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Tournant majeur dans la stratégie américaine - La souveraineté de l'Irak devient soudainement urgente

14 novembre 2003  Actualités internationales
Les forces américaines ont intensifié, hier soir à Bagdad, leurs activités dans le cadre de l’opération «Marteau de fer».
Photo : Agence Reuters
Les forces américaines ont intensifié, hier soir à Bagdad, leurs activités dans le cadre de l’opération «Marteau de fer».
Bagdad — Le président américain, George W. Bush, confronté à un redoublement de la violence en Irak, a indiqué hier avoir demandé à l'administrateur civil américain dans ce pays, Paul Bremer, d'accélérer le transfert du pouvoir aux Irakiens.

«Nous voulons que les Irakiens soient plus impliqués dans l'administration de leur pays», a déclaré le président à des journalistes, au lendemain d'un entretien avec Paul Bremer à la Maison-Blanche. Ce même jour un attentat meurtrier en Irak avait fait 27 morts, dont 18 militaires italiens.

«L'ambassadeur Bremer, avec mes instructions, est retourné [en Irak] pour parler d'une stratégie au Conseil de gouvernement et il en rendra compte après ses consultations avec les gens que nous souhaitons voir prendre plus de responsabilités» en Irak, a précisé George W. Bush.

Principal allié des Américains en Irak, la Grande-Bretagne a apporté son soutien à ce changement de cap, son ministre des Affaires étrangères, Jack Straw, affirmant que l'approche de Londres «est très semblable à celle des États-Unis».

Face aux difficultés de la coalition, la France a plaidé pour la mise en oeuvre d'«un processus d'urgence» en Irak, dont la première étape devrait être la formation d'une assemblée consultative et d'un gouvernement provisoire, sans attendre la tenue d'élections.

Son chef de la diplomatie, Dominique de Villepin, a précisé que la visite la semaine prochaine en Europe du président Bush et du secrétaire d'État Colin Powell serait l'occasion «d'approfondir» ces propositions.

Pour plusieurs quotidiens américains, les décisions prises mercredi par la Maison-Blanche sur l'Irak préfigurent un tournant majeur de la stratégie de Washington. Certains journaux ont évoqué la possibilité d'un retrait partiel de troupes avant l'élection présidentielle américaine de 2004.

Selon le New York Times, l'administration Bush veut dorénavant des élections en Irak durant le premier semestre 2004 et concéder l'autorité aux Irakiens avant même un accord sur une Constitution irakienne. L'ONU a demandé qu'un calendrier pour rédiger cette Constitution et tenir des élections lui soit présenté d'ici le 15 décembre.

Hier, au lendemain de l'attaque d'une base italienne à Nasiriya (375 km au sud-est de Bagdad), la plus meurtrière menée contre les forces de la coalition, le ministre italien de la Défense, Antonio Martino, a accusé al-Qaïda d'être l'auteur de l'attentat. Après cet attentat, le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a souligné que les pays qui envoient des troupes dans ce pays doivent le faire «les yeux grands ouverts».

Si les Néerlandais ont assuré ne pas vouloir retirer leurs 1100 soldats déployés en Irak, les Coréens du Sud ont décidé d'envoyer un contingent limité à 3000 hommes au maximum et les Japonais ont exprimé leur refus, à ce stade, de faire partir des militaires.

Le secrétaire général sortant de l'Alliance atlantique, George Robertson, a pour sa part estimé qu'une plus grande implication de l'OTAN en Irak restait possible, tandis que Londres envisage également d'envoyer plus de troupes si cela s'avère nécessaire.

Sur le terrain, trois soldats américains ont été blessés dans deux attaques qui ont eu lieu hier à Kirkouk et à Falloujah, ont indiqué la police et des témoins irakiens. Par ailleurs, un soldat américain a succombé mercredi aux blessures qui lui avaient été infligées quelques heures plus tôt par l'explosion d'une bombe dans le centre de Bagdad, a indiqué un porte-parole militaire américain.

Les forces américaines ont décidé d'intensifier leurs opérations «antiterroristes», a déclaré hier un porte-parole militaire au lendemain du début de l'opération «Marteau de fer», qui s'est poursuivie hier soir à Bagdad.

Les ennemis des États-Unis en Irak ne représentent pas plus de 5000 personnes, «mais ce sont des ennemis très dangereux», a déclaré à la presse le chef du commandement central américain, John Abizaid, à Tampa (Floride).
 
 
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