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    Conflit syrien

    Chaos absolu

    En Syrie, le début de la présente année s’est caractérisé par une flambée des violences et par l’expansion rapide de la malnutrition. Bref, le chaos est absolu. Et que font les opposants au régime de Bachar al-Assad à une semaine du sommet de Genève ? Ils se divisent et se subdivisent.

     

    Signe du pourrissement accéléré du dossier syrien, le trop discret, pour ne pas dire le terne, secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, est intervenu sur la place publique ces jours-ci pour réclamer auprès des puissants de ce monde une collecte de fonds urgente de 6,5 milliards. De la part de l’ONU, il s’agit, c’est à souligner, de la plus importante requête financière de son histoire. La cause de cette intervention ? Pas moins de 9,3 millions de Syriens, soit la moitié de la population, ont besoin d’une aide alimentaire ici et maintenant. Autrement dit, après trois ans d’une guerre civile qui a fait plus de 130 000 morts et au-delà de 2,4 millions de réfugiés, voilà qu’aux blessures du conflit viennent de se greffer les affres de la famine. Quoi d’autre ? De plus en plus d’enfants sont aux prises avec le retour de la poliomyélite.

     

    Vu les circonstances, on s’attendrait à ce que les opposants tracent les contours de l’union sacrée afin de tirer son épingle du jeu lors des pourparlers qui se poursuivront durant la réunion dite de Genève 2. À celle-ci, les 11 parrains arabes et occidentaux de la Coalition nationale syrienne (CNS) participeront, ainsi qu’une délégation défendant les intérêts du régime Assad, sans oublier ses alliés russes et possiblement iraniens. Toujours est-il qu’au lieu de dessiner l’architecture d’un front commun solide, les adversaires d’Assad passent le temps à multiplier les invectives, les menaces, etc.

     

    S’il en va ainsi, c’est que derrière les rideaux, l’Arabie saoudite et le Qatar, les éternels rivaux, s’emploient à manipuler les cordes de la discorde. Au ras des pâquerettes, ce travail de sape s’est traduit comme suit : Ahmed Jarba, le patron de la CNS, est considéré comme un traître par les courants « financés » par le Qatar parce qu’il est proche des Saoudiens. Inversement, le Conseil national syrien (CNS)… En deux mots, c’est la foire d’empoigne.

     

    Bien évidemment, cela n’a pas échappé à Assad. À preuve, il a capitalisé sur les divisions de l’opposition en redoublant d’ardeurs, si l’on peut dire, sur le front militaire. Ainsi, la énième et toute récente offensive menée contre les rebelles présents à Alep s’est soldée par la mort de 700 personnes et 3000 blessés. Au cours des dernières semaines, il a multiplié les coups de boutoir avec l’espoir d’être dans une position suffisamment forte qu’elle lui permettra de battre en brèche, à Genève, l’idée d’un gouvernement de transition. À laquelle d’ailleurs Moscou est également opposée.

     

    Ses chances de gagner cette manche sont d’autant plus nombreuses qu’en réalité, les opposants se livrent une guerre entre eux, entre djihadistes et rebelles. Qu’on y songe, depuis le 3 janvier les affrontements constatés ont fait plus de 1000 morts. Bien évidemment, ces événements combinés à la valse du « ceux qui iront à Genève sont des traîtres » a eu pour conséquence de répandre une certaine fatigue au sein des parrains occidentaux de la CNS. D’ores et déjà, certains diplomates avancent que si le nombre d’opposants boycottant Genève augmente au point de réduire la réunion à un exercice de figuration, alors Washington, Paris, Londres et consorts remettront en question leur soutien politique et sur le terrain.

     

    En attendant, force est de constater que l’adaptation au contexte syrien, sous l’impulsion du Kremlin, de la stratégie guerrière développée par les Russes en Tchétchénie, fait qu’Assad détient toujours les clés de la destinée syrienne.













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