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    Développement et paix - Comme si le Montréal résidentiel avait été éliminé de la carte

    Les bénévoles sont à l’oeuvre aux Philippines

    14 décembre 2013 |Claude Lafleur | Actualités internationales
    Selon Ryan Worms, directeur adjoint au Service des programmes de Développement et paix, l’entraide entre les Philippins est « absolument extraordinaire ».
    Photo: Développement et paix Selon Ryan Worms, directeur adjoint au Service des programmes de Développement et paix, l’entraide entre les Philippins est « absolument extraordinaire ».
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Six jours après que le typhon Haiyan eut dévasté l’archipel des Philippines, Ryan Worms, de Développement et paix, a été dépêché sur les lieux.

     

    «Ma première impression ? Ç’a été que c’est pire que ce que j’avais imaginé, se souvient Ryan Worms. J’avais bien sûr en tête les images vues à la télé, mais c’est autre chose sur place ! » Le coopérant a ainsi été témoin d’un niveau de destruction d’une ampleur indescriptible. « C’est… très, très impressionnant, dit-il. Tout a été rasé, il ne reste rien, ou presque, debout ! »

     

    Il a d’ailleurs visité des régions où plus de 80 % des maisons ont été rasées. On estime à plus d’un million le nombre des maisons détruites, un peu comme si toutes les habitations de l’île de Montréal n’existaient plus !

     

    « Ma seconde impression, poursuit M. Worms, c’est l’entraide absolument extraordinaire que les Philippins s’apportent entre eux. Ça, je pourrais vous en parler durant des heures », lance-t-il, émerveillé.

     

    Il cite entre autres le cas d’une femme venue rencontrer son équipe d’urgence. « Nous étions la première équipe à arriver sur place, raconte-t-il. Elle s’approche de moi pour me dire : “ J’ai deux enfants et le toit de ma maison a été partiellement détruit, on dort dehors… ” Mais, ce qu’elle voulait, c’était me présenter sa voisine, enceinte de huit mois et qui n’avait plus de maison : “ C’est elle qui doit recevoir l’aide en premier ! ”, m’a-t-elle dit. Puis, elle m’a présenté une autre voisine, veuve, mère de cinq enfants et qui n’a plus de maison non plus : “ Et c’est elle aussi qui devrait recevoir l’aide en premier ”, ajoute-t-elle. »

     

    Même de retour des Philippines depuis une semaine, Ryan Worms reste profondément touché : « Ça, ce sont des histoires qui inspirent énormément de respect pour la population des Philippines, déclare-t-il. Et voilà que ça nous mobilise, en tant qu’acteurs humanitaires, pour qu’on redouble d’efforts ! »

     

    «La première chose à faire…»

     

    Ryan Worms est directeur adjoint au Service des programmes de Développement et paix. Il rentre tout juste des Philippines après avoir passé deux semaines sur le terrain.

     

    Vu que Développement et paix est l’organe d’entraide humanitaire de l’Église catholique canadienne, il se trouvait déjà bien implanté aux Philippines avant même la catastrophe. « Dans un pays très catholique comme les Philippines, on a la possibilité d’atteindre les populations les plus reculées grâce au réseau des églises, indique M. Worms. Dans certaines zones où je suis allé, nous étions les premières équipes d’aide humanitaire à arriver. »

     

    Ironiquement, Développement et paix était déjà en mode d’urgence, puisque, un mois avant que ne déferle Haiyan, le pays a été victime d’un puissant tremblement de terre. « Nous étions donc déjà en intervention d’urgence avec notre partenaire principal, Caritas-Philippines », indique-t-il.

     

    « La première chose à faire, c’est d’envoyer des fonds, poursuit-il. À la suite du séisme, nous avons envoyé 50 000 $, ce qui a permis à la Caritas locale de faire parvenir des biens de première nécessité : des aliments, de l’eau potable et des bâches pour construire des abris temporaires. »

     

    Cette fois-ci, à la suite du typhon, Développement et paix a immédiatement débloqué 100 000 $ pour l’achat de rations d’eau potable et l’amélioration de l’accès à des médicaments, ainsi que pour l’acheminement de cordes et de bâches en plastique en vue de la construction d’abris de fortune.

     

    Par la suite, Ryan Worms a été déployé sur place afin d’appuyer l’équipe de coordination. « J’ai ainsi participé à l’organisation des communications internes, afin de nous assurer que tous les diocèses avec lesquels nous travaillons puissent faire part de leurs besoins à l’équipe de coordination, dit-il. Et l’autre partie de ma mission a été d’aller sur le terrain pour recueillir des témoignages… »

     

    « Profiter » du désastre pour…

     

    La distribution de l’eau potable et de l’aide alimentaire est à présent en place, rapporte Ryan Worms, il reste maintenant à construire une foule d’abris temporaires. « C’est un immense défi, indique-t-il, étant donné le nombre de maisons endommagées. Ça nécessite d’apporter du matériel dans les différentes zones, ce qui va prendre du temps. »

     

    Il faut en outre planifier la remise en état des ressources économiques locales, qui ont toutes aussi été ravagées ; il s’agit entre autres de l’industrie de la pêche, de la culture du riz, des noix de coco, des noix d’acajou, etc. « Là, il va falloir faire un travail considérable », note le coopérant.

     

    « Quant à nous, nous sommes toujours en processus de collecte de fonds, poursuit-il. Nous avons déjà recueilli plus de 1,7 million et des collectes sont organisées dans presque toutes les paroisses du Canada. »

     

    Sans relâche, Développement et paix appuie ses partenaires philippins afin de répondre à la première urgence. « Mais nous pensons déjà à la phase de reconstruction des habitations et des ressources de l’économie locale », indique Ryan Worms.

     

    « Nous allons aussi “ profiter ”, si je puis dire, de cette phase de reconstruction pour renforcer les collectivités, en particulier pour développer leur cohésion. Ce sera aussi l’occasion de faire avancer la démocratie, en particulier la défense du droit à la terre et du droit au logement. » Le coopérant souligne que, dans la région dévastée par le typhon, le droit à la propriété était déjà un enjeu majeur. « Nous participons avec des groupes locaux afin d’assister les groupes de paysans à réclamer le droit à la terre. Nous allons donc redoubler d’efforts pour renforcer les structures communautaires, afin qu’elles puissent défendre leurs droits vis-à-vis des gouvernements locaux et nationaux. »

     

    Le coopérant, qui n’en est pas à sa première catastrophe naturelle, observe ainsi qu’il arrive souvent qu’il ressort «quelque chose de bien» d’un tel malheur. «Cela permet souvent de former des collectivités plus soudées, plus fortes et mieux à même de défendre leurs droits et de réclamer leur juste part du développement économique», dit-il.


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