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L'Apec entre sécurité et commerce

Un manifestant arborait un portrait d’Oussama ben Laden sur le pare-brise de sa moto lors d’une manifestation anti-américaine hier à Bangkok, à la veille de l’ouverture du Sommet de l’Apec.
Photo : Agence Reuters
Un manifestant arborait un portrait d’Oussama ben Laden sur le pare-brise de sa moto lors d’une manifestation anti-américaine hier à Bangkok, à la veille de l’ouverture du Sommet de l’Apec.
Après les nouvelles menaces d'attentats lancées par Oussama Ben Laden, les États-Unis entendent braquer les projecteurs sur la sécurité lors du sommet Asie-Pacifique qui s'ouvre aujourd'hui à Bangkok, même si plusieurs pays souhaitent qu'il reste un espace de discussions économiques.

Le président américain George W. Bush, qui participera à cette rencontre annuelle, a expliqué qu'il comptait rappeler à ses homologues «que la guerre contre le terrorisme continue» et «qu'il faut continuer de coopérer».

Washington a d'ailleurs mis l'accent sur ce problème lors de la réunion ministérielle préparatoire, samedi dans la capitale thaïlandaise, des pays participant aujourd'hui et demain au sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec).

Mais de nombreuses nations, notamment asiatiques, préféreraient que le sommet de Bangkok s'en tienne à son objectif premier: discuter des moyens de promouvoir la prospérité économique et le commerce, notamment après l'échec, en septembre, de la réunion ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), à Cancún.

«Un pays a fait fortement valoir que l'Apec est un forum où l'on parle librement des questions économiques, non des problèmes politiques», a déclaré le ministre japonais du Commerce, Shoichi Nakagawa, sans révéler le nom de ce pays. D'autres ont confié qu'il s'agissait de la Chine.

Mais le premier ministre thaïlandais, Thaksin Shinawatra, a estimé que sécurité et prospérité étaient «inséparables».

Washington, de son côté, s'en tient à une ligne, qu'il défend depuis les attentats du 11 septembre 2001: la croissance et la prospérité sont, selon les États-Unis, une utopie si la sécurité n'est pas assurée.

«Ce monde reste dangereux», a martelé Bush à Bangkok, au lendemain de la diffusion d'un message attribué à Ben Laden par la chaîne qatariote al-Jazira.

Le président chinois Hu Jintao a fait savoir qu'il n'entendait pas se laisser dicter l'ordre du jour du sommet par Bush, déclarant lors d'une rencontre avec des hommes d'affaires que Pékin n'allait pas réévaluer sa devise, comme le demande Washington. Hu a estimé qu'un renmimbi stable était bénéfique pour la Chine, l'Asie et le monde entier.

Bush récompense la Thaïlande

Toutefois, les deux présidents se sont rencontrés hier et ont décidé que leur différend monétaire ne pouvait se régler que par le dialogue.

De nombreux spécialistes de la politique chinoise considèrent que ce sommet est une occasion en or pour Hu de montrer le vrai visage du nouveau dirigeant chinois et de rassurer ses voisins sur l'ouverture économique de la Chine.

De son côté, Bush a promis à la Thaïlande de lancer des négociations pour la conclusion d'un accord de libre-échange que Bangkok souhaite, notamment pour faciliter l'écoulement de ses produits agricoles.

Le président américain a clairement fait comprendre que l'ouverture de ces négociations n'était rien d'autre qu'une récompense pour le rôle actif de la Thaïlande dans leur «guerre contre le terrorisme», illustré en août par l'arrestation de l'Indonésien Hambali, responsable de la «filiale» asiatique du réseau islamiste al-Qaïda.

Parmi les pays participant au forum de l'Apec se trouvent notamment le Pérou, le Chili, la Nouvelle-Zélande, le Japon, l'Australie, la Russie, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et plusieurs pays d'Asie du Sud-Est.
 
 
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