward... coussins kitsch et ours en peluche compris.
 
 
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