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    Le Nigeria décrète l’état d’urgence

    L’armée annonce un déploiement massif dans le Nord-Est pour faire échec au groupe islamiste Boko Haram

    16 mai 2013 |Agence France-Presse (photo) - Agence France-Presse | Actualités internationales
    Déjà en avril, l’armée patrouillait dans les rues de Maiduguri, dans l’État de Borno.
    Photo: Agence France-Presse (photo) Pius Utomi Ekpei Déjà en avril, l’armée patrouillait dans les rues de Maiduguri, dans l’État de Borno.

    L’armée nigériane a annoncé mercredi un déploiement massif de troupes dans le nord-est du pays, après l’instauration de l’état d’urgence dans cette région en partie contrôlée par les islamistes de Boko Haram, très actifs.


    « Les forces armées nigérianes ont commencé les opérations pour débarrasser les régions frontalières de la nation des bases terroristes », est-il annoncé dans un communiqué de l’armée. « Ces opérations vont impliquer un déploiement massif d’hommes et de moyens. » Selon une source militaire sous couvert d’anonymat, un déploiement d’avions de chasse est prévu dans la région.


    Le président nigérian, Goodluck Jonathan, avait déclaré mardi l’état d’urgence dans trois États frappés par les attaques de Boko Haram, en assurant que des « mesures extraordinaires » étaient nécessaires pour répondre à la violence croissante.


    Dans une vidéo reçue lundi, le chef présumé de Boko Haram, Abubakar Shekau, avait revendiqué deux attaques très meurtrières dans l’État de Borno : celle de Baga, le 16 avril, qui avait été suivie d’une violente répression par l’armée, ayant fait au total 187 morts et celle de Bama menée le 7 mai, qui s’était soldée par au moins 55 morts.


    Le président a présenté comme « une déclaration de guerre » les dernières violences revendiquées par le groupe et il a pour la première fois reconnu que Boko Haram avait pris le contrôle de certaines parties de l’État de Borno.


    L’état d’urgence concerne Borno ainsi que les deux États voisins de Yobe et Adamawa.


    Boko Haram, qui entend instaurer un État islamique dans le nord à majorité musulmane, avait installé son fief à Maiduguri, la capitale de Borno, mais à la suite d’une intervention de l’armée dans la ville, ses combattants se sont retranchés dans des zones plus reculées, proches des frontières.


    Le Nigeria a dit s’inquiéter des liens croissants entre Boko Haram et d’autres groupes islamistes de la zone, dont al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), et du fait que les extrémistes nigérians aient accès à des armes de plus en plus puissantes, importées illégalement.


    Selon Kyari Mohammed, professeur de sciences politiques à l’université Modibbo Adama University, dans l’État d’Adamawa, la présence militaire dans le nord de Borno était très limitée jusqu’à présent, ce qui a permis aux islamistes de prendre le contrôle de certaines zones. Mais, prévient-il, les opérations militaires annoncées à la suite du décret d’état d’urgence ne résoudront pas le problème. « Ce déploiement risque de propager l’insurrection au lieu de la contenir », a-t-il déclaré.


    Pour M. Mohammed, l’état d’urgence et le déploiement militaire pourraient engendrer encore plus de problèmes pour les populations civiles des régions concernées. « Le président a donné carte blanche aux soldats », dit-il, et cela pourrait entraîner d’autres « violations des droits de la personne ».


    L’insurrection et sa répression par les forces de sécurité, ont fait quelque 3600 morts depuis 2009 selon Human Rights Watch.













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