Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Ariel Sharon est décédé

    Jérusalem — Ariel Sharon, l'ancien général et premier ministre israélien à la fois détesté et admiré pour ses exploits sur les champs de bataille et son ambition de transformer le Moyen-Orient, s'est éteint à 85 ans, samedi, huit ans après qu'une attaque cérébrale l'eut plongé dans un coma dont il n'est jamais sorti.

    Gilad Sharon a annoncé la mort de son père samedi après-midi. La santé d'Ariel Sharon s'était dégradée au cours de la dernière semaine et la moitié de ses organes vitaux, dont ses reins, ne fonctionnaient plus. Jeudi, les médecins avaient qualifié son état de «critique»«Il est parti. Il est parti au moment où il a choisi de partir», a affirmé Gilad à l'extérieur de l'hôpital où l'ancien militaire et politicien était traité.

    «Arik était un brave soldat et un leader audacieux qui aimait son pays et que son pays aimait, a pour sa part déclaré, samedi, le président israélien Shimon Peres, un ami et rival de longue date de M. Sharon. Il a été l'un des grands protecteurs d'Israël et l'un de ses plus importants architectes qui ne connaissait pas la peur et n'avait certainement pas peur d'avoir une vision.»

    Des réactions divergentes 

    Le premier ministre canadien Stephen Harper a affirmé qu'Ariel Sharon avait été un «dirigeant militaire réputé» qui avait «cherché à assurer la sécurité d'Israël avec une détermination inébranlable, qui a été reconnue par ses amis comme par ses adversaires». Il a également indiqué que le défunt figurait parmi les «architectes de l'Israël de l'ère moderne» et qu'il avait été «l'un de ses plus ardents défenseurs».

    Le président des États-Unis, Barack Obama, a présenté ses condoléances à la famille Sharon et au peuple israélien, déplorant la disparition d'un «leader qui a consacré sa vie à l'État d'Israël». Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a quant à lui salué les efforts de M. Sharon pour ramener la paix dans la région «même si cela voulait dire mettre à l'épreuve la patience de ses partisans de longue date et ses propres convictions en cours de route».

    Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est dit attristé par la mort d'Ariel Sharon et a soutenu que le monde se souviendrait de lui pour le «courage politique et la détermination» dont il lui a fallu faire preuve pour retirer les colons et les soldats israéliens de la bande de Gaza.

    Du côté palestinien, les réactions ont été nettement moins dithyrambiques. «Après huit ans, il a pris la même direction que les autres tyrans et criminels qui ont les mains couvertes de sang palestinien», a déclaré Khalil al-Haya, un représentant du Hamas.

    «Il voulait rayer le peuple palestinien de la carte. Il voulait nous tuer, mais au bout du compte, Sharon est mort et le peuple palestinien est toujours vivant», a renchérit Tawfik Tirawi, qui était chef des services palestiniens du renseignement lorsqu'Ariel Sharon était premier ministre.

    Réputation de «bulldozer»

    Comptant parmi les soldats les plus célèbres d'Israël, M. Sharon était connu pour ses tactiques audacieuses et ses refus occasionnels d'obéir aux ordres. En tant que politicien, il a acquis la réputation d'être un «bulldozer» qui faisait peu de cas des critiques et était capable d'accomplir beaucoup de choses.

    Il a lancé son pays dans une guerre controversée contre le Liban en 1982 et a été accusé d'être indirectement responsable du massacre de centaines de Palestiniens dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatilla, près de Beyrouth, après que ses troupes eurent permis aux membres d'une milice chrétienne libanaise d'y pénétrer. Cela ne l'a pas empêché de plus tard devenir premier ministre.

    La vie et la carrière de celui que de nombreux Israéliens surnommaient «Arik» se divisent en trois périodes distinctes: son passage mouvementé dans l'armée, ses années de politicien fort en gueule ayant participé à la création des colonies juives et orchestré l'invasion du Liban, ainsi que son mandat de premier ministre couronné par le retrait d'Israël de la bande de Gaza — écourté de manière dramatique par ses problèmes de santé alors qu'il se trouvait au sommet de sa popularité.

    Le retrait de la bande de Gaza était le résultat de l'abandon progressif de la politique de la ligne dure avec laquelle Ariel Sharon s'était d'abord fait connaître. Au cours du tumultueux été 2005, il a évacué tous les colons et les soldats israéliens de Gaza alors qu'il avait largement contribué à leur présence sur ce territoire. «Le destin de Netzarim est le destin de Tel-Aviv», avait-il même soutenu au sujet de la colonie juive à Gaza, trois ans plus tôt.

    M. Sharon a présenté son «désengagement» comme une façon d'alléger les tensions entre Israéliens et Palestiniens. Le retrait a été accompagné de la construction d'un imposant mur de séparation en Cisjordanie. Même si ces deux décisions ont été prises par souci de sécurité, elles constituaient aussi un aveu de la part du gouvernement de l'État hébreu que de continuer à exercer un contrôle sur la population palestinienne pourrait finir par représenter une menace pour le caractère juif et démocratique d'Israël.

    Quelques mois plus tard, Ariel Sharon a quitté le Likoud, le parti qu'il avait aidé à fonder, et a créé le Kadima, une formation politique centriste, avec l'objectif de remporter une troisième élection. Mais en décembre 2005 et en janvier 2006, le politicien âgé de 77 ans, souffrant d'un problème de surpoids, a subi deux attaques cérébrales. La dernière l'a laissé dans le coma. Son adjoint, Ehud Olmert, est devenu premier ministre après avoir mené le Kadima à la victoire.

    Fils d'immigrants russes, Ariel Sharon est né le 26 février 1928 dans le village agricole de Kfar Malal, au nord de Tel-Aviv. Avant d'être hospitalisé, il vivait sur un ranch dans le sud d'Israël. Marié et veuf à deux reprises, il a perdu sa seconde femme, qui était la soeur de sa première, dans un accident de voiture.

    Il laisse derrière lui deux fils, le troisième étant décédé en 1967 lorsqu'il était enfant à la suite d'un incident impliquant une arme à feu.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.