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    L’après-Ianoukovitch se met en marche

    L’Ukraine entre dans une période de transition

    Des protestataires s’acharnaient dimanche à arracher les lettres ornant un monument dédié aux officiers du KGB, dimanche, à Kiev, au lendemain du départ du président contesté Viktor Ianoukovitch après une semaine de violents affrontements. Un gouvernement d’unité nationale doit maintenant être formé.
    Photo: Associated Press David Vojinovic Des protestataires s’acharnaient dimanche à arracher les lettres ornant un monument dédié aux officiers du KGB, dimanche, à Kiev, au lendemain du départ du président contesté Viktor Ianoukovitch après une semaine de violents affrontements. Un gouvernement d’unité nationale doit maintenant être formé.

    Après la démission, la transition. Au lendemain du départ du président contesté Viktor Ianoukovitch, la Rada, le Parlement ukrainien, a confié dimanche matin les clés du pouvoir exécutif à son actuel président, Oleksandr Turchynov, qui devient président par intérim d’un pays marqué toute la semaine dernière par la violente répression de la contestation populaire. Le nouvel homme fort de l’Ukraine est le cofondateur avec Ioulia Timochenko, égérie de la révolution orange de 2004, du parti libéral Batkivschina. Il a été également en 2005 le premier civil placé à la tête des services de renseignement ukrainien.

     

    Par 287 voix, les parlementaires ont confié l’intérim à Turchynov en prévision d’une élection présidentielle anticipée prévue le 25 mai prochain. Dans sa première adresse à la nation, il a indiqué être ouvert au dialogue avec Moscou, à condition que l’État russe respecte « le choix européen de l’Ukraine ». Le rapprochement du pays avec l’Union européenne, plutôt qu’avec la Russie comme cela était envisagé par le président démissionnaire, est le moteur principal des manifestations des dernières semaines. Le nouveau président a donné jusqu’à mardi au Parlement pour former un nouveau gouvernement d’unité nationale.

     

    Dans la foulée de cette nomination, la Rada a décrété également la restitution à l’État de la luxueuse résidence du président Viktor Ianoukovitch, en banlieue de Kiev, dont la privatisation illégale avait été dénoncée ces dernières années par les médias et l’opposition. Elle était devenue le symbole de la corruption du régime. La Chambre a aussi voté la démission du ministre des Affaires étrangères Leonid Kozhara, du ministre de l’Éducation Dmytro Tabachnyk, mais également appelé à l’arrestation du ministre du Revenu Oleksandr Klimenko et du procureur général Viktor Pshonka. Selon des médias locaux, citant des sources officielles, l’ex-président Ianoukovitch aurait été arrêté par des autorités douanières alors qu’il cherchait à gagner la Russie en jet privé.

     

    La reconfiguration du pouvoir à Kiev, la capitale de l’Ukraine, a été accueillie favorablement par Ottawa samedi. « La tournure des événements en Ukraine aujourd’hui constitue un pas important pour libérer l’Ukraine de la violence dans laquelle était tombé le régime Ianoukovitch, a résumé le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, par voie de communiqué. Nous appuyons de tout coeur l’accord intervenu pour mettre un terme à la violence […] et s’orienter vers un gouvernement de coalition et des élections anticipées. Nous appuyons également la décision de libérer de prison l’ancienne première ministre Ioulia Timochenko. »

     

    Timochenko, figure de la révolution ukrainienne de 2004, a été accueillie en sauveuse samedi soir par les opposants au régime Ianoukovitch. Dimanche, elle a toutefois indiqué ne pas vouloir redevenir chef du gouvernement. « Je vous demande de ne pas envisager ma candidature pour le poste de premier ministre », a-t-elle écrit sur le site Internet de sa formation politique.

     

    Néanmoins, une porte-parole de son parti a indiqué à l’AFP que l’ancienne prisonnière allait consacrer sa première journée de liberté à rencontrer des ambassadeurs occidentaux avant de rendre visite à sa mère, à Dnipropetrovsk, dans l’est du pays. Une entrevue avec la chancelière allemande, Angela Merkel, est déjà en préparation. Les deux femmes « ontconvenu de se rencontrer très prochainement, a indiqué le parti Batkivchtchina dans un communiqué. Mme Merkel a salué la libération de Mme Timochenko et a souligné que son retour dans la grande politique serait un facteur important pour stabiliser la situation en Ukraine, préserver l’unité et la remettre sur voie des réformes européennes ».

     

    La diplomatie en action

     

    L’Ukraine s’est retrouvée dimanche au coeur des conversations téléphoniques entre la chancelière allemande, le président français et le président russe. François Hollande a salué « la transition démocratique qui s’engage », mais également souligné que « l’unité et l’intégrité territoriale du pays doivent être respectées ». « La France entend accompagner le processus en cours et appuyer pleinement, avec l’aide de l’Union européenne, les réformes politiques et la modernisation économique de l’Ukraine », a indiqué l’Élysée.

     

    La haute représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, se rendra à Kiev lundi, où elle entend discuter des mesures à prendre pour mettre fin à la crise politique et pour stabiliser l’économie du pays, a annoncé dimanche sa porte-parole. Pour sa part, la responsable américaine pour la sécurité, Susan Rice, a prévenu la Russie qu’une intervention militaire de sa part en Ukraine serait une « grave erreur ». Les États-Unis et la Russie ont un rapport tendu sur la question ukrainienne depuis le début de la crise. « Ce n’est pas dans l’intérêt de l’Ukraine, de la Russie, de l’Europe ou des États-Unis de voir un pays éclater », a-t-elle indiqué sur les ondes du réseau NBC.

     

    Alors que l’Ukraine se prépare à écrire l’après Viktor Ianoukovitch, l’ex-président a été lâché dimanche par son propre parti, qui l’a jugé « responsable des événements tragiques » en Ukraine et a condamné sa « trahison » dans un communiqué. « L’Ukraine a été trahie, les Ukrainiens dressés les uns contre les autres », a déclaré le Parti des régions, soulignant « la responsabilité de Ianoukovitch et de ses proches ».

     

    Le ministre de la Santé a indiqué que, depuis le 18 février, pas moins de 88 personnes, principalement des manifestants, ont perdu la vie dans la répression sanglante commandée par Ianoukovitch. Dimanche, la Maïdan, place de l’Indépendance à Kiev, était toujours noire de monde, les groupes d’opposition ayant demandé aux citoyens de ne pas se disperser. Il y avait des gens de tous âges et de tous milieux, y compris des parents avec leurs poussettes, venus apporter des fleurs ou allumer des cierges devant une multitude de chapelles improvisées, a constaté l’AFP. « On n’a pas le droit d’oublier », proclamait une pancarte sur l’une d’elles, entourée d’icônes.

     

    Avec l’Agence France-Presse

    Des protestataires s’acharnaient dimanche à arracher les lettres ornant un monument dédié aux officiers du KGB, dimanche, à Kiev, au lendemain du départ du président contesté Viktor Ianoukovitch après une semaine de violents affrontements. Un gouvernement d’unité nationale doit maintenant être formé. Des gens de tous âges et de tous milieux se recueillaient sur la place de l’Indépendance dimanche à Kiev.












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